‹ La prostitution à ParisChapitre 42 sur 59 · MAUR · texte numérisé non relu

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que nous ne pouvons parler ici que des filles so®mises, le nombredes insoumises étant formidable et le Bureau des Mœurs ne pouvant enregistrer leurs condamnations), 35 ont été condamnées à la prison pour un mois; 10, pour 2 mois ; 38, pour 3 mois; 8, pour 4

Sur ces 9823 prostituées de Paris (je répète encore re

mois ; 2, pour 5 mois; 3, pour 6 mois: 7,pourS :

MOIS ; 84, pour un re 1 pour 15 Mois ; Le pour it

sr

DES PROSTITULES | 325

mois ; 11, pour 15 mois; 10, pour 18 mois ; 18, pour 2 ans ; 5, pour 3 ans ; 2, pour 4 ans ; 27, pouro ans; 8, pour 6 ans ; 1, pour 7 ans; 1, pour 8 ans ; 8, à perpétuilé.

Pour celles qui ont été envoyées au Dépôt de mendicité, il n’y a rien à ajouter à ce que j'ai dit BACS demment.

Mais, dans la statistique de toutà l'heure, j’ai mentionné 254 filles rayées comnre ayant été reprises par leurs parents, qui, en s’en charzeant, promirent de pourvoir à leur existence et se porterent garants de leur bonne conduite future. Voici quelques rensciognements complémentaires : «

Sur ces 251 prostituées rayées pour ce motif, 133 furent réclamées par la mère seule ; 72, par le père Seul; 22, par le péreet la mère collectivement; 11, PHAPAeUrS-IréreS; 0), par Jeurs: sœurs ; 5,-par une tante ; 2, par un oncle. Chacune de ces filles avait été inscrite sur les regisires de l'administration pendant le temps suivant : 2, de 1 à 6 mois; 37, plus de & mois ;: 116, de 4 à 2 ans; 55, de 2 à 8 ans: 9 furent rayées dans leur quatrième année d'inscription; 6, dans leur huitième ; 8, dans leur neuvième; 5, dans leur dixième. Il est à noter, en oulre, que, sur les 295 dont la radiation fut demandée soit par leur père, soit par leur mere isolément, plus dela moitiéétaient de Paris et demeuraient, pendant tout le temps qu'el les resterent sur les registres des prostituées, dans les maisons habitées par leurs parents; ce qui rend non pas évident, mais probable, que ces derniers tiraient parti du désordre de leurs enfants, AS

Je n’ai que de tres courtes observations à faire sur les prostituées qui furent rayées à la sollicitation de gens riches, vivant avec elles marilalement. De ces 101 individus qui avaient pris ces femmes pour maitresses et qui déclarerent pourvoir à leur existence et veiller sur elles, il faut en retrancher 54 sur lesquels je n’ai pu avoir de renseignements ; les 47 autres se subdivisent ainsi: 16 Français, sinples particuliers

& SORT “DÉFINITIP

fort riches, 8 riches Anglais, 7-riches Re 5

riches névociants français, 3 grands fabricants franais, 5 colonels de régiments, {courtier decommerce,

1 amiral russe, et 8 personnages occupant des places , élevées et dont les noms bien connus ne doivent pas.

paraître ici. Plusieurs de ces femmes suivirent à l’étranger les hommes qui seles étaientattachées : deux allérent en Amérique, trois en Angleterre, et une en

Russie.

Quant aux 28 femmes mariées qui furent reprises

par leur mari,je n’ai de renseignements que sur deux

d'entre elles, qui abandonnèrent de nouveau leur-

ménage pour recommencer leurmétier de prostituées Arrivons enfin aux 1,206 filles soumises qui, ne quittant pas Paris Clandestinement comme tant d’autres, se firentraveren prouvant qu’elles allaient s’éta- Dlir ailleurs et justifiérent, du moins au moment de leur départ, qu’elles renonçaient à la prostitution pour prendre une profession. honnête. Dans ce nombre, 152retournerent à leur ville natale ; 134 allèrent à

Rouen; 92, au Hâvre ; 87, à Orléans; 86, à Lille; 80, à:

Valenciennes ; 67. à Londres ; 54, à Bruxelles ; 22, à Lvon:: 17, à Metz: 11. à Calais: 6. aux Etats at d'Amérique ; 2, à Saint-Pétersbourg. Total : 810, ou les deux tiers. L'autre tiers s’est disséminé sur la sur-

face de la France, dans un si grand nombre de loca-

lités, qu’il est inutile d'en donnerici 16 détail ; disons cependant que, sauf quelques rares exceptions, ces filles radiées allèrent toutes dans des villes de fabrique et de garnison, et plus particulièrement dans nos

départements du nord et de lest. Voici enfin quelle . était la position de ces prostituées, lorsqu'elles effec-. ne ent leur départ: 424 appartenaient à des maisons.

de tolérance, et 882 étaient filles en carte. Dans ce

nombre total de 1,206, 11 n’y en avait ue 109 ras | de,

ue e terminerai par une statistique nan les

les publiques, qui furent rayées pendant la même

Se iode de temps, pour le motif de disparition pro- :

- Ds ae us

DÉS PROSTITULES : © DORE

longée, c’est-à-dire celles qui ne reparurent plus au Dispensaire et qui, ayant quitté leur domicile plus où moins clandestinement, furent considérées comme introuvables, après les recherches réglementaires des inspecteurs. On a compté ainsi 5,433 prostituées disparues sans autorisation ; dans ce nombre, 3,307 restérent à jamais introuvables, ou, pour mieux dire.on n'eut jamais occasion de les ressaisir, ce qui permet . de croire qu'elles avaient quitté Paris, et les 2,125 autres, étant demeurées ou revenues dans la capitale, se firent reprendre, après un tenips plus ou moins long, en flagrant délit de prostitu'ion clandestine, ée qui amena leur réinscription d'office, avec punition.

Parmi ces 2,126 rossaisies, 1,415 furent reprises dans l’année même où elles avaient été rayées pour disparition ; 526, entre douze mois et deux ans après leur radiation ; 125. dans la troisième année qui suivit leur radiation ; 48, dans la quatrième année ; 3, dans la cinquième ; 4, dans la sixième; 8, dans la septième; 2, dans la huitième. |

D'après l'opinion des employés du Bureau des

Mœurs, les prostituées qui disparaissent ainsi sont, en général, des femmes qui retrouvent un ouvrier, qui fut leur premier amant, et qui s’attachent de nouveau à lui, quoique son abandon ait été la cause prin- Cipale de leur déchéance; c'est cet ouvrier qui avait’. entraine cette femme à Paris; quand le hasard les a remis en présence, ils se pardonnent leurs torts réciproques et dés lors nese quittent plus de longtemps. Ce cas est très fréquent : l'analyse d'un assez gran nombre de pièces légalisées par des autorités locales, - et retrouvées en possession de ces filles, m’a donné la preuve que plusieurs font de cette facon le tour de France, qu’elles pénètrent jusquedans les pays étrangers, séjournant tantôt dans une localité, tantôt dans une autre; pendant un temps plus où moins long, et. le plus. ordinairement proportionné aux ressources -qwelles y trouvent. | Enfin, des renseignements multiples et précis, pui-

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sés dans les archives de la Préfecture, m'ont démontré qu'un nombre relativement considérable de prosti- tuées de la classe la plus infime, et comptées parmi

les filles à jamais disparues de Paris, se livrent à la mendicité en province et font partie de ces. troupes vagabondes qui errent dans les campagnes, qui vont de village en village, ct sont, non sans raison, pour les habitants des fermes et des demeures isolées. une charge ruineuse aussi bien qu’un sujet permanent d'inquiétude et DURE

Les MAIsoNs De RertG". t définilif des prostituées, il ine paraît utile de parler tout spécialement de ces maisons destinées à offrir une retraite aux filles publiques qui, touchées de repentir et mues par des sentiments religieux, voudraient réparer leurs scandales passés en finissant leurs jours dans le travail et les exercices d’une vie pénitente.

Ces maisons appartiennent à diverses congrégations, et voici les trois plus renommées: l’ordre de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, dont la mai-

son-mère est à Angers; les Sœurs de Saint Thomas:

de Villeneuve, qui ont à Paris une maison de refuge ; les Dames Blanches ou Sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge, qui reçoivent également à Paris les

filles repenties, mais à lamaison même qui estle siège.

central de leur ordre et qui est connue sous le nom de couvent Saint-Michel (1). Or, il est bon de dire que

(1) L'ordre religieux de Not e-Uame de Charité du Bon-Pasteur est une congr ‘gation fondée en 1329 (maison-mèêre à Angers, 2, rue Brault), et dont les principaux couvents, en dehors du Maineet-Loire, son’ situés: à Charenton-Conflans, près de Paris ; à Arles ; à Bastia ; à Amiens ; à Angoulême {faubourg L’Houmeau); à Arras et Saint-Omer; à Avignon; à Pau; à Bourges; à Lille, à Cambrai, à Loos, à Marcq-eu-Barœal:; à Chambéry ; à Toulon : à Saint-Martin-d'Hères (diocèse de Grenoble); à Lyon-Point-du- Jour, et à Ecully, près de Lyon ; à Moulins ; à Nancy; à Nice; à Orléans ; 2} Perpignan ; à Poitiers : au Puy; à Reims ; à Dôle- en- Jura ; à Sens; à Troyes : à Annonay.

Cest À cot ordre cf appartient le couvent de Nancy, dont la supérieure s'est attirée, de Ja puit de l'évêque de ce diocèse, Mer

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DES PRO-TITUÉES | 329

tous les couvents de ce genre, qu'ils dépendent ou non de la congrégation dont la supérieure générale

Lurinsz, les plus graves reproches, dans une lettre du 51 mars 189%. Gomme un grand nombre de couvents de ce genre, le Bon- Pasteur de Nancy a ceux catégories distinctes de pensionnaires : d’une part, des jeunes filles, appelées prés rvées, et d'autre part, des anciennes prostituées, qualifiées de r:penties. Mor Turinaz déclarait que les préservées 6taient indignement exploitées parles religieuses. Parlant de ces jeunes filles, il écrivait: « Au Bon- Pasterr de Nancy, on ne leur donne rien, mê ne après qu’elles ont travaillé et gagné beaucoup d'argent à 11 maison pendant cinq, dix, vingt ans : cnles met à la porte sans ressourc5s, sans S’OCCuper de leur lrouver une plac . Ces jeunes filles, parint lesquelles 1} en est qui n’ont point de parents ou qui ont des parents incapables de les aider et de les diriger, sont livrées à tous les périls, à toutes les séductions, dès le moment da leur sortie et plus tard. Parmi les soixante jeunc3 filles que ces religieuses ont renvoyces depuis une anne, toutes (à l'exception de deux ou trois auxquelles on a donné un peu d'argent à cause de mes réclamations et de mes pro‘eslalions) ont été renvoyées dans ces conditions. Il en est auxquelles j'ai dû donner des secours et qui m'ont déclaré qu'on cherchait à les entrainer dans des maisons de prostitution. J'ai proies 6 auprès de la Supérieure générale » Et plis lo n, le prélat ajoutait dans sa lettre inlignée : « Il va là, au print de vue de la perte presque fata e d: ces je ines filles, d s crimes qui crient vengeance. Les religieuses n'ont d'autre but que de gagner de l’arg nt En rendant la sortie de ces jeunes filles plus difficile, en ne leur donnant rien quand elles veulent sortir, elles peuvent garder longtemps et même toujours les .lus habiles, et sp ec ler sur lenr habileté et leur travail. Porri les travaux de broder e, il est des draps de lit et linges personnes, chemises, ete. qui sont d'un tel luxe et d’un tel prix, et d’une telle facture et d’un: telle forme, que, d’après des damcs très respectables que j'ai interrogées, ces draps et ces linges ne peuventservir qu'à des courtisanes: aucune femime honnête, parmi les plus riches, les plrs élégantes et les plus mondaines, ne se sert de draps de lit et de linge de ce genre. Quelqu'un a fait à la Supérieure locale des observations sur ces travaux; elle a répondu: «Ce sontles travaux sur lesquels nous gagnons le plus », et elle n’a tenu aucun compte +e Pobservation .. Je suis porlé à croise que ce qui se pas-e ici se passe, dans une mesure plus ou moins large dans un grand nombre de maisons de celte congrégation, peut-être dans toutes; car, si la maison «le Nancy faisait exception, la Provinciale et la Supérieure générale auraicnt été indignées et-aurai. nt pris immédialement sans attendre mes réclamations, tous les moyens de rappeler à l’ord'e la maison de Nancy. Si elles résistent à toutes les instanc-s, c’est qu'elles approuvent tout ce qui se fait ici. » La conzrévation des Sœurs da Saint-Thomas d2 V Ileneuve,. fondée en 1658 en Bretagne, a eu son siège central transportéplus tard à Paris, où sa maison-mèére est à la rue de Sèvres, 27. Cet. ordre possède soixante-dix-huit établissements en France, dont vinst-nouf forment une branche détachée en 18014 et dite de Notre-

réside à Angers sont indistinctement appeléspar le

public d’un même nom, qui est celui-ci: Ze Bon Pas-

Leur. LS

. Dame de Grâce, avec sa Supérieure générale à Aix-en-Provence.

Cette congrégation a surtout des pensionnats, des écoles, ouencore dessert des hôpitaux, des maïsons de retraite de vieillards. C’est par exception qu'elle a deux refuges de filles repenties: un Bon- Pasteur, à Paris, rue Denfert-Rochereau,71l:et à Aix-en-Provence,

Quant aux Sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge, ou Da-

un refug: nommé La Miséricorde, dans la paroisse Saint-Sauveur.

mes de Saint-Michel, autrement.dites encore les « Dames Blan-

ches », leur congrégation, dont la maison-mère est à Paris,remonte au dix-septiéme siècle. Get ordre a ét5 fondé, en effet, en 1651, parle R P. Jean Eudes, frère de l'historien Eudes de Mézeray ; <e rel'gienx, qui avait appartenu d’abord à la congrégation de POratoire, s’en était séparé pour créer en 163 la congrégation de Jésus et Marie ou societé des Eudistes. Les Dames deSaint-Michel

sont donc, pour les Eund'stes, ce que les Dominicaines sont pour.

les Dominicains, les Binédictines pour les B ‘nédictins, ete; elles reçoivent les prostituées repenties de Paris dans leur couvent de Ja rue Saint Jacques, 193, maison qui a été destinée, depuis sa fondation, à recueillir les femmes et filles déréglées, enfermées à la demande de leurs parents où venues volontairement, et autrefois mises là fort souvent pat lettre de cachet. Ce couvent a, d'ail leurs, gardé son air d’ancienne prison.

Les autres couvents de cette congrégation, affectés à 11 même destination que celui de Paris, sont au nombre de trente-un, dont lix-sept en France, situés dans les villes suivantes : à Besançon :

à Blois; à Caen, premier monastère fondé par Jean Eudes pour

les proslitates repentantes fe: couvent est ie berceau de lerdre : il a été érigé canoniquement le 8 février 1651; son personnel est aujourd’hui de 450 personnes, y compris les religieuses) ; à Lyon, au quartier Saint-Irénée ; au Mans; à Marseille, 153, boulevard Baiïlle, avec un deuxième couvent à la campagne, sur la colline du

Cabot; à Montauban; à Nantes (ces religieuses ont, en outre, un

pensionnat à Saint-Nazaire); à Rennes, où on les appelle les Dames de Saint-Cyr; à La Rochelle; à Saint-Brieuc, couveit de Montbareil; à Toslouse, au faubourg Saiat-Michel; à Tours, petit couvent de La Riche; à Valence, où on les appelle aussi les Dames du Sacré-Cœur; à Valognes, dans la Mauche; et à Versailles, 18, rue du Refuge, couvent fondé Le 2 jui:1:t 1804. Se Les couvents que ces religiauses francaise : ont établis à l'étranger, avec le concours des Pères Eudistes,: sont au nombre de quatre dans le royaume britannique (Bartestree et Waterlooville, en Angleterre, et Dublin et Glocester, ea Irlande); un à Lorette,

en [talie ; un à Salzbourg, en Autriche; un à Bilbao, en Espagne;

‘trois au Canada (Ottawa, Toronto et New-Westminsier}), et quatre:

aux États-Unis d'Amérique (Buffalo, Pittsbourg, Green-Bay ét

Portland de l’'Orégon), se | | Nous avons dit que leur grand refuge:de Paris, le Bon-Pasteur

des Dames-Blanches de Saint-Michel, est situé rue Saint-Jacques,

SR

l'entrée de leur couvent particulier à ce même numéro 195

De RÉ ETPESEUTR

Ka classe des prostituées qui changent de vie à ce point, subitement et presque sans transition. offre à l'observateur la-matitre de quelques recherches dont

le résultat mérite d’être noté. |

Pôres Eudis'es avaient -et tes

mauvaises langues ne manqaient pas de plaisan'ersur le compte de ces moines dont le monasléreélaitcn:l s-dans les mêmeèsmurs que l'asile servant de retraite aux prostitufe: converties. C'est pourquoi les Eudistes s'installèrent rue des Fossés-Saint- Jacques 23, dans la maison qui était oecupéc en 1886 par l'ins itution Delavigne:; mais, au bout de quelque temps, les mauvaises langues recommencérent leurs critia: es, et les bons révérends devinrent

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