‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 78 sur 153 · Aiilard, Jacobins, t. V, p. 57a · texte numérisé non relu

Aiilard, Jacobins, t. V, p. 57a

l()0 L\ PUOSCIUPTION DES (ilUODINîs.

VouUand, « que la Convention prendra les mesures que lui dictera sa sagesse » '.

C'était un refus, et des plus secs. IMus que jamais les maîtres de la Conveiilion, au moment où ils songeaient déjà à se débarrasser des Hébertistes, n'entendaient pas ([u'on leur formât la main au sujet des Soixante-quinze.

Diverses petites circonstances indiquent d'ailleurs que, depuis le lendemain du 3 octobre, on n'avait pas cessé d'avoir des ménagements pour les survivants inquiets de la Gironde.

Le 9 octobre* on avait décidé que les lettres adressées à la Convention par les députés frappés dans la séance du 3 seraient renvoyées, celles des quarante décrétés d'accusation au tribunal révolutionnaire, celles des Soixante-quinze simplement décrétés d'arrestation au Comité de sûrelé générale. C'était logique ; mais la distinction n'en était pas moins appréciable : le Comité restait juge de la suite à donner à ces lettres.

Le 27 octobre', on décrète que les députés déte-

1. P. V.C. I. WXAIII, p. 02; MonUenr du -j^ (lôcoinbic '2. P.\.i:.A. WII, p. 178.

:\. Id., t. \\l\,p. 1G2.

LA PROTECTION DE ROBESPIERRE. l^J I

nus continueront à toucher leur indemnité de représentants. Ce décret est renouvelé le i(» janvier suivant.

Le 19 janvier, un arrête de remplacer les députés décrétés d'accusation ou d'arrestation qui auront pris la fuite'. C'était reconnaître aux autres leur qualité de représentants.

Dernier fait, très significatif : Baillcul, arrêté le 8 octobre près de Provins, avait été écroué, ainsi que je l'ai dit% non à La Force, comme la plupart de ses collègues, mais à la Conciergerie, antichambre du tribunal révolutionnaire, commt^ si on eût songé à entamer son procès. Le tribunal entreprit en effet de le poursuivre, et il dut coniparaitre le 16 décembre, pour un premier interrogatoire, auquel il refusa d'ailleurs de répondre, alléguant qu'il avait été décrété d'arrestation et non d'accusation '. Comme néamoins le tribunal paraissait ne pas vouloir le lâcher, il écrivit à la Convention, l'informant « qu'il avait été interrogé par un juge du tribunal révolutionnaire, et que, quoique il n\ eût contre lui aucun décret d'accusation, on continuait cependant les poursuites ». La Convention fît droit à sa requête et « décréta le sursis à toute procédure », en ren-

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