‹ La prostitution à ParisChapitre 36 sur 59 · AN ? > AVES < À x APE L'A · texte numérisé non relu

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fonde que j'ai du plusieurs personnes dire e que

ces soins et ces distinctions à établir entre les pros-

tituées, à ce point de vue, ne signifient rien, et que c'estdescendreinutilémentdans la boueque de se préoccuper de ces hontes.Mais la critique de ceux qui ferment les yeux pour ne pas voir le mal est et restera impuissante à me décourager. Fortde ma conscience,

. j'ai sondé les abîmes de la prostitution, dans l'inté-

rêt même de la morale publique, comme d'autre part je suis descendu dans les cloaques les plus infects et les plus nauséabonds du sous-sol de Paris, nullement par plaisir non plus, mais dans l'intérêt de lPhygiène publique, et aussi pour chercher comment on peut améliorer le sort des souffrants et des humbles, par devoir envers les :nalheureux que leur condition réduit aux travaux obscurs, pénibles et dangereux sous tous les rapports, par devoir envers ces pauvres égoütiers et vidangeurs, qui ontune âme comme moi, qui sont mes semblables, mes frères. Eh bien. je le dis à ceux qui croient quon doit se désintéresser

. d’une question aussi importante que celle de la pros-

titution ou qui ne veulent l’examiner que d'une facon superficielle, je leur dis que l’homme de devoir ne s'arrête pas quand il se trouve au bord d’un cloaque plus infect et plus nauséabond que tout le reste; il y descend, honnêtement comme je l’ai fait. en examinateur scrupuleux; il observe et il étudie, sans déshonneur aucun; et il dit ensuite, hautement et franchement, ce que sa conscience lui inspire pour

le bien de l'humanité.

Voici donc comment je ferais le classement des prostituées détenues administrativement à Saint- Lazare; j établirais, dans le quartier de punition dela seconde Section, les quatre divisions suivantes :

dans l’une, les filles arrêtées pour la première fois ;

dans une seconde et une troisième, les filles vicieuses,

mais séparées de l'objet de leurs amours: enfin, dans

une quatrième, les détenues qui auraient quelque tendance à revenir au bien, qui gémiraient de leur

302: | (LES PROSTITUÉES à | position, où qui seraient en 1 butte à Ann des autres.

Ces quatre divisions devraient être bien. Éanchass et sans aucune communication entre elles. Je n’ignore pas que de telles séparations,.en bouleversant le système actuel des ateliers, nuiront aux profits de ceux qui exploitent les travaux (1), et, par conséquent, il est hors de doute que ma proposition aura tous les intéressés pour ennemis; mais, Comme ma mission a pour objet le bien-être de la société, et non d’augmenter la fortune des entrepreneurs, je dois indiquer ce que je crois utile, et n’envisager que très secondairement les intérêts particuliers, que je respecte toutefois autant qu’ils le méritent.

$ . — De la moralisation des Prostituées pendant leur séiour à Saint-Lazare. $

Je vais toucher ici à une question extrêmement délicate ; car, voulant parler des tentatives de moralisation qui peuvent et doivent être faites à l’égard des prostituées durant leur détention, je ie puis m'abstenir de mettre en comparaison l'influence des religieuses et celle des dames de charité laïques. Mais que chacun se rassure; je traiterai cette question avec toute la réserve qu’elle comporte. Apres. avoir été un observateur consciencieux, celui qui écrit ces lignes est un narrateur fidèle, et non un homme de part pris.

Je puis d'autant mieux comparer, que j'ai vu là prison des prostituées sousle régime de la laïcité et sous le régime des religieuses établies surveillantes. Or, la vérité m'oblige à dire que celui ci n’est pas le plus avantageux. D'autres que moi ont fait des observations semblables, dans les prisons de femmes, condamnées de droit commun, et confiées à la direction des sœurs.

(1) Surtout si le &read-mill vient à être adopté.

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Ces religieuses, respectables sous une foule de rapports, mais ne connaissant pas la population à la tête de laquelle on les place, introduisent dans la prison une foule. de pratiques pieuses qu’on ne retrouve guère que dans les couvents. Il suffit aux détenues les plus rouées d’affecter la dévotion, de faire devant ces dames le moindre acte de religion, et surtout de leur demander un chapelet, pour être à l'instant pré- : férées à toutes les autres et obtenir les douceurs dont on peut disposer en leur faveur.

Ajoutons à cela qu'avec la gestion des religieuses, les dépenses de lingerie et de pharmacie doublent presque, et qu’une bonne surveillante laïque, — je rappelle comme modèle de toutes l’estimable Mme Lavenard, — fait plus de bien moral, à elle seule, payée aux appointements de 1000 francs, et remplit mieux les intentions de ladministration que quatre religieuses, pour lesquelles on aura dépensé une somme de 4.000 francs. |

A titre de souvenir, je citerai d’abord ce que j'ai vu à l'hôpital de la Pitié, à l’époque où les prostituées vénériennes y étaient reçues, et où onleur donna un aumônier spécial. Les filles accueillirent avec joie cette marque d'intérêt; elles assistaient volontiers aux offices divins, qui étaient célébrés dans la chapelle de cette hospice; elles s’y comportaient avec décence, et toutes y accouraient surtout lorsqu'on y chantait des cantiques. Les secours religieux ne leur manquaient pas, certes ; mais puis-je en dire autant des moyens d'instruction ?...

On leur disait régulièrement la messe; mais que sont les cérémonies de la messe pour des personnes qui ignorent leurs devoirs envers la société, ce qu’elles se doivent à elles-mêmes, à plus forte raison ce qu’elles doivent à Dieu, et qui, pour la plupart, ne sont tombées dans le désordre que par suite de leur ignorance ?... Pendantun certain temps, un autre aumônier ajouta aux cérémonies de la messe la lecture . de LBpître et de l'Evangile, en langue vulgaire, et y

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joignit quelques explications. Mais ces explications étaient-elles appropriées à l’auditoire? Non, assurément, et je puis en parler ; car j'ai tenu à es entendre. Etait-ce à des prisonnières obligées, sous peine de mourir de faim, de manger ce qu’on leur donne, qu’il fallait prêcher la nécessité de l’abstinence en cer- . tainS jours de l’année? à des êtres que la paresse avait contribué à jeter dans l'inconduite, l'obligation de ne pas travailler le dimanche ? à des individus dont toutes les pensées n'avaient jamais roulé que sur des choses matérielles, la beauté des vertus ascétiques ?. . Enfin, lorsque le discours avait quelque . rapportavecles personnes quicomposaientlauditoire, était-ce en jetant le désespoir dans l’âme, en ravalant ces femmes, en leur faisant une peinture triviale et: grossière des peines de lPenfer, sans jamais les encourager et ranimer leur espoir, qu’on pouvait espérer de faire impression sur elles ?

Voulant obtenir quelques renseignements utiles à mes travaux, j'ai soumis une série de questions à déux de ces aumôniers ; hélas ! les réponses que j'ai obtenues ne m'ont donné que la preuve de leur ignorance du caractère des femmes auxquelles ils s’adressaient. Je leur ai demandé des rendez-vous, pour causer avec eux : et jai bientôt reconnu qu'ils n'avaient point les qualités nécessaires pour remplir les fonctions dont on les avaitchargés., Ces deux ecclésiastiques dont je parle n'existent plus; J'ai donc pu m'exprimer sureux avec plus de liberté que je n'aurais fait s'ils avaient été vivants.

Si jusqu'ici les prostituées ont reçu de Ia charité chrétienne quelques instructions solides. elles le doi-. vent à ces vénérables dames laïques, auxquellés j'ai déjà fait allusion dans cet ouvrage, véritables anges du dévouement, qu un zèle bien inspiré soutient dans l'exercice des pénibles fonctions qu’elles se sont imposées. La plus grande simplicité" préside aux instructions faites par ces dames. Elles ne manquent. pas d'adresser aux détenues quelques paroles bien-

A SAINT-LAZARE Minas 805

. veillantes: elles s’asseoient au milieu d’un atelier ou d'une salle de linfirmerie, et, sans interrompre les, travaux, elles commencent par une courte lecture, qu’elles font suivre d’une instruction familière, toujours improvisée et ne manquant jamais de cet àpropos que des femmes mariées et mères de famille peuvent seules donner à des instructions de cette nature. Point de petites idées ni de pratiques insignifiantes, mais de ces paroles qui portent coup, qui encouragent, qui relèvent l’äme, et qui commandent la confiance pour là personne que l’on entend. Je nesuis . pas le seul qui, se tenant dans la pièce voisine où

étaient ces dames, ait pu quelquefois écouter leur discours eten admirer l’à-propos. ainsi que la noble simplicité. Plusieurs de mes confrères, que leurs fonctions, ou la simple curiosité amenaient là, ont eu quelquefois le même avantage : ils partagent mon opinion sur le mérite de ces dames. et souventil nous arrive de nous entretenir des pensées nobles et touchantes qui composaient leur discours, et de nous rappeler mutuellement les sentiments de respect et

de vénération dont nous nous sentions pénétres à la vue de cequi se passait SOUS nos veux.

On conçoit ce que des créatures, nées dans les der-

niers rangs de la société, auxquelles on ne parle gé-

- neéralement qu'avec mépris, et qui sont pénétrées du sentiment de leur abjection, doivent éprouver en voyant des personnes de leur sexe quitter les plus hautes positions sociales, pour venir les instruire, et à cet effet, s'installer au milieu d’elles, ne pointredouter leur contact ni l'horreur d’une prison, leur parler avec douceur,avec bonté, avec ce ton de la bonne Compagnie qui ajoute tant de force au plus simple discours, et que les gens d’une classe inférieure ap-

précient d'autant plus qu’ils y sont moins habitués. :

Aussi estil d'observation que les prostituées de Paris ont toujours eu pour les dames de charilé — car cest. ainsi qu’elles les appellent — un respect tout particu-

lier. Au cours de mon enquête, j'ai constate avec quel

306 LES PROSTITULES

plaisir les prisonnières et les malades voient chaque fois l’arrivée de ces dames ; jusqu'aux tribades etaux vieilles dégoûtantes pierreuses, toutes leur donnent des marques de déférence. Jetiens des gardiens etdes -surveillantes que jamais on n’a entendu les prostituées . profiter de lPabsence de ces dames pour les tourneren ridicule ou dire sur elles quelques mots déplacés,tant. la vertu désintéressée a de force et d’ascendant,même sur l'esprit des êtres les plus vicieux!

Par contre, il est démontré, pour moi, que les reli- gieuses n’opeéreront jamais le bien moral des prostituées, soit dans le quartier de punition, soit dans les infirmeries. On peut les respecter, lorsqu'elles sv prennent avec adresse; mais leurs observations ne font jamais une bien vive impression, parce que les filles publiques sont persuadées que les religieuses ne font que leur métier. C’est, du reste,ce qui m’a été dit par une foule de ces filles que j'ai eu l’occasion de questionner dans les salles, et ce que m'ont assuré tous ceux qui ont été à même de les observeret d’étudier la tournure de leur esprit.

Pour diriger les prostituées, pour les instruire et leur nee quelques préceptes de morale, pour leur inspirer certains sentiments de pudeuretde bonne conduite, il faut nécessairement avoir recours à des femmes mariées ou qu’ils l’aientété:le titre de femme mariée, et surtout celui de mère de famille, inspirent à ces filles un respect tout particulier, et les engagent à se soumettre sans murmure à toutce qu'on exige d'elles. Une femme mariée peut sans se compromettre tenir un langage qui serait déplacé dans la bouche d’une religieuse, et c’est ce langage qui produit souvent un effet magique sur l'esprit faible de ces malheureuses ; elles doivent être persuadées que les personnes qui sont préposées pour être à leur tête connaissent jusqu'aux plus petites particularités de leur. vie. Or, si des religieuses n’ont pas cette connaissan-

ce, il leur manque une partieessentielle de cequi leur

est nécessaire pour faire le bien; et si l’on découvre

qu elles en sont instruites, elles perdent. à l'instant l'estime et Le respect dont elles doivent être entourées et, par suite, cette autorité et cette force morale sans lesquelles la surveillance devient illusoire

… On voit, d'après ce que je viens de dire, que, si l’on. conserve quelque espoir d’agir sur le moral des pros-: tituées, de les améliorer et d’en ramener quelquesunes dans le chemin de la vertu (1), ik faut principalement compter sur les vénérables dames qui sesont consacrées d'une manière spéciale à l'instruction de ces filles ; il faut.que ces dames soient protégées par Padministration supérieure, et secondées par tous les officiers et of/icières de l'hôpital-prison, et que tout concoure au but qu’elles se proposent.

Maintenant, je ne voudrais pas qu'on puisse croire que je regarde comme tout-à-fait inutile pour lesprostituées les soins et les exhortations d’un aumônier. Telle n’est pas ma pensée. Mais j'estime que, pourdes fonctions aussi délicates, il fautun prêtre remplissant lès conditions que loyalement et franchement je vais dire:

Au lieu donc de confier ces fonclions à des hommes que ne distingue aucune qualité supérieure, ou dont les manières ou l'extérieur peuvent offrir quelque prise à la critique, je voudrais voir à Saint-Lazare un de ces hommes respectables dont le zèle est tempéré par Pexpérience, qui ne précipitent rien, qui savent approprier la semence à la nature du sol qui est commis à leurs soins, qui connaissent les faiblesses de -Pespèce humaine et la nécessité d'y compâtir dans une foule de circonstances, qui sont éloignés de l’es- prit de domination, qui cherchent à s’entourer des lumières des autres, en un mot, qui veulent le bien,

(1) Extrait de l’article du Matin, du 18 octobre 1899 : « Cinq ou: Six œuvres gravitent autour de lhôpital-prison, essayant chacune des sauvetages ; sur les milliérs de femmes qui passent à Saint- Lazare, vingt à trente sont, bon an mal an, sauvées. »

qui y tendent, qui. font pour cela tous leurs ÉTALESS avec un dévouement absolu.

Une des qualités principales, nécessaires dans la situation dont il s agit, c’estle don de la parole: je désire une élocution facile qui permette d'improviser quelques mots sur toutes les circonstances fortuites qui se présentent, et de saisir tous les à-propos.Cette élocution simple ét facile se faisait surtout remarquer … chez quelques-unes des dames laïques dont je viens de parler; aussi leur auditoire était toujours plus nombreux, on les écoutait avec autant de plaisir que d'attention.

Si je;trace icila Hgnede conduite que dévraitgarder suivant moi, un aumônier de Saint-Lazare, ce n’est pas pour m’ériger en censeur, moins encore pour faire prévaloir mon Opinion; mais, ayant peut-être acquis, par l’étude à laquelle je mesuis livré, un certain nombre de connaissances qui peuvent être de quelque utilité à ceux qui auront à remplir ces fonctions si délicates, je leur dois le résultat de mon expérience, le fruit de mes observations, et, jusqu’à un certain point, celui de mes méditations.

D’après ces motifs, je voudrais que laumônier ne

parût jamais dans les ateliers; il doit les abandonner

aux dames de charité, qui seules possèdent ce qui est nécessaire pour y fairedu bien.S'il ne peut s’interdire. absolument les salles de malades, qu’il n’y vienne que lorsqu'il y est demande, et que chaque fois il annonce sa visite d'avanceet discrètement; je souhaiterais même qu'il prit ses dispositions pour ne point s’y faire remarquer par son costume Que ses maniè: . res soient graves, et qu'elles n'aient rien d emprunté. Que, s’il est obligé d’adresséer la parole un des premiers, ce soit avec réserve; mais qu’il réponde avec douceur et bonté à toutes les questions qui lui seront faites, et, s’il donne un avis ou quelque instruction,

que ce soit sans prétention, en peu de mots, et pour .

ainsi dire par hasard. Si sa fortune lui permel alors de distribuer aux plus infirmes et aux plus nécessi-

LES PROSTITURÉS TUE

teuses quelques friandises ou quelques mets agréa-

bles, s’il peut se faire, avant tout, la réputation d’un

homme humain, et, disons le mot, s’il est surtout ur

brave home, il se trouvera dans les conditions les plus favorables pour remplir avec fruit les fonctions de son ministère.

Faut il forcer les prostituées à assister aux cérémonies du culte religieux ? Je répondrai à cette question parce que j'ai vu, et je la résoudrai par l'expérience. J'ai vu dans une prison les détenues obligées d’aller à la chapelle pendant qu’on y célébrait la messe,etj’ai été scandalisé de la manière dont elles s’y comportaient, affectant de tousser, de cracher et d’éternuer

&ans raison. remuant sans.cesse les piedset ne s’ar-

1étant qu'au point nécessaire pour n'être pas punies. J'ai vu, à l’hospice des Vénériennes, la chapelle ouverte à celles qui voulaient y entrer, sans contrainte, et j'ai été édifié du maintien plein de décence de celles qui s’ytrouvaient. En fait de religion,comme en beaucoup d’autres choses, la contrainte fait plus de mal que de bien; la liberté seule attire par elle-même, et tient à l'écart les hypocrites.

J'ai dit que les prostituées ontun goût particulier

pour les cantiques, qu’elles se rendent toutes à la

chapelle lorsque ces chants religieux y ont lieu,etque ce moyen semble surtout efficace pour charmer leur ennui et fixer leur esprit pendant un certain temps. Pârtant de cette donnée, pourquoi Paumônier ne profiterait-il pas de ce moyen pourles attirer dans leseul lieu où il peutsetrouver sans inconvénient avecelles? Pourquoi n’entremêleraitil pas ces chants de quelques instructionsfamilières, appropriées à l'auditoire, et dont le principal mérite serait la brièveté? car on doit Se rappeler qu’un des caractères particuliers de

| l’esprit des prostituées est la légèreté et l’impossibilité

de suivre un raisonnement pendant plus de quelques minutes. Pourquoi enfin ne composerait-il pas, pour ces malheureuses, des cantiques dans lesquels elles trouveraient des avis salutaires et qu leur seraien

plus utiles que les psaumes latins ou autres chants qui ne sont destinés qu'aux personnes éminemment religieuses, qui ont une instruction profonde et qu’un abime immense sépare, sous tous les rapports, des femmes dont nous nous occupons ? :

Parmi les moyens de S'insinuer dans l'esprit deë A prostituées et de gagner leur confiance, il n’en estpas de plus efficace que deles relever à leurs propres yeux, … de combattre leur désespérance de réhabilitation, et de leur donner à entendre que la porte de l'honneur : n’est pas entièrement fermée pour elles. Lorsqu’elles sont réunies en grand nombre devant nous, s'’ilnous vient la pensée que nous n’avons sous lesyeux que des créatures criminellement déchues, indignes de toute comrmaisération, rejetons bien vite cette pensée: figurons-nous plutôt que nous sommes dans unemaison d’aliénées, dont un grand nombre sont incurables, il est vrai,mais parmi lesquelles il #’en trouve quelques-unes qui offrent des chances de guérison, et sur lesquelles on ne peut agir que par de ne moraux, sagement et habilement conduits. a Le célibat, auxquels sont assujettis les ministres du culte catholique, leur ôte un puissant moyen d'ac-.. tion sur l’esprit des prostituées, qu'ils sont, dans quelques circonstances, appelés à diriger; on peut, : leur appliquer ce que j'ai dit précédemment des religieusés comparées aux dames de charité laïques, Mais quel remède opposer à cet inconvénient? Jen'en vois qu'un seul: ce serait de confier de préférence cette place d’aumônier de Saint-Lazare à un homme qui, avant de recevoir les ordres, aurait été engagé dans les liens du mariage. S'il était père de famille, S'il avait lui-même des enfants, surtout des filles, «uelles sources d’allusions heureuses et irrésistible pour son auditoire ! quelmoyen de s’attirer lerespect! quelle énergie enfin ne gagneraient pas ses instructions et ses discours par la possibilité d’une liberté plus grande dans le langage et d'une TÉRAE moins -äffectée ! EN

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