LA PAL NET
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la prostitution clandestine n’a pas de courtiers plus actifs. Une foule de vieilles maitresses de maison,
parmi celles qui n’ont pas su faire fortune en exploi=
tant leur tolérance, imitent les marchandes à là toi-
lette, en se créant quelque nouvelle industrie factice
qui leur fournit prétexte à se présenter à domicile chez les gens; elles savent se faire‘insinuantes au- ‘près des femmes coquettes, à qui elles viennent offrir des occasions d’étoffes, tandis que d'autre part elles savent découvrir les hommes qui sont disposés à
courir quelque secrète aventure, et, faisant. ainsi
rencontrer les uns avec les autres chez elles ou dans des logements secrets, elles portent le déshonneur dans les familles, elles poussent à la prostitution clandestine les jeunes filles et même des femmes mariées; elles déploient, dans l'exercice de cet abominable métier, l'expérience et les ressources que peut fournir une longue pratique de tous les vices.
Enfin, il n’est pas jusqu'aux filles publiques isolées, qui ne se mélent de cacher et de prostituer des mineures, lorsqu'elles le peuvent avec quelque espoir d’impunite.
Il suffit d'exposer un pareil etai de choses, pour. e
faire comprendre la gravité de ses conséquences, tant sous le rapport moral que sous le rapport sanitaire.
Sous le rapport moral, n'est-il pas évident qu’il propage le vice et la corruption, Sans qu'on ait MOYEN d’en réprimer les excès? Ne livre-til pas à la prosti-
tution une foule de jeunes filles, qui, Sans cela, Se-.
raient restées pures el vertueuses? Peut-on penser
sans frémir au temps présent et à venir de ces mal, heureuses enfants, livrées, sans connaissance de ce. à qu’elles font, à la brutalité de tout ce que la société
tions rares. elles sont toutes d’habiles entremetteuses;s
renferme de plus vicieux? car il leur arrive d’être
maltraitées, battues, lorsqu’elles font quelque résis: : tance, et cela par celles inèmes qui les livrent à CES ètres dépravés, dignes .de notre mépris et de noire
indignation. On ne saurait trop le répéter : ce n’est . pas dans les maisons de tolérance queles jeunesfilles se perdent, mais bien dans les maisons clandestines,
où on les attire par la ruse, et contre lesquelles alors
on emploie souvent la violence; plus une jeune fille
est chaste et pudique, etmoins elle portera une plainte
en justice, quand,étant tombée dans un de ces in-
fâmes pièges, elle a été victime d’un viol; combien
sont ainsi déflorées dans notre Paris, qui, accablées
par leur ma:heur, mortifiées de n'avoir pas su devi-
ner l’odieux guet-apens où leur vertu a été prise, ca-. chent même à leurs parents le crime commis sur
elles, le considerent comme une honte qui doit à ja-
mais demeurer secrète, et enfin, par leur crainte de
faire éclater leur déshonneur, assurent l'impunité
aux proxénètes, à la fois hypocrites et audacieuses,
de la prostitution clandestine! Oui, voilà bienles mai-
sons les plus dangereuses; c’est là qu’on séduit et
qu’on violente les jeunes filles; c’est là qu’on ourdit
les plus exécrables complots contre la vertu des mi-
neures, c’est là qu'on prépare les crimes les plus
monstrueux contre la morale : quelques-unes de ces
jeunes filles dévirginées fuient dès lors les misérables
femmes qui les ontattirées et trompées, mais gardent
le silence; les autres reviennent, amorcées par quel-
ques pièces d’or, et c’est là que désormais on les fa-
conne au libertinage, c’est là qu'on les prostitue, en
leur inculquant la science des plus dégradantes vo-
luptés.
Sous le rapport sanitaire, les conséquences ne sont pas moins horribles : c'est par la prostitution clandestine que la syphilis propage et perpétue ses affreux ravages; par elle encore sont rendues inefficaces beaucoup des mesures les plus sages de l’administration. Cette propagation de la syphilis, par la prostitution clandestine, est tellement réelle, que les femmes qui tiennent ces maisons en ont été ellès- ‘mêmes frappées. Je les ai vues amener au bureau à central des hôpitaux ces jeunes filles. en plaignant
hypocritement leur sort, et les représentant comme
victimes de coupables tentatives. Si elles ne les font +
pas entrer dans un hôpital, de peur que cette proie.
ne leur échappe par l'effet des conseils d'une de ces
courtières dont j'ai parlé plus haut, du moins elles … demandent les instructions nécessaires pour les soigner chez elles; mais le plus grand nombre, redou= tant de voir découvrir leur criminel métier, s’adres-
sent tantôt à un médecin, tantôt à un autre. et cachent de cette manière, plutôt qu’elles ne guérissent, des affections quirestent presque toujourstransmissibles: dans tous les cas, et j'en parle par expérience, la maladie n’est soignée qu’à la dernière extrémité. Le dirai-je ? j'ai la certitude qu’un de ces guérisseurs dont
les annonces noircissent la quatrième page des journaux, et dont les affiches s’étalent dans.les vespa-.
siennes, n’a pas refusé d'être «à l'année» chez une
de ces teneuses de maison clandestine, qui, faisant de bonnes affaires, ne voulait pas compromettre, dans .
sa clientèle dorée, laréputation de son établissement!
Ce que je viens de dire de la prostitution clandes- .
tine démontre la vérité de ce que j'ai avancé au commencement de ce chapitre, et fait voir les dangers de tout genre qui l’accompagnent; continuellement
sur ses gardes, elle paralyse les efforts de l’adminis- .
tration, qu’elle nargue en quelque sorte par la certitude de l'impunité. Non seulement on ignore quels sont exactement les lieux où elle se cache; mais, lors même qu'on parvient à la découvrir, des obstacles
sans nombre arrêtent les poursuites et font échapper :
les coupables.
Le plus ordinairement, l'existence et lPindication des locaux où se pratique la prostitution dont nous
nous occupons ici, sont révélées à l'administration. par des lettres anonymes que l’on peut attribuer aux femmes tenant des maisons publiques,etqui ne voient. dans la clandestinité qu’une concurrence qu'il leur. importe de faire cesser; la plupart des dames de mai-. son ont, en effet, une merveilleuse sagacité pour dé-
couvrir les proxénètes clandestines. Beaucoup de ces lettres, d’autre part, proviennent de gens qui, en compensation de leurs douleurs, suites de quelques maladies graves, assouvissent leur vengeance en dénonçant les repaires secrets où il en ont contracté le germe : un d'eux disait dans sa lettre que tous les jeunes gens de son quartier étaient en traitement,par suite de la gravité du mal vénérien contracté dans l'endroit qu'il désignait; il ajoutait que, si l'on ny apportait promptement remède, la femme qui tenait cette maison clanuüestine avait chez elle de quoi infecter tout le genre humain. Enfin, ce sont quelquefois les filles elles-mêmes, qui, mécontentes des femmes qui les onttrop cupidement exploitées, les dénoncent, après s’en être séparées et sans se faire connaître. L'appât du gain et le manque de prudence font souvent faire à ces femmes des démarches qui les décèlent : on en a vu adresser des billets et des sortes de circulaires, pour faire affluer chez elles une classe particulière de jeunes gens; d’autres ont imagine de faire distribuer, dans les grands passages, sur les boulevards, et même aux foyers des salles de spectacle, pendant les entr’actes, des petites cartes de visite, d’un format particulier et découpées d’une manière originale. Ces cartes, qui ne contiennent. qu’une adresse, sans aucun nom, ne signifient rien par elles-mêmes; mais la façon mystérieuse dont. elles sont remises aux hommes élégants, à qui on les glisse dans la main, prête nécessairement à penser et fait deviner ce qu elles veulent dire | De telles manœuvres sont trop grossières pour ne. pas attirer l’attention de l'administration; mais on va comprendre tout de suite qu’elle est impuissante. … Voici, par exemple, un inspecteur qui aura constaté, dans un théâtre, au foyer des spectateurs, une distribution de cartes du genre que je viens de dire; à luimême on en a glissé une; il sait parfaitement ce que cela signilie, et il fait son rapport. Supposons que la Préfecture envoie le lendemain des agents à l'adresse
imprimée sur ces cartes; la rue, le numéro de la maison, l'étage sont indiquées avec une
où se trouvent des modèles de chapeaux, à la der-
nière mode; leur ‘devoir légal est de décliner leur
qualité; il leur faut donc déclarer aussi qu'ils ont mission de vérifier si les soupçons qui ont été conçus
sont légitimes. Là-dessus, vive indignation de la mo-
diste; elle ouvre une porte, et les agents voient un atelier, où des jeunes filles, vètues de costumes C0
- quets, paraissent s'occuper à garnir des chapeaux; .
le mari de la modiste intervient bientôt et se plaint non moins vivement que sa digne épouse. Peut-on passer outre? Immédiatement, le couple proxénète exhibe la patente de commerce, montre les dernières lettres reçues de l'étranger et adressant des com-
mandes de chapeaux, aux modes de Paris. Il y à, en.
effet, du vrai dans ce commerce de modes : par des
circulaires commerciales, répandues dans les grandes : villes d'Europe et d'Amérique, on à& glané la clientele
de quelques marchands lointains; personnellement,
la patronne est une modiste assez habile, qui à du
goût; lorsqu'elle reçoit, de temps à autre, une COM:
mande, elle la fait exécuter hors de chez elle, dans
dela réalité de son commerce de modiste. Les agents
un véritable atelier; mais c’est elle-même qui expédie, afin d'avoir, sur ses livres, la preuve incontestable
n’ont plus qu’à se retirer. | Que faire donc pour prendre ces femmes en fla-
grant délit, seulmoyen de pouvoir les traduire devant les tribunaux ? Voudrait-on que la Préfecture donnâi ordre à un de ses agents secrets de se présenter Sans
décliner son titre d'inspecteur, de pénétrer dans la.
. maison clandestine sous les dehors d’un gentleman,
et d'accomplir lui-même un acte de débauche, afin de \i l’attester ? Cela n’est pas admissible; de pareilles manœuvres seraient absolument immorales, et, comme
CR
précision parfaite : les agents voient sur la porte d'entrée une
plaque annonçani un commerce de modiste; ils Sonnent, on leurouvre, et on les introduit dans un salon,
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Ni elles l administration doit se garder de les employer; il en résulterait, au surplus, De de mal que de bien, pour les bonnes mœurs.
Tout ce que l’on peut faire, c’est de lancer quelquetois des mandats de recherche et de perquisition; on
tend surtout à retrouver les lettres de ces femmes
et leur correspondance, afin d’y puiser le fil des moyens ténébreux qu’elles emploient pour se procurer des mineures; mais presque toujours on ne. trouve rien. Comment en serait-il autrement, avec nos lois actuelles qui protègent à outrance le domicile, et qui exigent que les agents de police ne dépassent jamais les limites d’une légalité trop étroite ? -et même, en dehors du cas d’un commerce honnête, servant de paravent et justifié par des apparences :: extrêmement habiles, comment atteindre dans son . domicile privé, une femme qui pourra toujours dire qu'elle est libre de recevoir chez'elle ses amis et ses
connaissances,et pour laquelle les voisins prendront.
Souvent parti? car la circonspection de ces gens est: si grande, que le voisinage se doute à peine de ce. quelles font, ou l’ignore complètement. ù
À plus forte raison, les obstacles sont insurmontables, quand la proxénète clandestine se couvre, au moyen d’une patente, d’un commerce réel, qui certai-
nement ne lui rapporte pas grand’chose, mais qui
n'en existe pas moins : les jeunes filles, que ces « femmes perverses emploient, ont été triées avec soin, deviennent rapidement d’une rouüerie consommée, savent garder dans leur famille, où elles ren- trent le soir, tous les dehors de la vertu; et, si elles passent pour gagner honnêtement des appointements même excessifs, cela tient à ce que tous les métiers qui touchent aux modes féminines présentent vrai ment des cas de très forts salaires accordés aux ouvrières travaillant avec art,aux ingénieuses créatrices de modèles, aux courtières et placeuses qui se dis . tinguent par leur activité et leur habileté à faire va- … loir la marchandise, ainsi qu'aux commises remar-
quables par leur intelligence; pour ouvrir les yeux d’un père aveugle, honnête employé le plus souvent, qui ne sait pas comprendre que les gains réalisés par sa fille sont loin d’être licites et qu’elle n’est rien moins qu’une véritable ouvrière, la Préfecture ne peut pas franchir les bornes que la loi lui a assignées,
ni déchainer, sur des demi-preuves, l’action publique.
du Parquet, dont les résultats sont aléatoires ; elle. aurait contre elle ces pères aveugles eux mêmes, et. les proxénètes de la prostitution clandestine abusent |
de cette situation, sachant combien l'administration, dans sa sagesse et sa prudence, est toujours préoccupée de ne pas faire éclater ledéshonneur des familles. Des violations de domicile, des perqui-itions sans résultat, ne font qu’enhardir ces misérables, assez
adroites pour éviter les circonstances qui tendraient …
à établir l’existence d’un délit.
On entrevoit déjà, par ce qui précède, que les maisons publiques de prostitution peuventavoir quelque
utilité, et que ce n’est pas avancer un paradoxe que -
de prétendre que, dans l'intérêt des mœurs et de Vordre général, il faut les protéger et les multiplier.
$ 2. — De la Prostitution exercée dans certaines maisons garnies.
Il existe à Paris des milliers d'individus qui n’ont pas de domicile, qui couchent aujourd hui sur un point et demain sur un autre, et qui se réfugient tous. les soirs dans ces maisons, où, pour une retribution quelquefois très forte, et le plus souvent fort modique, on leur prosure le coucher et le couvert.
Ce ne sont pas seulement les étrangers habitant passagèrement Paris qui se logent de cette manière ; une foule d'ouvriers, célibataires ou veufs, et qui n’ont : pas quitté la capitale depuis dix, quinze et vingt ans, préfèrent ce genrede vie à P habitation d’une chambre isolée. On peut dire, en général, et sans cr ainte de se tromper ques cette population FpptHaUE atout ce qu sus
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y à de plus crapuleux et de plus infime dans la socièté; elle n’est composée que de gens sans prévoyance et sans aveu, vivant au jour le jour, assurés que les hôpitaux ne leur manqueront pas, dans les cas de maladies et d’infirmités.
Le nombre des hôtels et maisons garnies de toute espèce qui existent dans Paris est véritablement extra- “ordinaire, et leur population spéciale tend de plus en plus à s’accroître, dans des proportions fantastiques ; mais il est juste d’ajouter qu’elle varie beaucoup suivant les saisons et l’activité des affaires.
On connaît le luxe de quelques-uns de ces hôtels, Ia bonne tenue d’un grand nombre, la propreté etE état suffisamment confortable qui se fontremarquer dans ceux de troisième et de quatrième ordre; aussi ne sont-ils fréquentés que par des personnes jouissant d’une certaine aisance et qui attachent quelque importance à la composition des maisons dans lesquelles elles se retirent. Des femmes entretenues peuvent se trouver et se trouvent en effet dans toutes ces maisons; des prostituées propres et décentes peuvent y
être attirées, mais elles n’y demeurent pas, ou ne SY trouvent pas connues pour ce qu ‘elles sont véritablement.
C’est dans les lieux les plus infimes, dans ces bouges dégoütants où l’on héberge pour six, quatre, et même pour deux sous, que se réfugient la majeure partie des prostituées, celles qui peuventà peine,avecle gain ‘de la journée, pourvoir à leur nourriture et mettre de GÔté la modique somme qu'il leur faut donner pour ne pas coucher en plein air. J'ai visité quelques-uns de ces garnis ; car c’est ainsi qu'on les appelle, et ce n’est pas sans éprouver l'impression d’un sentiment pénible que j'ai vu des créatures humaines réduites à se loger dans des réduits de cette espèce, et cela dans a Capitale d: la France !... Je pourrais en faire la description; mais, pour en donner une idée plus juste, j'aime mieux laisser parler l'inspecteur général des hôtels garnis, en extrayant quelques passages, d’un
rapport remarquable qu’il adressa, lors d’une épidémie,au Préfet de police, lequel me le communiqua à raison de mes fonctions au Conseil de Salubrité.
CHU. n°... Cette maison se fait remarquer par son excessive malpronreté; c’est un vrai foyer d'infection; il n’y loge que des voleurs, des contrebandiers, des vagabonds et des filles publiques; il est impossible d’y entrer, pour faire le relevé des mutations, sans être Re
LURVE rite … Cette maison doit fixer l'attention à cause de sa composition Fe de sa malpropreté. On n’y voit pas de lits, mais des grabats dégoûtants; des débris d'animaux, des intestins, tous les résidus d’une gargote pourrissent dans la cour; toutes les chambres donnent sur un corridor complètement privé d’air et de lumière: les plombs et les latrines, à chaque étage, sont dégoütants d’ordures et de matières fécales ; c’est le séjour le plus hideux du vice et de misère.
ue Ru6:.:2. . La cour de cette maison est un carré dont . Chaque côté a un ere trente-trois centimètres, et est littéralement couvert d’ordures ; c’est sur cette cour que s'ouvrent les fenêtres des chambres, qui sont encombrées de monde; les latrines, crevées . au cinquième étage, laissent tomber les matières fécales dans l’es-
calier, qui en est inondé jusqu'au rez-de-chaussée. Beaucoup de cabinets n'ont pas d'autre ouverture que la porte qui donne sur - cet escalier. Ce garni est un repaire de filous, de voleurs, de souteneurs de filles publiques, des plus sales prostituées ; en un mot, de tout ce qu'il y a de plus abject en hommes et en femmes.
« Rue du Faubourg …...., n°. Maison occupée depuis le haut jusqu'en bas par des chiffonniers, des mendiants, des joueurs : d'orgue, des filles publiques rôdeuses, des italiens montreurs d’animaux, des souteneurs. Toute cette population couche sur des chiffons ramassés dans les rues,et dont un dépôt existe au rezde-chaussée: c’est l'abjection la plus complète qu'on puisse voire
« Rue ….. n° … C’est ici le repaire de tout ce qu'il y a de plus dégradé; on n'y reçoit que des voleurs, des filles publiques, des forçats libérés, des mendiants, des vagabonds, des joueurs de bonneteau, des filous de toute espèce, La malpropreté la plus grande règne partout; les fenêtres n’ont, au lieu de vitre, que du papier huilé; les chambres sont infectes : à chaque étage, les ordures qu'on jette sur les lieux d’aisance, refluent sur l'escalier ».
Je mé borne à ces citations, d'autant plus intéres-
PR D 2 PE NE ML eur
PROSTITUTION CLANDESTINE : MADAT
santes qu’elles sont extraites d'un travail qui n’avait pas en vue l'étude de la prostitution ni aucune de ses particularités, mais qui avait été entrepris uniquement dans des vues d’ hygiène (La loi sur les logements insalubres à amené des améliorations, il con- . vient de le reconnaître ; mais les taudis infects sont encore trop nombreux à Paris, nul ne lignore). Ces Citations nous montre la position dans laquelle se trouve la dernière classe des prostituées, c’est-à-dire celles qui logent à {a nuit, aujourd'hui dans un endroit, demain dans un autre, et jamais d’une manière stable.
Il faut, cependant, avouerque les prostituées ours : dans les garnis ne sont pas toutes réduites à ce degré de misère : quelques-unes vont dans les hôtels meu- blés, ou on leur donne un lit, et souvent même une chambre ; mais elles ne s’y trouvent jamais qu'avec la dernière classe des ouvriers. Leur présence dans ‘une maison y fait affluer les mauvais sujets; elles y amènent ceux qu’elles ont raccrochés au dehors: il n’est donc pas étonnant que les logeurs les soutiennent, de même que les teneurs de bas estaminets et les cabaretiers les protègent et les défendent. Il est difficile d’assigner d’une façon certaine les ! causes qui font que tant de prostituées préfèrent la vie des garnis à celle qu’elles peuvent mener chez Îles dames de maison; du moins, je n'ai jamais été satisfait des renseignements que j'ai pris à ce sujet. On peut, toutefois, hasarder sur ce point les conjectures suivantes : | . 1° L’amour de l'indépendance, qu’elles portent à Pexcès, et qui est un des principes dominants de leur caractère, . 2 La haine qu’elles ont pour les dames de maison, - chez lesquelles il leur est impossible de gagner la. moindre chose, et qui sont leur dernière ressource quand elles sont par trop pressées par la misère et par la faim ; la facilité qu’on leur laisse de rentrer à . toute heure de la nuit, d'y amener qui bon leur sem-
ble, et surtout des militaires, que les dames da mai- 1
son redoutent singulièrement.
3° La possibilité, lorsqu” elles sont malades, de se. soustraire d’une manière complète aux recherches de l'administration : pour cela, elles prennentdesnoms. supposés, et ne se font inscrire sur les livres des lo-" geurs que sous le titre d'ouvrières, de brocheuses, de”
on us CR LS Q |
NS Een un Es
journalières, ou de domestiques sans place ; par cette » tactique, elles restent souvent inconnues pendant
trois mois et plus.
4° Pour celles qui ne sont pas malades, la DérSD tive d'échapper plus aisément à la séquestration en ne | subissant les visites sanitaires que deux fois par mois, au lieu de cinq et six fois comme cela a lieu
chez les dames de maison.