PIÈGES JUSTIFICATIVES
I. — LETTRE nu COMMISSA.IBE DELAMARE A.U LIEUTENANT GÉNÉRAL DE POLICE (1).
Ne pourrions-nous pas avoir des témoins qui déposassent de ce fait, au moins par ouy dire?
Ce fait ne laisse pas d'estre important, et il peut fort bien entrer dans nostre information
N'y manquez pas, je vous prie, et le plus tost, ce sera le mieux.
Quand il s'agist de recevoir es ordres du Roy, ce n'est pas à nous à prévoir les conséquences.
M. R. d'Argenson.
Ce 22 mars 1707.
J'ay commencé, Monsieur, à chercher les moiens d'estabhr quelques preuves de l'impression et du débit du hvre de la Dixme royalle ; j'ay fait sonder par le sieur du Puys nos plus fameux et plus hardis distributeurs : tous ont dit qu'ils ont fait leur possible d'en avoir, sans y pouveoir parvenir; que c est Monsieur de Vauban qui le distribue et qui en envoie à ses amis et où il juge à propos. Tout ce que j'ai pu aquérir de preuves, c'est qu'il y a six ou sept jours que l'on en veit soixante exemplaires chez le relieur que Monsieur de Vauban emploie; que l'on fit tout ce que l'on put pour en avoir un seul, mais que le reheur s'en deffendit et dit qu'ils lui estoient donnez par compte et qu'il n'osoit pas s'en deflfaire d'aucun. Si vous le jugez à propos, Monsieur, je ferai une visite chez ce reUeur, sous tout autre prétexte, et, en cas que j'y trouve ce hvre, je le ferai saisir et je prendrai la déclaration du reheur; mais si ce que l'on dit est vrai, toutte la preuve tombera sur M' de Vauban.
J'attendrai sur cela, Monsieur, l'honneur de vos ordres.
Delamare.
;l) Bib. nat., ms. ft*. 21746, fol. 262.