Tueley, t. \, n"' ri\'.\, Jî»(i5, ï.\a
i()(» Lv j»uusciui»TioN i)i:s (;moM)iNs.
Kubcs|)ici'rc cl ses coiuilés d'uju' ])arl, et les Hrbciiistes de l'autre, le sort des Soixanlc-quinzc fui le pi'ineipal enjeu, liobespierre et ses hommes ircntendaienl pas les saerifier'.
Avaient-ils réellement le projet d'allirer à eux, pour résister à la poussée démagogique, les amis des détenus, e'est-à-dire les débris de la (iironde cl toute la Plaine? Hcnc Levasseur la dit expressément-; mais il send)le ndmis aujourd'hui que les Mémoires de Lera.sseiir , rédigés par un aulre que lui, et après coup, ne sont pas uncaulorilé bien glande^ Ce qui est plus signilîcatii', c'est cette parole de Robespierre, (|ue je soulignais tout à riieure',<)ù il montre le Alarais u se liguant avec lîi Alontagne pouj' prendre les décisions vigoureuses et nécessaires ». Là, il n'invite pas seulenuMit à ralliance, il la constate, et ou peut prévoir que cette alliance va lui livrer non seulement Hébert, mais aussi Danton.
1. Le •>.- mars 171)"). un iiKîiiihic de la (lonvcnlion. donl 011 110 donne pas le noni, dira : m .l'avais entendu dire à Yilatc [le fanieuv juré du tribunal révolulionnairej qu'il fallait que nos soixante-treize eollègues fussent traduits au tribunal révobilionnaire, j'(Mi lis ])arl à Barère, qui médit ([u'il ferait tout son possible pour renipèebcr. » (Monileur du 01 mars.)
■j.. (até par Louis Blanc.
.■^. Voir TouriKMix. nihliiKjt'djtltic. n" ^îC».")-;.
5. Dans la discussion de la loi du •>■> prairial. Kobespieiie
L\ piiOTEcnoN 1)1- iiOBESPirinir:. if)^
l'aul-il diiillcurs, avec M. Louis Blanc U s'cxlasier devant celle lacliqiie de Robespierre, « devant celle noble résistance à des colères ci\iqnes »? Kl devons-nous nous indigner avec lui ([ue M. de Barante n'y ail vu qu'un calcul ])<)ur sassurer les voles de ce qui restai l du ])arti modéré, en attendant riieure de se faire « le libérateur des représentanls délejuis et de les faire rentrer à l'Assemblée* )). M. de Barante me paraît élre dans le vrai, «1 fous les contemporains ont pensé de même. \v()ir plaidé les circonslanccs atténuantes j)our Ir's uns en saciifianl les autres (c'est exactement ce (pie lit Bobespierre le o oclobre et depuis) n'est pas tellemenl di^j^ne d'admiration, et assurément ce n'est pas par oénérosilé (pie Bobespierre intervinl. Il lui sulTîsail «liiNoir du sens politique, de sa\()ii- discerner ce (pii éjjiil p(jssil)l(3 cl utile cl ce (pii ne l'était pas. Je ne suis pas snr d'ailleurs (pie, dc's le ,') oclobre, il ail vu aussi loin, (le n'est qu'avec le temps ([ue le plan dut se dessiner dans son cspiit •.
dira à la l'JaiiM.' : << Ka|)|)(•l(v-\()ll■^ (|iic ("csl nous (jiii avons (h'*fori(Jii une partie (I(î ecllc X^vcini)!,',.. „
•>.. Ilisl.de hi ('.nnrfiilinii. «''d. l'urne, iNTiv. I. ill. pp. .>-')
J. Vulard. ( h-(ili'iirs. l. II. j). .i(j.{ : « l,es Soi\anle-(piin/.e. onirieljemeni sau\(''s par Uol)espi<Mre. lr<)U|)eau loin- à lour lassMn- cl li«'?nltlanl. fulurc majorili' rolx'spimi'^le pour le
lt)(S LV l'HOSCRIPTIOX DES GIROIVDIINS.
On vit plus tard, en mars ryijô, après que tous tes Girondins survivants, y compris même les hors la loi, furent rentrés à la Convention, surgir un étrange débat rétrospectif. On ne voulut pas laisser à Robespierre le l^énéfice de cette protection qu'il avait étendue sur les Soixante-quinze. Dans la séance de la Convention du 23 mars, Rûhl apporta les révélations suivantes : « Un jour que les deux Comités de salut public et de sûreté générale (Rûhl était de ce dernier, du i4 septembre 1793 au 1 septembre 179/1) étaient réunis, un membre leprocha à Robespierre d'avoir voulu faire mettre en jugement les Soixante-treize. Il répondit qu'il y avait beaucoup de dénonciations contre eux... C'est Robespierre qui a voulu faire mettre les Soixante-treize en jugement, c'est nous qui nous y sommes opposés. »
Clauzel répondit à Rûhl que « Robespierre défendit les Soixante-treize le 3 octobre, puis quand les Jacobins vinrent demander le décret contre eux ».
Par contre, Legendre airirma que, dans un dî-
Jour où le diclaleur arrôlcrail la Uévolulion cl (ixcrait son pouvoir personnel. »
LV I>ROTECÏIO> l)i: HOBESPIEllRI]. lC)\)
lier où il se trouvait avec Robespierre et Danton, a le premier avait déclaré que la République ne pouvait s'établir que sur les cadavres des Soixantetreize, et que Danton avait répondu qu'il s'opposerait à leur supplice ».
VouUand trouva le moment opportun pour faire connaître qu'il s'était opposé au décret contre Aubry, et qu'il avait aussi essayé de couvrir Rahaut-Pomier (tous deux étaient de son département î) Mais, il ajouta — ce qui est plus intéressant — qu'alors qu'il présidait la Convention |du (') au AI décembre 1793], il avait reçu une lettre le prévenant que les Cordeliers allaient venir demander le décret d'accusation contre les Soixante- Ireize. Il la communiqua au Comité de sûreté ;^énérale [dont il était membre alors], qui en donna ( onnaissance au Comité de salut public. « Robes- [)ierre demanda ce qu'on voulait faire des Soixantelieize, et dit qu'il fallail (m finir. » Les deux Comilés se rassemblèrent à l'iieure où Robespierre n'y était plus, et il fut convenu que le président répondrait aux pétitionnaires a de manière à leur ôter l'envie de persister dans leui* dessein » (voir ci-dessus, p. 109).
On le voit, Rùhl, Legendre, VouUand contestent à Robespierre d'avoir protégé les détenus. Mais ceux-ci savaient sans doute à (|Uoi s'en lenir, cl ils n'avaicfil pas cessé de (Yjrnpler sui* le dielalenr.
CHAI>ITIŒ M
Le décret du 23 ventôse an II (13 mars 1794).
Cepcudaul Hobcspienc s*ai)[)iL'lail à sLipprimer presque en même temps Hébert et Danton, et il se trouva que ce double eoup eut, pour les (iirondins poursuivis, des conséquences inattendues.
Un rapport de Saint-Just, du :^3 venlosc (i3 mars), « sur les factions de l'étranger », plein de menaces vagues et sombres contre des conspirateurs qu'il ne désignait pas, se terminai! par un projet de décret en treize articles qui n'avait, lui, ricji d'obscur : c'était le despotisme le plus complet dont on pùl ai nier im gouvernemcnl. \\(M' <•(• décrcl, (pic l;i (loiiNcnlioii Icnorisée vola « à runaniinilé et au milieu des plus \ ils applaudissements ' ->, oji allait pouvoir désoiiiiais rr;i[)p('r sans crainte, à droite et à gauche.