Prisons, t. I, p. 3.'Î
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lion qu'il oi'cloima celte lazzia i\v rar^eiil des prisonniers.
Autre désagrément, presque en même lem])s : les prisonniers se virent eulever tous les instruijients tranchants, couteaux, rasoirs, canifs, ciseaux qu'ils avaient entre les mains, '(^ette fois encore, à La l'orce, ce fut Greppin qui opéra, dans une visite nocturne et inattendue. « On en lit autant et auv mêmes heures dans toutes les prisons de l^aris », dit Ghampagneux. Mais il semble qu'à Port-Libre, au Luxembourg, etc., cette saisie ait été faite en même temps que celle du numéraire, c'est-à-dire le 6 mai, tandis qu'à La Force elle n'aurait eu lieu qu'une semaine après, du 12 au i4 mai '.
On ne Aoit pas bien ce qui avait pu motivei cette tracasserie. Le Gomité de sûreté générale en était-il à redouter sérieusement que les prisonniers se révoltassent avec des ciseaux et des rasoirs !>^
1. Tuetcy, l. I\, 11"' 107, i32, elc... Aoir. sur ces confiscations, BeauJicu. Passais, t. \, p. .'U9.
2. Au procès de Fouquicr-ïinville (Bûchez, t. WXIA , p. 317), un des commis-grefliers de La Force viendra dire : « J'atteste, sur mon honneur, qu'il n'a existé aucune conspiration dans les prisons de La Force ; tous les détenus étaient soumis aux ordres, même les plus rigoureux. » Il ajoute que, de temps en temps, les détenus avaient des alertes désagréables. « Dangé, administrateur de police, vient à La Force ; il demanda que l'état général des prisonniers fût fait en sa présence; j'ignore s'il avait des
LES MISÈUES DE lA PRISON. 189
C'est vers la tin de juin 179^1 qu'on inaugura (létinitivemenl, à La Korrc, cette table commune pïojetée depuis plusieurs semaines. Jusqu'à ce moment-là, les prisonniers s'étaient nourris à leurs frais, à leur gré, se faisant apporter leurs repas par un restaurateur du voisinage'. Désormais, le menu dut être le même pour tous, à raison de 3 francs par jour et par individu, pris <ur l'argent dont on les avait dépouillés. Ils eurent bien vile lron\é le nom qui convenail à ce
ordres; il fil placer tons ces inforluiM's cIukiiii ;'i lotir lil: ils n'(''laierit pas sans incpjirtude... »
i. Bûchez, i, \\\ÎV, p. 371 elsuiv. Procès de Fouquierlinville, audience du \ avril 1795, déposition de Ferrières- Sauvebœuf (l'ancien vo>afreur en OrienFi. un nionlon. alors .1 La Force, ainsi (jue Palloy. Les adniinisl râleurs de polic<' prcsenlenl à la Commune un « prqjel de mellrc rme laxe (le ."»() sous par jour sur les déleuus présumes riches, ([ui paieraient la même somme aux présumés pauvres ». On prive les déleiujs de bouillon et de lail, même quand ils sont malades; point de lumière pendant la nuit, etc. La femme .Toly, que Dan^^é avait sauvée au j septembre, aura l'iidendance de « l'iK^rrible <i:amell(; ». \\ iltcherit/, Dupommier, Cresj)iii, Teuilol et Louvet « font leurs orgues >• rluv. elle. •< en lace des l'enèlres de la prison » (elle habitail une maison conli^.ruëi.
I ()(> lA IMIÔSCUII'TION l)i:S ClHDNhrNS.
nouveau ré^iuic, la (jaincllc. u l n seul icpas, dit (Juéiiiiiec, consistant dans une deuii-boutoille de Ain falsifié, trois ou quatre onces de viande ' daii> une portion de légumes dont la inal|)roprelé étail dégoûtante. •> (]lianipagneu\ dil, de son côté : « des liaiicots, des pommes de lerre, et tous le^ deii\ Jours une poiiion de viande ([uon pouvail a\a1ei- en un seul morceau. »
A Sainl-Lazjirc, où la gamelle ne fut établie (|ue le i> Juillet, à INxI-Libre, menus identiques.
(lellc inno\alioji mallieureuse avait-elle éli' inspiiée par ces « repas civiques » dont la mode veiiait alors de s'établir dans diverses sections de Paris? C'est possible. Mais n'élail-ce pas plutôt une basse spéculation d'administrateurs qui se cmvaient tout piuniis? Kn tout cas, les détenus n'y durent pas être soumis bien longtemps, cai les repas civiques cesscicnl à la suite des réquisisitions ([ue liienl contre euv l'agent national Payai! à la (loinnuvne 1(> i T) Juillet, et Barère à la CouAention le i(>, et la gamelle des prisons dut dispaïaîtic à son toui- avant la fin du mois daorii -.
1 . De ()() à 1 Jo ^lamiuc ■'.. \ . |>liis loin. |). ■>. i().
MISKKKS Di; LA PRISON
Au milieu de toutes ces misères, les pauvres Liens espéra icjit tou jouis !
Non parfois sans inquiétude. Ainsi, le (> lévrier, nu décret avail institué une commission de ([ua- Ire membres pour aller, aux domiciles des déliiMis, retirer des scellés les ])apiers apparten;nil ;hl\ divers comités dont ils avaient fail ])arlie. simple mesure d'ordi'c. Aussi \\'\ donna-l-on -iiilc ((uan bout de trois mois, le i •> mai, en nonimant les quatre meml)res, mais prescjue en même temps, le i8, on spécifia en outre qu'ils
cxtraieraicnt les papiers suspecis de fédéralisme M. (irandénioi parmi les prisonniers, (pii ne pouvaient oublier que c'était re.vamen des papiers de Lauze-Dei)erret (pii a\;iil IVmrni le prétexte de leur arrestation. « La (ioiiNention nomma (pi;ili'e de ses inend^i'cs ])onr examiner à notre insn nos papiers cl («nrespondances », dil (Jnéinnec.
Mais. |)ar contre, comme on se raccrochait aux plus faibles indices d'espérance! f^e, -M) février, a|»rè>' nn lon^jf lapjxtil de Sainl-.lust, la ('.on\enlion a\ail inNoli le tinmih' de sni'clc'* i^i'-m'iale
|():^ L\ PROSCRIPirON DES GIRONDINS.
(( (lu pomoir de mettre en liberté les patriotes détenus. Toute personne qui réelamera sa liberlr rendra compte de sa conduite depuis le premier mai 1789 ». Etait-ce donc un pas vers l'indul- «jfcnce I* Puis, le i3 mars, par ce même décret qui mettait hors la loi les députés fugitifs, on instituait « six commissions populaires pour jugeipromptement les ennemis de la Révolution détenus dans les prisons ». Ces commissions devaient, dans un examen rapide, décider quels prévenus seraient renvoyés au Tribunal révolutionnaire el quels seraient élargis. C'était comme une application du décret du 26 février. Mais la clémence cheminait d'un pas lent, car on attendit deux mois encore pour nommer les commissions (i3 cl i/i mai), et encore n'en nomma-t-on que deux à Paris, dont la besogne fut d'ailleurs sanguinaire.
Les naïfs crurent pourtant que les prisons allaient se vider ! Ils se réjouirent en voyant afficher dans les prisons les questions auxquelles les détenus auraient à répondre. En voici à peu près les termes, dit Quéinnec :
(( 1" Quel est ton nom, qualité, demeure et lien de naissance?
'>/ OiJ étais-tu à l'époque du 10 août 179*^, j*^' el 1 juin 1790 ')
3" As-tu signé la ])clilion des Huit-mille c(