SL RNA D TA SAINT-LAZARE
LA
PU il serait bon, excellent, d'introduire le ani à Saint-Lazare dans la section des prostituées. |
En faisant cette proposition, je me garderai bien de réclamer Pabolition complète du mode actuelde punition ; je voudrais qu'il fût conservé, mais modifié par Pautre : ainsi, pour une faute que l’on punit par deux mois de détention, je réduirais cette détention à quinze Jours, mais avec la condition que la fille ferait chaque jour tant de tours dans le {re«d-mill ou y marcherait pendant un temps déterminé Dans ces condamnations, les medecins de l’administration et, en particulier, ceux qui sont attachés à la seconde section de Saint-Lazare, séraient consultés pour savoir le nombre de tours que la force etla constitution de chaque fille lui permettraient de faire dans la machine, ou l’espace de temps pendant lequel elle pourrait y marcher ; il est bien entendu que ces médecins essaieraient eux-mêmes cette machine, afin d'en bien connaître l'effet et de ne rien donner au hasard dans ces décisions nouvelles ; c’est une précaution qu’il est indispensable de prendre pour répondre d'avance aux réclamations des filles, et afin de ne point passer pour barbare aux yeux des gens du monde et de quelques gens se disant philanthropes.
L'introduction de cette innovation dans le regime de Saint-Lazare offrirait certainement des difficultés, je le sais et ne me fais la-dessus aucune illusion. On déchaînerait d’abord les réclamations de ceux qui soumissionnent pour lentreprise des travaux des détenues ; les esprits superficiels, qui se plaisent à tout critiquer, ne manqueraient pas de s’écrier : « Encore un nouveau rouage ajouté à la machine administrative actuelle ! » Mais si ce mode de punition, inoffensif pour la santé, et plutôt même très hygiénique, empêche désormais les récidives, ou si seulement il les réduit dans des proportions notables, comme cela se produit en Angleterre ; s’il diminue des trois quarts ou seulement de moitié les jours de détention, pour chaque condamnation administra-
tive; s’il résout un problème qui jusqu'ici a dépassé les facultés de tous-ceux qui s’en sont occupés, pour-
rait-0n payer trop cher de si grands avantages ? Et que dis-je? Loin d’avoir à payer chèrement un
immense bien moral, ce bien apporterait lui-même
aux contribuables une économie énorme. La moitié des prisonnières de la seconde section va, au minimum, deux fois par an à Saint-Lazare ; première éco-
nomie avec le {read-mill. D'autre part, le temps de détention, à chaque infraction aux règlements, pourra sans peine être réduit des trois quarts ; seconde éco-.
nomie. On réaliserait donc aisément, avec le {readmill, une économie totale Rance d'au moins deux cent mille frances.
Que le Conseil Municipal de Paris y réfléchisse bien !... Quand le reproche de barbarie n’est nullement à craindre, doit-on, par contre, s’exposeràs’entendre accuser de négligence dans la gestion ‘er deniers des contribOa Nes
Enfin, à côté de cette importante question d’une énorme économie si facile à faire, — absolument certaine,. puisqu'elle serait réalisée dès la première. année d'expérience, — il est une autre considération, d’un ordre encore plus élevé, qu’il importe de ne pas
perdre de vue. Pour moi, je ne me lasserai pas de le”
répéter, car c’est ma conviction intime: la prison ne «
doit pas être tyranniquement cruelle ; mais il faut là
rendre dure aux prostituées; il faut que ces filles ces-
sent de s’en faire un jeu ; et le fait qu’elles s’exposent
à y revenir vingt et trente fois, tant elles en .rient entre elles et s’en moquent, ce fait constitue, à lui seul, un véritable scandale.
Je soutiendrai encore, jusqu’ à ce que ma voix soit entendue, qu'autant il est nécessaire que là prison leur soit dure, autant il importe que l'hôpital leur soit agréable sous toute espèce de rapports. J’accumulerais donc le bien-être dansles infirmeries, avec autant de soin que je l’éloignerais du quartier de punition ;
et puisque maintenant, dans l’organisation de Saint-
Dore. l'hÔ pital est entouré des mêmes murs qui cernent la prison, puisque les filles coupables pourraient voir et apprécier la différence qu'on saurait établir entre elles et celles de leurs compagnes qui ne sont que malades, je féliciterais l'administration, si elle réalisait la réforme que j'indique, et je lui dirais qu’elle vient d'acquérir, par ce seul moyen, une force dont elle ne tardera pas à voir les heureuses conséquences.
En ramenant, par tous les moyens,le bien-être dans les infirmeries de Saint-Lazare, et en le supprimant dans le quartier de punition, les actes de l’administration seront empreints d’un caractère d'équité et de justice, qui ajoutera beaucoup à son autorité; les prostituées, lorsqu'ellesse trouveront malades, cesseront de considérer ses agents comme des ennemis, qui ne se servent deleur force que pour les tourmenter.
Mais je dirais aussi :ayons soin surtoutde ne point infliger à ces filles des punitions arbitraires; qu’une distance immense sépare la séquestration nécessitée parune maladie due à leur métier, il est vrai, mais indépendante de leur volonté, et l’emprisonnement or- . donné contre elles en punition de fautes qu'elles pou-
.Vaient éviter.
Quand elles viendrontau-devant de la séquestration en infirmeries, quand elles la réclameront, et quand, par contre et en même temps, la punition de l’emprisonnement leur inspirera de la terreur, on aura fait un pas gigantesque dans la voie des améliorations sanitaires et dans celle de l’ordre public et de la morale. |
Je reviens au {read-mitll, sur lequel je n'ai plus que quelques mots à dire.
En astreignant à un travail quelconque les De renfermés dans une prison, et ce travail étant consi-
déré par eux comme faisant partie de celte punition, il est de la dernière importance qu'il ait un résultat utile et que les détenus en aient connaissance. Dans ce cas, ils s’y soumettent, et l’on obtient de la peine
qu'on leur impose le résultat qu’on en attendait. Au
contraire, si la fatigue qu’ils se donnent, n’a pour ré-
sultat que de battre l’air ou l’eau, de changer de place w
un corps inerte, ou de surmonter purementet simple-
plement une résistance, on les: voit alors se révolter et manifester leur indignation par tous les moyens
possibles : le travail deviens pour eux une torture; il aigrit leur caractère ; ils ne le considèrentplus comme une punition de leurs fautes, et ceux qui le leur imposent cessent d’être à leur égard les arbitres de la justice et les vengeurs de la société outragée, mais deviennent à leurs as d’odieux despotes, : de GS. tyrans.
Si donc le {read-mill est admis un jour, que je sSouhaïte prochain, à faire partie du système répressifdes délits de la prostitution, je demande instammentqu’on