PRINT. SPORE RO
5 Peut-être, pour quelques-unes, la possibilité de :
choisir entre les gens qui les abordent et de refuser |
ceux qui leur déplisent
6° La laideur extrème et l’horrible tournure d’un. certain nombre, qu'aucune dame de maison, même . du dernier ordre, ñe voudrait recevoir dans son éta-. blissement; celles-ci sont obligées, par la force même
des choses, de rester dans ces garnis.
7o Enfin, la protection toute particulière qu’elles reçoivent de la part des logeurs et logeuses, qui leur. font souvent crédit pour leur coucher, pour leur.
nourriture, et même quelquefois pour des vêtements.
Ces logeurs et logeuses, louant plus cher aux prosti-.
tuées qu’à tous les autres individus, en ayant .quelquefois jusqu’à quinze ou vingt, et sachant qu'elles font affluer chez eux les étrangers, pourraient-ils re-
culer devant la perspective de quelque gain à faire?
Pense-t-onque des êtres dépourvus pour la plupart de. moralité, et vivant le plus souvent eux-mêmes en. concubinage, puissent imaginer qu'il existe des:
moyens illicites de s'enrichir? Aussi, mettent.ils tout.
en œuvre pour plaire à ces filles ; et comme ils savent. que le meilleur moyen d'arriver à ce but est de les:
È \ À PE CET 'RUU 2
y den 1, NT SNS)
* = de PELLE ©
FR
soustraire à la surveillance de l’administration, il n’est pas de ruse qu'ils n’emploient pour. cela.
Or, les agents des mœurs, connaissant bien les prostituées, sont plus aptes àlesdistinguer des autres et à les découvrir; mais ils A’ont pas le droit d’entrer
à toute heure dans les garnis. Et, d’autre part. les agents chargés de la surveillance spéciale des hôtels meublés ne peuvent guère que vérifier les registres … des logeurs pour voir qui ils logent, sans pouvoir pénétrer dans les chambres. À ces divers agents, qui sont des inspecteurs, il faut, pour agir efficacement, l’assistance du commissaire de police du quartier;et, comme l'administration ne peut requérir ces magistrats que pour des cas d’une certaine gravité, il en résulte qu’on ne peut pas remédier à des désordres que l’on connaît, dont on gémit, mais que de tout temps on a été obligé de tolérer.
Des ordonnances nombreuses ont été faites, en diverses circonstances, par les administrateurs qui se sont succédés à la direction de la police; toutes les tentatives des préfets ontété inutiles pour expulser les prostituées des garnis, quoique chacun ait connu que sous le rapport du bon ordre, de la décence et de la santé publique, la maison de tolérance la moins bien tenue est encore de beaucoup préférable à n’importe quel garni logeant des filles.
Des amendes, s’élevant jusqu’à cinq cents francs, ont été infligées ; mais l’on a bientôtreconnu l’impossibilité de traduire tous les délinquants devant les tribunaux, et lon y a renoncé, de guerre lasse. À un moment donné, la Préfecture, voyant qu'un grand nombre de petits hôtels meublés fourmillaient de. filles insoumises, enjoignit aux logeurs d’opter entre une maison de tolérance, dont on leur délivrerait le brevet, ou la tenue de leur garni, dans lequel ils cesseraient derecevoirdes prostituées. Quelquesfemmes prirent des maisons de tolérance ; les autres restèrent
simples logeuses, mais continuërent plus que jamais
MER ae NE à OI de AE ES ne A eu NE Een
Les PROSTITUTION CLANDESTINE
à héberger des filles, sans qu’il fût possible’ de Les en Enpov her
Il reste donc démontré, par une expérience des de complètes, qu’il n’est pas plus possible, dans une ville comme Paris, d'empêcher les prostituées de seréunir dans certains garnis, que d'éviter la présence de ces filles dans toutes les réunions d'hommes ; el comme il faut prendre ces malheureuses comme elles sont, sans penser à changer leur caractère et
leurs habitudes, l’administration est, sur ce point : comme sur tant d’autres, dans la nécessitéde souffrir .
ce qu'aucune force au monde ne peut supprimer ni transformer.
En examinant en UN consiste la surveillance que la police à le droit d'exercer sur les garnis à propos des prostituées, je vais faire toucher du doigt les obstacles, qui sont le fait de notre législation.
Les hôtels meublés et les garnis ont toujours été considérés comme des lieux publics ; c’est pour ce: motif que les commissaires de police, ainsi que je. l'ai dit, ont le droit d’y entrer à toute heure de jour et. de nuit, et cela sans mandat spécial, en se faisant simplement reconnaître. Mais à quoi peuvent servir. ces visites ? A rien, ou à peu de chose, on va le voir.
L'administration des mœurs, en inscrivant une prostituée sur ses contrôles, ne saurait la contraindre à entrer en maison de tolérance, pour y subir : l'esclavage que j'ai fait connaître ; cette raison à fait créer la classe des filles en carte. Mais, si la fille publique n’a pas les moyens de louer un appartement, si modeste qu'il puisse être, et si même elle est depourvue de tout, il tombe sous le sens que, pour la récompensrr de sa soumission aux visites sanitaires, l'administration ne peut pourtant pas aller jusqu’à la mettre dans ses meubles. Il faut donc qu’elle loge quelque part. D'autre part, le bon ordre exige que les hôtelleries ne soient pas transformées en lieux de prostitution ; c’est pourquoi la fille soumisé, à quila carte donne l’iidépendance, sous la condition de pas-
LEA En EE ‘$ ya
Ser inaperçue et de ne causer jamais aucun scandale, n’a que l’embarras du choix parmi les logements qui sont autorisés à recevoir les filles libres, soit pour s’y tenir à demeure dans la journée, soit même pour y venir en passe (voir page 130). Cette situation à fait édicter la règle générale suivante : l’administration peut tolérer que les filles aient leur domicile dans les garnis ; mais elle ne souffre pas qu’elles s’ÿ pros- “tuent.
Maintenant, on va voir que l'application stricte de cette règle est elle-même impossible, en l’état de la législation actuelle. Supposons, en effet, qu’une fille, ayant dans un garni une chambre à sa disposition, y amène dans la journée des individus, raccrochés par elle sur tous 'les points de l’arrondissement et des quartiers voisins : comment pourra-t-on prouver qu’elle s’y prostitue? et, si l’on va déranger le commissaire de police tout exprès à son intention, que pourra-t- on lui faire si on la trouve simplement avec des hommes, en train de boire en leur compagnie, soit dans un cabinet à part, réservé au débit des boissons, soit dans une chambre particulière ? N’eston pas obligé, en ce cas, de fermer les yeux, quoiqu on comprenne bien que cette femme, ainsi surprise, ne se borne pas à vider des'verres avec ses
compagnons ?
Il faut donc le flagrant délit de prostitution, dù- -mént constaté, pour être en droit de sévir contre ces filles ; il faut, pour que l'autorité puisse les atteindre, les surprendre couchées avec un homme. Dans ce cas, la conduite de l’administration a singulièrement varié suivant les temps, suivant les circonstances, et suivant les idées personnelles des préfets de police.
Dans les moments de zèle, où il s'agissait d'opérer quelque réforme, la Préfecture n héstiatt pas à mettre en mouvement les commissaires pour seconder la - police spéciale des mœurs, ou bien, ne redoutant pas les réclamations, ue donnait aux inspecteurs, sous
ad pt PT ALL UR à GE TEe AU PANIER ARR ST nt a ET lt td Ml es 7 it ft MOULE Er TE PÉTER PART ARR DNA qu à lu at 2 6 { ni} + à L
sa responsabilité, l’ordre de pénétrer done les cbat 4
bres en visitant les garnis ; alors, il suffisait qu’une. fille de garni fût trouvée dans le même lit avec un” hoïnme, pour être arrêtée et condamnée administrativement à uu mois de prison.
Dans d’autres circonstances, on ne fit rien, si elles ; pouvaient prouver que les hommes avec qui elles se |
Cas sl rie ART ENRENT nl ir ste)
trouvaient étaientleursamants ; on secontenta même quelquefois d'exiger qu’elles indiquassent le nom de ces hommes ; mais si ces individus leur étaient entiè-. rement inconnus, elles étaient alors arrêtées et punies. d'une détention plus ou’moins longue, suivant les. circonstances et suivant que Ha avec qui elles . étaient trouvées était un simple particulier ou un gi-
bier de police
Dans une circulaire ancienne, il était recommandé ; aux commissaires de police, lorsqu'ils trouveraient . des hommes, même sans papiers, couchés dans des. garnis avec des filles, «de concilier l’indulgence que . peut mériter un moment d’oubli, avec les précautions que prescrit, avant tout, l’ordre public». Il est, en. effet, des circonstances dans lesquelles cette indul- à gence et cette précaution ne pourraient être trop re: |
commandées aux représentants de l’autorité chargés
de la visite des garnis. A une de ces époques de sévé-.
rité dont je viens de parler, deux hommes furent.
trouvés couchés avec deux filles publiques dans un.
des plus sales garnis des environs des Invalides :
ayant refusé de se nommer, ils furent arrêtés et COn-.
duits au poste; mais là quand, se voyaut prisonniers,
ils se décidèrent enfin à donner un nom, ils te obligés, pour prouver la vérité de leur dire, de sefaïire réclamer, l’un par son corps (c'était un militaire qui
avait pris le costume civil) et l’autre par ses maîtres. (c'était un cuisinier de grande maison). J’ai trouvé. consigné sur le rapportfait à ce sujetque detelsexcès :
de précaution pouvaient avoir des suites fâcheuses, . nonseulementpour l’administration,mais plus encore.
SPA Fe Te COR N ee JE PROSTUTUTION CLANDESTINE Ne DST 2
pour les individus qu’ on forçait ainsi à se re CONnaître.
On voit, par ce qui précède, l'inefficacité forcée de toutes les mesures prises par l'administration pour empêcher les filles publiques de se prostituer dans les garnis. D’une part, si l’on veut être rigoureux, il faut aller jusqu’au bout, et, par conséquent, pour établir le flagrant délit de prostitution, il devient nécessaire d’obliger les hommes trouvés avec ces filles à prouver leur identité; ce qui, dans bien des cas, eréerait des complications vexatoires et ferait dépasser le but. D'autre part, l’action des commissaires de. quartier est indispensable pourrester dans la légalité, et il ne faut pas se dissimuler qu’on lasse ainsi ces magistrats.qui, d’ailleurs, répugnent à s'occuper des prostituées.C'est ainsi que l'administration à étéamenée, par la force même des choses, à restreindre le mandat de ses inspecteurs : les visites qu’ils fontdans les garnis se réduisent donc à avoir pour objet la recherche des mineures qui fuient l’autorité et la maison paternelles, et la découverte des filles qui sé livrent à la prostitution sans être inscrites, ou qui, malgré leur inscription, cherchent à se soustraireaux visites sanitaires. Quant aux commissaires de police, si on ne les met plus en mouvementpour de simples faits de prostitution, leur vigilance ne s'exerce pas moins à l’égard des garnis, soit pour saisir les malfaiteurs qui s y cachent, soit pour tenir dans une réserve nécessaire et les logeurs etceuxqu’iis reçoivent. Et tout ceci nous démontre que les hôtels meublés et les garnis logeant des prostituées sont aussi inévitables dans une ville comme Paris que les prostituées elles-mêmes. Mais, cette démonstration étant faite, si Von met la prostitution des garnis en parallèle avec «celle des maisons de tolérance, il est hors de doute que les inconvénients de celle-ci ne sont rien auprès des dangers de celle-là. Ainsi se trouve de nouveau confirmée la vérité de ce que j'ai dit à la fin du chapi- -tre consacré aux dames de maison, c’est-à-dire qu’il
ù PROSTITUTION CLANDESTINE .
est du toi d’une sage administr ation a fe brotés 4 ger et d'en augmenter le nombre par tous les moyens possibles : on doit le faire, non en vue de favoriser # des êtres qui sontà juste titreregardés commece qu'il y a de plus vil et de plus abject au monde, maïs en« considérant qu'au moyen de cette protection on atté-« nue un mal qu’il est impossible de détruire, qu’on di-" minue par là le scandale, et qu’on peut empêcherunem foule d’imprudentsdes deux sexes de se livrer préma-
turément à des excès qu’ils eussent peut être évités,. si l’occasion ne s’était pas présentée à eux.
$ 3.—De la Prostitution favorisée par les marchands de GE
vins, les cabaretiers, teneurs de cafés, tavernes,et, en À général, un grand nombre de débitants de boissons.
Outre la prostitution semi-clandestine des garnis, -
il en existe une autre qui ne met pas moins en péril à la morale etla santé publiques,bien qu’elle ne s’exerce …
qu'avec des adultes etquelquefois même avee des filles ;
inscrites sur ies registres de l'administration.
Une foule de gens qui tiennent de petits cafés, des. tabagies, des estaminets, certaines brasseries ou tavernes, des débits d’eau-de-vie, mais surtoutles marchands de vin en détail reçoivent chez eux des prosti-.
tuées, pour lesquelles ils ont des cabinets réservés à l'exercice deleur métier.Onpeutdire,sansse tromper,
que ces refuges de la prostitution existent sur tous les
points de Paris, et qu’ils sont,pour ainsi dire, innom-
brables ; mais on trouve les plus abjects particulière- Û ment agglomérés sur les points ou se rassemblentles |
ouvriers et le bas peuple.
. Ge sont, en général, des filles de bas étage qui fré- ! quentent ces maisons ; elles y sont attirées par la li-
berté qu’elles ÿ trouvent et par la possibilité de se. livrer sans contrainte au bruit, aux éclats, et à tout. cé qui leur plaît. :
Les débitants dont il s’agit nana ne ces îles,
non seulement à cause de la dépense qu’elles font
: 5 er TE
RAR AR RENE PES SIP PE JM eh
À PROSITUNON CLANDESTINE Li Lait 29
elles- mêmes, mais principalement par la consommation de toute espèce qu’y font à leuroccasion les hommes qu’elles y amenent ou que leur présence y attire; non seulementces débitants les favorisent en les acœueillant avec bonté, en allant au-dévant de leurs goûts, et en les soustrayant aux recherches de l’administration, mais beaucoup les paient pour venir danser chez eux et y passer la journée. Dans quelques établissements de ce genre, on leur donne le titre de domestiques, pour qu’elles puissent aller et venir plus librement; c’est à ce titre que.le patron les réclame, lorsqu'elles se laissent surprendre à raccrocher par les agerits des mœurs, et qu’on peut les convaincrede se livrer à la prostitu ion.
Lechoix du personnel inquietetres peu lés débitants qui, pour faire la réputation de leur maison, y attirent des prostituées ; ils savent que ce n’est pas la beauté des femmes, mais leur grand nombre, qu’aiment et recherchent les hommes qui fréquentent chez eux ; aussi s’appliquent-ils à leur présenter un véritable sérail, qu'il leur est toujours facile de composer.
En dépit des ordonnances, les débitants donnent
toujours à boire à leurs clients qui sont en état d'é-
briéte ; il faut que ceux-ei soient ivres-morts ou que la fureur alcoolique leur fasse casser verres et bouteilles
pour que le patron et ses garcons se décident à les
expulser. Aussi l'ivresse existe-t-elle pour ainsi dire en permanence dans ces établissements et engendrét-elle des désordres qu’on ne supporterait jamais dans des maisons de prostitution ordinaires. Quelques-uns de ces cabarets reçoivent, parmi leurs clients, des filous de toute espèce, tricheurs hardis,qui détroussent les individus de passage en ces antres, pendant que les femmes lés saoûlent. Dans les brasseries, où ce sont les prostituées elles-mêmes qui servent à boire, la clientèle, au lieu d’être populaciere, se composa principalémentt de jeunes gens el de déclassés plus ou moins abrutis par lPabsinthe”; ce sont ceux-e6i qui cine leurs jeunes CO PAS nons lorsqu? ils leur
LE TRS pr VS TE
1 PROSTITUTION CLANDESTINE don savent le porte-monnaie bien garni ; ils leur empruntent, afin de se livrer eux-mêmes à la débauche, etles filles finissent de dévaliser ces inexpérimentés; une fois entrés dans une de ces tavernes, il faut qu'ils ” paient à manger et à boire à toutes ces filles,qui les accaparent et ne les laissent sortir que lorsque leur | bourse est complètement à sec. D’autres cabarets, | ceux qui sont surtout fréquentés par les militaires, présentent moins de danger pour la bourse; mais | c’est la pipe à la bouche et dans les postures les plus indécentes que les femmes s’y livrent à la danse: aux tableaux vivants, et à tout ce qu’on exige d'elles. Ona . vu de ces établissements, dans lesquels l’affluence des habitués était telle, qu’il fallait, aux heures de l’orgie, le soir, delivrer des numéros d'ordre pour que . chacun püt entrer à son tour dans les cabinets de passe, et afin de prévenir, de cette manière, les rixes et les batteries; mais toutes ces maisons ne sont pas aussi bien réglées. Il existe à cet égard un sentiment “unanime : C’estque la maison de tolérance la plus mal tenue est une maison édifiante à côté de ces repaires de tout ce que le vice a de plus dévergondé et de plus. turbulent, sans parler de Pabjection hideuse du personnel féminin de ceux de ces débits de boissons qui ont la crapule des faubourgs pour clientèle.
Ce que de pareilles coutumes doivent avoir de pernicieux, sous le rapport de la propagation des maladies vénériennes, se conçoit aisément. En effet, parmi les femmes qui forment les harems de ces cabarets et de ces tavernes, il ne s’en trouve qu’un très petitnombre de celles qui sont assujetties aux règlements de. police, et par conséquent régulièrement visitées; la plupart de ces dernières sont des filles qui, se sachant malades et craignant d’être envoyées pour six semaines ou deux mois à l’infirmerie de St-Lazare.fuient l'inspection à laquelle elles sont soumises, se cachent aux regardsdesagents des mœurs, et de cette manière : parviennent souvent à rester inconnues pendant des mois entiers ; pour les autres, qui n’ont pas encore
jh ARE
‘a ‘à Ne © PROSTITUTION CLANDESTINE Hi NOT
Fos cotes, ol qui, sous le titre de servantes, d’ou- - vrières, etc., ont été assez adroites ou ont euassez de » chance pour éviter d’être prises en flagrant délit de » raccrochage par les inspecteurs, l'expérience de tous » les jours montre à quel point elles doivent être redou- \tées : il est rare, en effet, que ces insoumises soient - trouvées saines, lorsque, finalement surprises à faire … scandale et arrêtées un beau jour, ellessontconduites . au Dispensaire par les agents; de l’avis unanime des - médecins attachés à ce service, la gravité de la mala- » dié, chez ces filles, dépasse en général ce que présen- » tent sous ce rapport les prostituées ordinaires. On as- . sure même que l'obscurité légendaire des cabinets dé - passe vst voulue et n'est destinée qu’à cacher aux hommes l'existence et la gravité de ces maladies (1).: Ces graves périls moraux etsanitaires, attachés à ce . genre de prostitution, ont été de tout temps pour l'administration un sujet de tourment et dans plusieurs circonstances ont excité sa sollicitude. Les archives dé la Préfecture contiennent un grand nombre de rapports des officiers de paix, des commissaires de . police consultés à diverses époques : tous s'accordent sur la nécessité de supprimer, chez les débitants de boissons, teneurs d’estaminets et de tavernes, ces chambres et ces cabinets, source perpétuelle de disputes et de tous les genres de désordres; une com- . mission spéciale fut même nommée, pour l’examen .de cette question.
. Mais, si toujours on signala le mal, si l’on fit sans * cesse tout ce qu’on put pour l’extirper, les nombreux et constants efforts de l'administration des mœurs
(1) Dans son langage énergique et pittoresque, le peuple appelle | boîte à vérole tout débit de boisson, cabaret ou taverne, ayant un Pour féminin qui se livre à la prostitution. Pourquoi donc aller dans ces établissements, lorsqu'on proclame soi-même qu'ils sont des foyers de syphilis? Notre pauvre humanité montre ainsi : qu’ ‘elle est souvent en proie à de véritables accès d'aliénation mentale. |
| > n’ont jamais réussi qu’à l'atténuer, vu PAbsenee de | toute législation à cet égard. Pour détruire lemaljus- | que dans sa racine, il faudrait une loi supprimantces \ chambres annexées aux établissements en question, w ces cabinets particuliers si propices à la débauehe ; es mais une telle loi est-elle possible ?
Voici la discussion qui s'établit à ce sujet: 2 D'une part, il est une opinion unanime dans l’ad- . ministration, depuis les chefs jusqu'aux derniers à employés, opinion qui s’est manifestée chaque fois: que lautorité supérieure leur à demandé leur avis: tous regardent comme une mesure indispensable de. défendre aux marchands de vins et autres débitants 4 suspects, d’avoir autrechose chez eux que des salles 4 communes, avec des portes vitrées, sans verrous intérieurs; suivant eux, les cabinets particuliers ne de- « vraient être tolérés que chez les restaurateurs br 4 sant d’une honnête réputation. 1 A cela on répond: un marchand de vins, un débis à tant quelconque, n’est-il pas libre de disposer, comme il l'entend, l’intérieur de son établissement de com-=" merce, ainsi qu'il le fait pour son habitation? com-4 ment permettre aux uns ce qu'on défendrait aux. autres? sur quoi se fonder, d’une façon précise, pPOUEM établir l’immoralité d’un individu jouissant de tous ses droits civils et politiques? que répondre aux ré | clamations qu’il ne manquera pas de faire ? D Tel est l’état de la question. L'établissement d'un marchand de vins, d’un cabaretier, d’un tavernier,« est à la vérité un lieu public, où tout le monde peut entrer; mais, en fait, toute partie de ces établisse-n ments. qui peut se transformer à volonté en local pris vé selon le desir de n’importe quels clientsne voulant pas être mêlés à la foule des consommateurs, devient un asile impénétrable, à la porte duquel s arrêtent test ‘droits des inspecteurs de police. N'ayant pas qualite, pour exercer leur surveillance à l’intérieur de ces cas binets, AR de les re institués que la sauve)
| PROSTITUION CLANDESTINE UE à
testation Dobaible qu’on s’y livre à Ja Dre due Ces difficultés, et beaucoup d’autres, ont de tout
temps paralysé les meilleures intentions des admi-
nistrateurs, et rendu à peu près inuliles les mesures qu'ils ont voulu prendre pour faire cesser un état de choses si déplorable. Dans les procès-verbaux des
séances tenues par les commissions d’enquête et.
d'examen, nommées à ce sujet, on voit toujours, à côté de l'exposé du mal, l'expression du désir qu’une disposition législative vienne armer l'administration ‘contre tous ces fauteurs d’ une des plus dangereuses prostitutions.
Dira-ton que ladministration a la ressource de provoquer l’application,par le Tribunal de simple police, des ordonnances qui prononcent des peines d’amende contre les cabaretiers, taverniers et limonadiers ayant chez eux des filles de débauche? Non; car ces ordonnances visent exclusivement ceux de ces industriels qui logent des prostituées, et nullement ceux chez qui elles viennent seulement passer
la journée. Il n’est donc pas un seul de ces débitants,
marchand de vins ou teneur de brasserie à filles, qui n’esquive la responsabilité pénale, toutes ces prostituées ayant dans une autre maison. plus ou moins voisine, leur chambre d'habitation, ou demeurant dans un garni.
Ce simple exposé ne démontre-t-il pas encore combien les maisons de tolérance, où la police des mœurs à le droit de pénétrer en toutes chambres, à toute heure diurne ou nocturne, sont prélérables, sous le rapport du bon ordre et de. la salubrité, à tous ces HKpaires du vice et de l’infamie ?
LS