‹ La prostitution à ParisChapitre 16 sur 59 · ENT · texte numérisé non relu

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5 à "An MAISONS PUBLIQUES

: niUnre et bien d’autres rendent impossibles l’ap=

plication de règles constantes ; tout le mal à éviter et tout le bien à faire dépendent de la sagacité et du bon -choïx des chefs et de leurs subordonnés,

Le voismage d’un grand hôtel de voyageurs, ou.

d’un garni infime, est ordinairement un motif suffi-

sant pour refuser une tolérance. Dans le premier cas,

il est arrivé que des étrangers se méprenaient de porte, ce qui donnait lieu à des plaintes continuelles, dautant plus vives que l'hôtellerie était mieux com-

posée ; on à vu des étrangers, surtout lorsqu'ils ve-

naäient avec leur famille, quitter un hôtel aussitôt qu’ils apercevaient la nature du voisinage, et quelques hôteliers ont été, dé cette manière, complétement rui-

nés. Ces leçons de l'expérience ont profité. Dans le

second cas, c’est-à-dire celui des garnis infimes, les

inconvénients étaient d’une autre nature : souvent

les habitués de mauvais lieux, en état d'ivresse, en-. traient dans le garni et s’y conduisaient de façon fort :

inconvenante vis-à-vis de personnes très honnêtes ;

d’autres, au milieu de la nuit, prenaient la maison:

tolerée pour le garni, voulaient à toute force faire oùvrir ét, par leur tapage, troublaient le repos des habitants de la rue.

Une autre exigence administrative, et non moins

juste que les autres, consiste dans le consentement

écrit du propriétaire de l’immeuble où l’on se propose. d'établir une maison de prostitution; ke consente- . ment du principal locataire est également exigé, soit:

qu’il y ait un bail, soit qu’il n’y en ait pas. À ce propos, je dois dire que le plus grand nombre de propriétaires qui se refusent à agréer les sollicitations des postulantes tenancieres, appartiennent aux classes qui manquent le plus d’instruetion : : j'ai vu ces lettres

de refus; sauf quelques exceptions, elles dénotent

toutes un défautcomplet d'éducation et la plus grande ignorance On aime à voir cette pudeur, même chez

des gens ignorants et mal élevés; on applaudit à la -

répugnance que doit éprouver tout homme délicat à

De

laisser sa maison devenir un repaire de vice et d’infamie. Pourquoi faut-il qué certains hommes qui occupent les premiers rangs et les plus honorables dignites ne portent pas aussi loin le scrupule? Ici je dois taire les noms et garder pour moi ce que je sais à cet égard.

On comprend les refus des propriétaires à un autre: point de vue encore: il est évident que la présence accidentelle de prostituées dans une maison souslouée à un principal locataire, la perd de réputation et lui Ôte par là une partie de sa valeur. Il est des industries particulières à certains quartiers, il est des magasins et des boutiques qui vivent de la réputation que se sont transmise tous ceux qui les ont tenus; ilen est de même pour la prostitution: lorsqu'une maison à été, pendant un certain temps habitée par des prostituées, elle ne peut plus servir qu’à cette espèce ; on à beau la métamorphoser, lembellir et baisser les prix de location, sa réputation se conserve; personne, dans le quartier, ne veut l’häbiter; il faut des années pour la réhabiliter dans l'esprit du public. Elle est donc une propriété dépréciée, pour le propriétaire honnète qui ne se laisse pas-tenter par l’appât du gain ; car, d’autre part, elle est d’un rapportirès fructueux, pour le propriétaire qui n’a pas ces honorables scrupules. J'ai eu entre les mains les baux de ces maisons, et le haut prix du loyer m'a toujours surpris. Il résulte encore de cette réputation acquise que, lorsque la mort, une faillite ou toute autre cause, rendent vacant un immeuble qui était occupé par une maison de tolérance, il est aussitôt envahi par les prostituées libres et dans leurs meubles, qui accourent s’y loger, bien certaines d’y prospérer mieux que partout ailleurs ; on à vu des maisons oc-

cupées de nouveau, de cette manière, en l’espace de - quelques heures, jusqu’au plus haut étage. La connaissance de cette particularité fait que Padministration met toujours en observation les maisons qui se ferment ou qu’elle a fait vider d’autorité. HS

Outre les conditions que doit présenter par ellemême une maison pour qu'on puisse y tolérer un: établissement de prostitution, il faut qu’elle en remplisse d’autres non moins importantes ; par exemple, en cequiconcer.:e le Choix de la rue, la" Préfectures de police accorde la préférence aux rues peu passantes et peu commerçantes.

Relativement au rapprochement des maisons de tolérance, une règle générale veut qu’on les établisse à une certaine distance les unes des autres; mais cette distance varie suivant la rue, le quartier et la classe plus ou moins élevée de la maison et de sa clientèle. Dans les rues étroites, le contact de plusieurs maisons publiques, surtout leur établissement l’une vis-à-vis de l’au're, est de nature à faire naître des jalousies de métier qui amènent des haines et des collisions entre les filles des maisons rivales ; les souteneurs quelquefois se divisent et prennent parti les uns contre les autres : il faut que la police intervienne sans cesse. Tous ces inconvénients n’existent pas, ou se trouventsingulièrement diminués, lorsque les maisons ne sont fréquentées que par une classe choisie, lorsque les filles ne stationnent pas à la porte, et surtout lorsque les maîtresses ont intérêt majeur à ne pas se voir retirer la tolérance ; en effet, si ces dames font de brillantes affaires, elles exercent elles-mêmes une police des plus rigides dans leur local.

Il est à remarquer que les maisons de prostitution ë ont .une tendance à se grouper sur certains points. Les commissaires de quartier regardent cette agglomération comme très fâcheuse; par contre, l’admi-: nistration de la police des mœurs y trouve de grands. avantages. On ne peut se dissimuler qu il est fort désagréable, pour un commissaire de police, de surveiller un grand nombre de ces maisons, et d'être sans cesse dérangé pour y rétablir l’ordre et verbaliser contre des individus, le rebut et la fange de la société. Aussi, ces magistrats, répugnant à cette par-

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tie de Does attributions, adressent constamment à, Ce sujet des réclamations au préfet de police. Mais, d’autre part, administration centrale a à tenir compte de ce que l’agglomération facilite la surveillance, surtout pour les quartiers où pullulent les mauvais sujets : si l'accumulation a désinconvénients qu’on ne peut contester, elle a l’avantage de concentrer le mal sur un point, tandis que, siles mauvais lieux sont trop dispersés, chacun devient un foyer qui étend d'autant plus ses ravages que les limites locales sont plus reculées.

Dans cette agglomération des maisons publiques sur un seul point circonserit, il faut donc toujours, de la part de l’administration, une très grande prudence et beaucoup de circonspection; elle doit, pour ainsi dire, quand. il s’agit d'accorder une tolérance, assor-. tir les maisons aux goûts, aux mœurs ét habitudes du quartier ; il est certain, en effet, que tel établissement qui, par sa nature, sa composition et la manière dont il est tenu, restera inaperçu darstelle régionde Paris, serait au contraire scandaleusement remarqué ‘dans telle autre et attirerait à l’administration le reproche de négligence et d’immoralité. R

Enfin, il est juste de reconnaître que la population - parisienne, dans son ensemble, est hostile au voisinage des maisons de prostitution. Il n’est pas de rue, quelque sale et dégoûtante qu’elle soit, quelque mal habitée qu’elle puisse être, où Pétablissement d’une tolérance n’excite les réclamations de tous les proprietaires et locataires voisins; administration'en a même recu d'habitants de telles et telles rues ou les prostituées du trottoir pullulaient, telles que la rue de Ea Reynie, communément nommée rue Troussevache, et la rue Marie-Stuart, appelée par le peuple rue Tire-Boudin, rues consacrées de temps immémorial à la prostitution ; une maison fermée eüûtété en quelque sorte un assainissement de ces rues, tout au moins de la voie publique, et, fait extraordinaire, les habitants protestaient. On voit par là que la plupart

de ces oppositions ne sont pas dictées par la nu. au fond, dans les cas comme celui que je viens de: | GRÉET; les propriétaires réclamants étaient souvent jaloux de celui qui, par le fait d’une tolérance accordée à un locataire unique, louait plus avantageusement - Sa maison ; de là, ces ligues, ces coalitions, qui ont donné parfois de sérieux embarras à lautorité préfectorale par leur persévérance et leur opiniâtreté.

On devine la réponse de l'administration aux doléances. de ce genre : « La prostitution est inhérente aux sociétés, et l’on ne peut pas la détruire : si on expulse d’un endroit quelconque une maison de prostitution, il faudra nécessairement qu’elle aille s’établir. ailleurs ; or, sur ce nouveau point, elle excitera des réclamations tout comme sur le premier ; il faut done. passer outre, chaque fois que les inconvénients ne sont pas trop graves et tant qu’ils n’intéressent pas d’une manière directe la morale et l’ordre publie. »

Lorsque des plaintes, soit isolées, soit collectives, sont faites contre une ou plusieurs maisons, l’administration fait prendre des renseignements et recom-. mande à ses agents une surveïllance exacte. Le plus. ordinairement, ces mesures suffisent pour réprimer le désordre, s ÿ] s’en commettait réellement ; on avertit les maîtresses de maison d’être sur leurs gardes, et, si elles sont incapables de maintenir leurs filles, la: tolérance leur est retirée sans forme de procès, et transmise à une autre ; car, par les raisons que j'ai dites plus haut, si la maison cessait d’être publique, elle sérait à Pinstant envahie par la prostitution clandestine ou particulière, etle désordre ne ferait La. augmenter. |

: Les trois quarts du temps, les réclamations < sées contre des maisons de tolérance sont dictées par Pintérêt personnel : un particulier répare et embellit ca maison ; il augmente d’un tiers tous ses appartements, et, ne pouvañt les louer, il accuse le mauvais. lieu voisin, qui souvent existait bien avant qu'il fût

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D née Re cas, ou d'autres analogues, se pré sentent tous les jours. |

$ #4. — Désordres qui ont quelquefois lieu dans les Maisons de Tolérance.

Le sujet que j’aitraité dans le paragraphe précédent m'amène naturellement à l’examen des désordres qui se passent le plus ordinairement dans les maisons publiques de prostitution, et qui, par leur nature, méritent l'attention de l’autorité.

On peut dire, en général, que ces désordres sont très : rares, et qu'ils n’ont jamais lieu que dans les maisons les plus infimes ; ils ne sont pas quotidiens, et reviennent d’une façon périodique, ce qui tient aux habitudes de la classe ouvrière. Ainsi, le samedi soir, apres la paye, et les dimanche et lundi, jours de débauche, on peut s'attendre à des scènes tumultueuses ; elles sont toutes occasionnées par les désordres inévitables de livresse, le refus de paiement et quelquefois les prétextes les plus frivoles; les souteneurs en sont souvent la cause par les querelles qu'ils cherchent, soit aux étrangers, soit à leurs rivaux.

On entend parfois crier au voleur, à l’assassin ; mais ces cris sont toujours poussés par les filles qui se trouvent en butte aux mauvais traitements d’hommes plus forts qu’elles, et dont elles ne peuvent se débarrasser.

H arrive quelquefois qu’un individu, pour se venger d'une maison dans laquelle il a été infecté, y entre en forte compagnie, tombe avec ses camarades sur la maitresse de maison et sur ses filles, qui sont alors horriblement maltraitées. :

Les militaires aussi ont été, de tout temps, la terreur des damés de maison et la cause de violents désordres chez elles ; c’est pourquoi l’on a été obligé de prendre des mesures Sévères à cet égard.

Mais, je le répète, ces désordres dans les maisons publiques sont relativement trés rares ; presque tous

. 198 © | MAISONS PUBLIQUES | Re ceux pour lesquels la force publique est obligée d’intervenir, ont lieu dans les garnis et chez les filles isolées.

Encore. est-il juste d’ ajouter que nous sommes, sur ce point, en grand progrès, comparativement au siecle dernier. Alors, c était sans cesse des scandales affreux en pleine rue; les voisins, battus, violentés, ne pouvaient parfois ni entrer dans leur maison ni en sortir sans courir le risque de perdre la vie. Ceux qui fréquentaient les mauvais lieux avaient l'épée au côte ; aussi, les rapports etles sentences de police mentionnent constamment des blessures, sans parler des meurtres qui furent commis plusieurs fois.On a peine

à comprendre un pareil état de choses, et on ne le

croirait pas, s’il n’était constaté par des pièces au-

thentiques. |

Après cela, qu’on parle du désordre actuel, qu'on accuse l’administration de négligence et d’incurie, qu’on n'ait pas honte de l’appeler immorale ! Quant à moi. je vois partout les heureux résultats de son action tutélaire ; l’admire Îles bienfaits dont nous lui sommes redevables.

Cette police, tant décriée par ceux qui ne COnnaissent pas le bien qu’elle leur procure, se trouve parfois dans un grand embarras au sujet de quelques maisons qu'on lui demande lPautorisation d'établir. Certains endroits de Paris, on ne peut plus mal situés. et, par leur disposition. véritables coupe-gorges, semblent être choisis de préférence par les mauvais sujets et par tout ce qu’il y a de plus abject parmi les prostituées: dans ces parages fourmillent les cabarets. les tabagies et les estaminets, qui ne prospérent que par la dépense que vient y faire cette population immonde ; en vain en a-t-on expulsé à cent reprises. différentes les filles publiques qui y stationnent, en vain a-t-on employé tous les moyens pour assainir. ces rues; les efforts ont toujours été inutiles et n’ont servi qu'à convaincre l'autorité que ces endroits ne pouvaient être désinfectés. Dans ce cas, lorsque quel-

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qu'un demande à y établir une maison publique de: prostitution, on se hâte d'accorder la tolérance, même si le demandeur est un de ces individus très mal famés sous tous les rapports, que la police a le devoir de ne jamais perdre de vue. Si un individu de cette espèce demandait l'autorisation pour un endroit ordinaire, elle ne lui serait pas accordée ; mais, dans le cas en question, on s’empresse de la lui donner, attendu que sa maison publique à pour effet immédiat de concentrer tous les mauvais sujets, que l’on peut alors les maintenir plus facilement : le tenancier devient en quelque sorte agent de l’administration par la surveillance qu’il exerce sur tous ses clients ; par la crainte de voir sa maison fermée et de perdre ainsi son industrie, il va au-devant des: désordres, et fait plus à lui seul qu’un grand nombre d’inspecteurs.

$ S&. — Des changements et mutations qu'éprouvent les Maisons de Tolérance.

Les établissements tenus par les maîtresses de maisons sont sujets à des changements et à des mutations que l’on peut rapporter à huit causes principales.

J'ai relevé les divers cas qui se sont produits dans le cours de dix années consécutives. Voici le total général pour chaque cas:

54 maisons tolérées ont changé d'immeubles ; — 47 dames de maison sont décédées ; — 116 ont cédé leur établissement, comme un fonds de commerce ; — 32 ont fait faillite ; — 99 se sont retirées volontairement du métier; — 14 ont été expulsées ; — 27 établissements ont eu leur tolérance suspendue par lPadminis- ‘tration ; — 56 ont été fermés par l'administration.

$ 6. — Les Maisons de Passe.

La plupart, pour ne pas dire toutes les dames-de … maison, ne se contentent pas de tirer parti des mal

heureuses qu’elles ont à demeure fixe chez elles et qu’elles livrent aux libertins; elles ouvrent encore leur établissement à tous les individus de l’un et de l’autre sexe qui viennent leur demander, pour un

temps fort court, une chambre garnie de meubles.

plus ou moins somptueux. Si ce commerce se prati-

que dans presque toutes les maisons publiques de Paris, on en compte, en outre, un grand nombre qui lui sont consacrées d’une manière en quelque sorte

exclusive: les prostituées qui se trouvent en séjour,

sinon en habitation, dans celles-ci, doivent être au moins deux; mais il n’y en aurait même pas, si la

police n’exigeaitleur présence d’une manière formelle.

Telles sont les maisons dites de passe.

Quelle est la population qui les fréquente? C’est un point qu’il est-important de connaître, pour savoir l'influence que ces maisons peuvent avoir sous le rapport moral et sous le rapport sanitaire.

Nous avons vu que la masse des prostituées pouvait être divisee en trois classes: l’une retirée dans les maisons de tolérance, l’autre habitant des chambres particulières, et la troisième réléguée dans les garnis du plus bas étage. Si quelques filles de la se-. conde classeexercentleurindustriedansleur demeure, la majeure partie ne le fait pas; il en est de même. des filles de la dernière catégorie qui, pourla presque totalité, se contentent de passer la nuit dans des réduits où on les accumule souvent les unes sur les autres.

C'est aux filles de ces deux classes (en carte) que servent ces maisons de passe: elles y amènent les

. hommes dont elles se font suivre ou qu’elles raccro-

chent à la rue etdans tousles lieux où elles pénètrent. Pour peu que l’on réfléchisseàcette manière de vivre, on comprendra aisément les motifs qui font que tant de prostituées la préfèrent à la condition de filles à numéro, recluses dans les maisons de tolérance ; car les filles en carte jouissent d’une liberté relative ;

Sauf le paiement de l'hospitalité passagère qui leur …

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| est arte, par la maison de passe, et qu'elles comp- . tent d’ailleurs supplémentairement à leurclient, tout . ce qu’elles gagnent leur appartient; elles n’acceptent . que les gens qui leur conviennent, et elles peuvent

exercer leur métier dans toute l’étendue de Paris, aujourd’hui sur un point, demain sur un autre. Siles tenancières de maisons de tolérance et les femmes qui exploitent une maison de passe ne rece- - vaient chez elles que les prostituées reconnues et enregistrées à la Préfecture de police, le mal qu’elles feraient ne serait pas bien grand et l’on pourrait sans crainte tolérer un pareil état de choses; mais il n’en . estpas ainsi, et voicice qui arrive. Cette latitude laissée aux passes offre une merveilleuse ressource aux domestiques de Paris qui, en faisant leurs com- : missions eten soignant en apparence les intérêts de : . leurs maîtres, savent prendre une demi-heure surle temps de leurssorties etconserver ainsi la réputation

de sagesse si importante à leurs propres intérêts ; on voit accourir aussi dans ces maisons des ouvrières

qui ont fini leur journée et qui, sous un déguisement quelconque, y amènent leurs amants ou y trouvent

les hommes qui leur sont adressés ; des femmes mariées ne craignent pas de s’y rendre; souvent des hommes y conduisent les jeunes filles trompées par leurs fallacieuses promesses ; il n’est pas rare enfin . de trouver des petites filles de douze, treize et quatorze ans, qui connaissent toutes ces maisons et v. amènent les hommes qu’elles vont chercher un peu partout. Quelques-unes de ces maisons sont consacrées aux actrices de second. ou de troisième ordre, aux figurantes de théâtre et aux femmes de café chantant,si nombreuses à Paris. ti

Cette allure particulière de la prostitution explique

les raisons qui ont engagé la plupart des préfets de police à surveiller les maisons qui la favorisent et à € les considérer comme plus dangereuses que toutes : les autres. Cette surveillance est d'autant plus néces- saire que plusieurs sont dirigées par des matrones

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