‹ La prostitution à ParisChapitre 41 sur 59 · CA · texte numérisé non relu

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répondirent ; 185, comme entrées dans des prisons de droit commun, par suite de condamnations judi- Ciaires ; 177, comme ayant contracté des infirmités graves les empêchant de continuer leur métier de prostituées ; 130, comme saisies par la gendarmerie qui les recherchait; 121, comme ayant trouvé à se marier; 114, éomme avant prouvé qu'elles avaient, soit en rentes sur l'Etat, soit en pensions viagères constituées, des moyens suffisants d'existence ; 101, comme réelamées par des gens riches qui vivaient avec elles maritalement; 91, comme envoyées au Dépôt de mendicité ; 28, comme ayant été reprises par leur mari qu’elles avaient abandonné. 7

Quelques renseignements, épars dans les notes * d’où ont été extraits les détails ci-dessus, po beron Y ajouter de l'intérêt et rendre plus complet ce que j'ai déjà dit des mœurs et des habitudes des filles publiques. | |

Parmi les 428 qui moururent en ces dix ans, — et bien entendu, il ne peut s’agirici que de celles mortes . à la Connaissance du Bureau des Mœurs (1), — 56 suc-

combérent dans leur domicile (dont 5 de mort subite naturelle, 2 victimes d’assassinat, et 6 s'étant suicidées), 108 décédèrent à Saint-Lazare, et 264 dans les. divers hôpitaux de Paris (2).

| (1) Etant donné la quantité innombrable de femmes qui vivent de la prostilution à Paris, et que M. Maxime du Camp évalue à . 120,000, il ne peut pas être question ici de toules les filles publi- . ques, mais seulement de crlles qui décèdent pendant le temps - qu'elles se soumettent régulièrement à la surveillance de la police des mœurs ; il ne faut pas perdre de vue qu'un très grand nombre de prostituées disparaissent sans prendre la peine de se faire rayer; sans cela, le chiffre des décès serait bien supérieur à celui

qu’on a pu indiquer ici.

(2) Il est à remarquer que les criminels qui méditent d'assassiner une fille galante pour la dépouiller, recherchent de préférence

lés femmes qui se dérobent au contrôle de la police, et cela est.

facile à comprendre. Aussi y a-t-il beaucoup plus de prostituées

clandestines et autres filles insoumises qui sont assassinées, que

320 SORT DÉRINITIF

Les infirmités ou maladies graves qui na à la re radiation de 177 prostituées, se sont trouvées . ra

térisées sur les registres de la manière suivante : en état général de mauvaise santé : 52, pour épitepaie

et autres affections nerveuses ; 28, pour caducité prématurée ; 17, pour vieiliésse ; 15. pour cécité ou fai,

blesse extrême de la vue; 5, pour surdité; 3, pour!

dartres générales ; 5, pour ulcères de la nee “E

pour destruction du voile du palais.

Passons aux renseignements que j'ai pu recueillir sur les 121 prostituées qui ont été rayées parsuite de mariage : 56 se sont mariées avec des individus dont la profession ne se trouve pas indiquée dans les

dossiers : 97, avec des ouvriers menuisiers, Maçons,

teinturiers. typographes, cordonniers, etc., etc.; 14,

avec des journaliers; 11, avec des marchands en boutiques, traiteurs, faïenciers, fruitiers, etc.; 5,avec des.

gargotiers et- marchands de vins; 5, enfin, avec des personnages qui, par leur profession, le nom qu’ils portent, le rang qu'ils occupent dans la société, ne peuvent être désignés ici.

Au sujet de ces 121 femmes sur pale pu compléter mes renseignements, je dois ajouter que

88 présentérent, en se faisantrayer, des pièces authen-

tiques prouvant que le mariage allait se conclure, et 28 apportèrent l'acte même de leur mariage. 1 Ce n’est pas tout encore : cinq fois, on vit le mari

venir lui-même réclamer la radiation de sa nouvelle.

épouse, triste preuve du peu d'importance que met: tent quelques hommes à la position devcelles qu'ils

chaissent pour compagne. Comprend-on qu'un pareil.

Choix puisse se-faire sans qu’au préalable on aitau moins exigc sa radiation des registres d’infamie ? Et

si celte conduite nous surprend de la part de gens

Sans Cducalion, appartenant aux dernières couches

sociales, quels sentiments nous inspiréront ceux

À TRES ne ea En D A TRUE, CAIN RE ER RE PRE 3 1

de filles publiques inscrites, chez lesquelles un agent : a ledroit de

Venir: à toute heure de jour ou de nuit.

DES PROSTITUÉES ES Sat

qui, nés je. ne dis pas dans les classes bourgeoises, mais dans les rangs distingués et même

‘élevés de la société, ne rougissent pas de taire entrer

dans leurs familles des prostituées, qui méritent peut: être leur commisération, mais qui sont indignes à jamais de porter leur nom! :

À ces détails sur les mariages de quelques prostituées, il y a lieu d'ajouter les suivants : sur 121 filles soumises qui trouvèrent à se marier pendant l’exercice de leur métier, 91 étaient des filles en carte, et. 30 faisaient encore partie du personnel des maisons de tolérance ; sur les 121 individus qui epousèrentces prostituées. 53 demeuraient dans la même rue (quelques-uns dans la même maison).

Sur 97 de ces filles,.19 étaient de Paris, 38 étaient nées en province. Or, comme les étrangeres sont en infime minorité dans la prostitution parisienne, il est curieux de voir que, par contre, ce sontelles qui trouvent le mieux à se faire épouser : sur 121 prostituées contractant mariage, 64 étrangères (soit plus de la moitié) représentent une proportion énorme, qui. donne fort à réfléchir.

Les 57 néès en France avaient un dossier plus complet que les autres; ce qui me permet d'ajouter

“encore quelques renseignements.

Ainsi, sur ces 57 prostituées, 25 avaient commencé leur honteux métier à l'âge de 15 à 20 ans ; 18, de 20

à 25 ans; 10, de 25 à 30 ans ; 4. de 30 à 40 ans. Sur ces

mêmes 67 filles, 19 avaient de 15 à 20 ans, quand elles se’ marierent; 12 avaient de 20 à 25 ans ; 15 avaient

. de 25 à 20 ans; 8 avaient de 30 à 35 ans ; 3 avaient de ‘35 à 40 ans.

Lorsqu’elles se marièrent, elles avaient exercé le métier de }rostituéés pendant le femps suivant : 11, pendant nioins d’une année; 5, durant un an et plus, de sans attcindre deux années; 8, pendant plus de 2 ans ; 12, plus de 3 ans ; 4, plus de 4 ans : 4, plus de 5 ans : 5, plus de 6 ans ; 3, plus de 7 ans; 8, pendant :

11 aus; l, pendant 13 ans.

322 1 | SORT. DÉFINI pas?

Ces: se, puremerit curieux, n avant pas Deco de commentaires: passons à l'examen de ce qui concerne la fortune réalisée par quelques prostituées.

Là-dessus, il n’y à pas abondance de renseigne-. ments, relativement surtout aux chances de fortune. que peuvent avoir les filles soumises; car, surles registres de police que j'aieus à ma disposition, la somme exacte dont ces prostituées étaient propriétaires est très rarement consignée d’une façon précise. J'ai donc interrogé les inspecteurs qui sont chargés : .de vérifier l'authenticitédes rentes alléguées à l'appui des demandes de radiation (114 femmes se sont faites rayer pour ce motif, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure) : ces fortunes, donc, d’après mon enquête, s’éléventordinairementà mille, douze cents. et quinze cents francs de rente; mais il n’est pas rare que les revenus de Ces femmes. dépassent ce chiffre,-et, quelques-unes mêmes étaient riches d’une ue de. plusieurs milliers de francs

Quelle peut être l’origine de ces sortes de for rs

Il est. dans toutes les classes et dans toutes les. professions, des êtres privilégiés qui connaissent le prix de l’ordre, qui mettent tout à profit, qui savent. tirer parti des moindres circonstances ; en un mot, qui possèdent ce qu’on appelle le génie des affaires.

On a pu voir précédemment que ces êtres, quoique : :

très peu nombreux parmi les prostituées, sv rencon-

trent cependant encore quelquefois . | On peut rapporter À trois causes See qui

sont l'usure, le commerce ét l’économie, là première::

origine de certaines REUES fortunes réalisées par des : :

prostituées.

La première de ces causes, ou l'usure, passe généralement pour la plus commune : les prostituées ne pouvant inspirer la confiance à personne, sont néces-.. sairement obligées, lorsqu'elles ont besoin d’argent, de s'adresser à celles de leurs camarades qui "sont assez heureuses pour en posséder ; mais ces derniè-

res, assurées de 1Vavoir pas dé concurrence, prètent

* DES PROSTITUIES | à un intérèt excessif et toujours à des termes extrèmement courts. Quelques-unes d’entre elles montrent dans cette spéculation, beaucoup de sagacité ; le lec- : teur à déjà pu s’en rendre compte par ce que j'ai dit à propos des prêteuses de Saint-Lazare (voir page 298). Le commerce n’est une source de fortune que pour : “un nombre excessivement limité de prostituées : je n'ai pu découvrir, en tout, que trois de ces filles, très.

habiles, par exemple, et fort industrieuses, qui :

avaient monté, dans des petites villes voisines de Paris, chacune un établissement de commerce, tenu par une parente ; la fille avait son domicile dans la capitale, où elle se prostituait et venait à la visite sanitaire très régulièrement, tandis: qu'ailleurs elle

était, aux yeux des habitants de Fendroit, une hon-

nête boutiquière, directrice du petit commerce qui. florissait. Mais, on le voit, ce cas est tout-à- fait eXCeptionnel.

Enfin, la Caisse d'épargne a été et est encore aujourd’hui, pour un très petit nombre de prostituées, non seulement la voie la plus sûre qui leur soit of-

ferte pour échapper à la misère dans leurs vieux jours, mais surtout un moyen de sortir assez promptement du désordre et de rentrer dans la vie com-.

mune. Je pourrais citer à cet égard des traits vérita-

. blement remarquables; j ai Su que quelques-unes de ces malheureuses, indignées contre elles-mêmes de ce qu’elles ne pouvaient acquérir quelque bien que par des voies honteuses, se refusaient jusqu’au neé- cessaire, pour aceumuler un faible pécule, et comp- . taient les jours qu'il leur fallaitattendre pour arriver au moment où elles pourraient se retirer avec la some strictement nécessaire pour pourvoir dela manière la plus mesquine à leur triste existence. … Est-il nécessaire d'ajouter à ces détails qu'aucuné des filles qui firent ces sortes d'économies, HAT nait aux dames de maison ? nr Dans la statistique que j'ai pr oduite tout à lan js ; on a pu voir des radiations prononcées for trs &

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suite d’arrestations de filles recherchées par la gen- à darmerie et d’autres par suite de condamnations judiciaires. Ces deux cas, qui se ressemblent, m'ame-

nent à parler d’un dossier très complet que j'ai èu

entre les mains, à la Préfecture de police, et qui était relatif à la totalite des filles soumises dé Paris, traduites devant les tribunaux de droit commun pendant une période de sept années ; ce volumiveux dossier : contenait les fiches de 603 prostituées, en tout, qui à avaient eu maille à partir avec la justice. |

Ces 603 poursuites, qui présentent l'intérêt d'un, | ensemble aussi important, permettent de voir ainsi la proportion des délits” et crimes commis däans le. monde de là PESTE PORSr Voici les diverses espèces: 477, pour vol; 43, pour voies de fait. graves ; 26, pour blessures graves, faites pour la plu-

part avec un couteau; 19, pour outrage public à la .

pudeur ; 19, pour rébellion, avec armes, contre les agents de l'autorité et la force publique (les simples rébellions ordinaires contre les agents des mœurs sont jugées par la Commission administrative de la Préfécture); 7; pour avoir favorise”là débauche/de mineures ; 6, pour cris séditieux et. colportage d’é-.

crits prohibés ; 2, pour émission de fausse monnaie

eLIAUX nue dé“hanquer ti pour. iIncendié st Pour adultère; |, pour avoir tenu des jeux de hasard ; 1 pour homicide volontaire. FAGERUE , Surce nombre, 280 ont été acquittées, dont 253:

parmi celles accusées de vol et 27 parmi les autres …

prévenues; ce qui réduit la totalité des condamnées -

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