I. La Population
Le mouvement de la population d^un pays est Pélément fondamental du développement économique, social, politique et intellectuel de ce pays. L'accroissement de la population est pour un pays un accroissement de ses forces actives et de sa puissance politique^ un élargissement de ses problèmes sociaux, intellectuels et moraux. Inversement, l'accroissement de la population suppose une augmentation du rendement du travail assurant à cette population ce qui est nécessaire à sa subsistance.
Une théorie économique bien connue prétend que la population a une tendance naturelle à croître au delà des limites de la production possible. La misère des
masses serait alors une conséquence aussi inévitable que Peffet d^une loi naturelle. Nous savons aujourd'hui que cette prétendue loi de la nature n'a point de valeur absolue. La production possible d'un pays n'est pas une donnée fixe qui ne varie que selon des règles déterminées; l'accroissement de l'intensité du travail, l'amélioration de l'outillage technique et de la méthode, le perfectionnement de l'organisation, l'élargissement des échanges nationaux et internationaux peuvent la développer dans une telle mesure qu'elle suive ou même précède l'accroissement naturel de la population. Cette possibilité est l'unique fondement de notre espoir en un continuel progrès des peuples; disons tout de suite que cet espoir s'est pleinement réaHsé de notre temps et dans le pays que nous gommes heureux de nommer notre patrie.
En 1816, le territoire de ce qui est aujourd'hui l'Empire allemand n'était peuplé que d'environ vingt-cinq milHons d'habitants. En 1871, cette population s'élevait à 41 millions.
En 1888, l'année de l'avènement de l'empereur Guillaume II, l'Empire comptait 48 millions d'habitants. Dans les 25 années écoulées depuis lors, le nombre des habitants augmenta de plus d'un tiers : il est aujourd'hui de 66 millions.
Depuis longtemps, l'excédent annuel des naissances est d'environ 800 000 individus; par rapport au nombre de la population, il est plus fort en Allemagne que dans les autres grands États européens, à l'exception de la Russie; il est même supérieur à celui des États-Unis d'Amérique. En 1911, l'excédent des naissances sur les décès était, pour 1000 habitants, de
. en Allemagne
. en Russie*)
. en Autriche
. en Hongrie
. en Angleterre (y compris le
pays de Galles)
. en Italie
. en France
. aux États-Unis autant qu^on
peut en juger par les statistiques existant dans les États particuliers.
On ne saurait dissimuler que les chiffres de Pexcédent des naissances en Allemagne accusent un recul très marqué depuis 1902. De 1881 à 1890, ^excédent des naissances par 1000 habitants fut de 11,7; de 1891 à 1900, il fut de 13,9; de 1901 à 1910, il fut même de 14,3, en moyenne, et constitue encore un progrès. Cependant le sommet de la courbe (15,6) fut atteint en 1902, alors que nous nous trouvions en 1911 à 11,3, en 1912 à 12,7. Il serait trop long d'aborder, ici, la question fort délicate des causes de cette diminution. Bornons-nous à dire que le fait même de ce recul nous oblige à réfléchir sérieusement sur quelques points moins rassurants de notre développement économique et sociaL
Pour bien juger Tensemble de ce développement, il est particulièrement intéressant de connaître la croissance ou la décroissance de la natalité et de la mortahté. L'excédent de la natalité n'est que la différence de ces deux chiffres.
•) en 1906.
Total
Proportion
Moyenne
Excédent
oar 1000 habitants
annuelle
Naissances
Décès
des
Nais-
Décès
il a V
TS r- U
naissances
sances