CHAPITRE VIII Les fugitifs
Pendant qu'on tuait les uns, qu'on emprisonnait les autres, que devenaient ceux qui avaient pu s'échapper :>
Quinze d'entre eux furent saisis et périrent. Les voici par ordre chronologique* :
Dès le 2^ octobre, Birotteau avait été exécuté à Bordeaux. On se rappelle que, d'abord réfugié à Lyon, il en était sorti le ^3 juillet^ lorsqu'il avait vu l'insurrection prendre une tournure royaliste. I Ji septembre, nous le trouvons à Bordeaux^ Dé- < ouvert le ^3 octobre, il fut envoyé à l'échafaud le lendemain, après constatation d'identité et in- Icirogatoire sommaire, sans jugement parce qu'il I lait hors la loi.
r. .rajoulo à coUo lislc Manuel vl k(Msaint, démission- II lires avant les proscriptions du 2 juin, mais frappés au iiK'ine tilro (pio los (lirondins.
■>. Noir plus liaiil. [). 7.').
'. \ ivic, llisl. ilr In Terreur à Bordeaux, t. II. p, 'ù\.
126 LA PROSCRIPTION DES (.IRO.NDINS.
3" Le 9. novembre, Lidon, plutôt que de se laisser arrêter, se tuait au hameau de la (iéronie, près de Terrasson, dans la Corrèze. Il était de ceux qui avaient fui aussitôt après le *^ juin. Tl s'était d'abord rendu à Bordeaux, centre de larésistaïKc dans le Sud-Ouest^; mais il avait bien vite icconnu que la lutte était vaine, et n'avait plus songé qu'à sa sûreté. Errant à travers les départements de la Dordogne et de la Corrèze, il n'avait pas tardé à être signalé et suivi à la piste. Lakanal, alors en mission à Bergerac, avait lancé des gendarmes après lui; le Comité de surveillance de Brives avait, de son côté, envoyé des agents. Lidon, surpris dans la maison de son ami Ségéral, administrateur du département, se défendit, tira sur les gendarmes, puis se brûla la cervelle'. Dès le lendemain, Lakanal en informait la Convention, par une lettre odieuse ', dont on jugera par ce dernier trait : « On attend ici le supplice de la troupe de Brissot avec autant d'impatience qu'on en a eu dans le temps à apprendre la moi t du tyran. » Boux-Fazillac, de Périgueux où il était en mission, écrivit le même jour'.
1. Vivie, Hist.de la Terreur à llor(leau:r. l. I. p. iln (vers le miiicu de juin).