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fl convient de mentionner aussi le cas de quelques ‘filles, flétries par l’âge et leur vie dissolue, mais non tombées encore dans la décrépitude, qui ont fait de Saint-Lazare leur demeure habituelle, qui considèrent cette prison administrative comme une retraite préparée pour elles par la munificence nationale ; aussi, à peine remises en liberté, s’empressent-elles de commettre une infraction aux règlements pour se faire renfermer de nouveau. Plusieurs autres sont parfois dans un tel état de dénüment, qu'elles n'ont presque rien pour se couvrir et, véritables vagabondes, couchent la nuit dans les chantiers, sous les charrettes, et c’est en quelque sorte par commisération qu’on les envoie à Saint-Lazare: on est surtout indulgentà leur égard aux approches de l'hiver et pendant la mauvaise saison : les barreaux et les serrures ne sont pas nécessaires alors pour garder de pareilles prisonnières, et l’on peut les occuper à tous les détails de l’intérieur.
On parle beaucoup de la mortalité précoce des prostituées ; tout le monde a sur ce pointdesopinions arrêtées, et nous ne sachons pas que personne ait cherché à les contredire. Voyons ce que nous apprennent à ce sujet les Di cnemens que nous avons obtenus.
Chez ceux de mes confrères. chargés comme moi de soigner les filles publiques, j aie ecuéilli des OpInions contradictoires : les uns prétendent que les prostituées ont des santés de fer, qu’elles résistent à ‘tout, et que leur métier ne les fatigue pas, tant elles le font par habitude et avec indifférence ; lesautres soutiennent qu’elles ne peuvent supporter longtemps l'exercice de ce métier, que le plus grand nombre meurent avant trente ans, de maladies de cœur, de phthisie, et de lésions Di Daues du’foie et des intesno
Sur quoi ces opinions si drone sont-elles fon- dées ? Quelques mots HR pour résoudre cette Dion
316 | ie SORT DÉFINITIF ENT ARENENSNENSS
Après avoir recueilli les opinions de mes confrères,
je leur ai posé de nouvelles questions, et bientôt j'ai, constaté ceci, savoir : ceux qui prétendent que les.
prostituées né sont pas plus malades que d'autres, et … que leur métier n'a.pas d'influence sur leur santé générale, n’ont eu de rapports qu'avec la classe élevée
de ces femmes, ou ne les ont observées que passage= rement. ou encore n’ont eu à les soigner que chez.
elles, c’est-à-dire pendant l'exercice de leur métier,
par conséquent, dans un état à peu près constant de bonne santé; tandis que ceux qui professent une doc. trine contraire, ne les soignant que dans leshôpitaux et les prisons, et n'ayant principalement sous les.
veux que la portion la plus infime et la plus abrutie
de cette classe de la société, ont dû nécessairement tirer de leur observation des conclusions qui para |
sent toutes naturelles.
On à vu. de tout temps, dans Îles A des
prisons où étaient détenues des filles publiques, un -
certain nombre de ces femmes affectées de lupus, de
fistules recto vaginales, d'ulcères des extrémités, et d’autres maladies de la peau devenues incurables ; on.
y rencontre encore des phthisies pulmonaires et des
lésions des organes digestifs; mais ces maladies ne » sont pas assez nombreuses pour en conclure quelque ï chose sur la mortalité des prostituées, envisagées +
dans leur ensemble. F
Il en est enfin quelques-unes, qui, mues par des sentiments religieux. ou se disant repentantes, en-.. trent au Bon-Pasteur ou dans d’autres maisons de «
refuge ; j'en parlerai spécialement à la fin de ce cha
pitre. | Telle est, en abrégé, relativement au sort définitif
des filles publiques, l'opinion des personnes qui sont.
le plus à même de donner à ce sujet des’ renseigne: ments sur lesquels on puisse compter; mais que de
vague et d'incertitude dans tous ces renseignements! Rappelons-nous,encore une fois, que la prostitution : n'est, pour la masse des filles publiques, qu'un état,
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