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Les secondes provienneat des écrivains qui s
sont institués les soutiens des théories de non-
intervention enraatièrede prostitution. Ceus-li
enlendent qu'on compare le nombre des insou-
mises reconnues malades, non pas à celui dea
ÎDSOumises visitées, mais à un nombre hypothé-
tique donné comme lo chiffre total des femmes
de cette catégorie, en circulation h Paris. C'est
le cas de M. Yves Guyot, et après lui M. le doc-
REGIME ADMIMISTRATIP
leur Fiaus, qui flxeut arbitrairement, d'après l'autorité plus que contestable de M. Lecour, le nombre des insoumises à 30,001), et ont établi leur rapport sur ce chiffre considéré comme uoc moyenne constante.
Examinons tour à tour ces deux ordres d'objections.
Visites sanitaires. — Pour établir une relation entre deux nombres, il faut nécessairement qu'ils représentent des quantités de même espèce.
Or, si comme le veulent, et le docteur Clerc, médecin du Dispensaire de Paris, et le docteur Yseux, rapporteur du projet de réglementation de la prostitution à Bruxelles, ou compare les visites faites ans filles inscrites et celles faites aux filles insoumises arrêtées, on contrevient absolument à cette règle.
Dans le premier cas, en effet, le nombre cité correspond à celui des prostituées soumises, multiplié par le chiffre des examens qu'elles ont subis de la part des médecins dn Dispensaire. C'est-à-dire que si, par exemple, le nombre des filles inscrites est de 100, et le nombre des visites de 2 par mois, on aura pour résultat 2,400.
Dans le second, celui des filles insoumises, le nombre des visites et celui des personnes
LA RÉGLEMENTATION SANITAlEtE 8S
[se confondent. Si le chilTi'C des arrestations de 100, celui des visites sera également
D'une part, on a donc une quantité arbitraire- Vment variable, suivant la plus ou moins grande rfréijuence des opérations du Dispensaire. De I l'autre, une quantité fixe.
Pour obtenir des termes comparables, il fan- I drait donc, si on prenait pour base le nombre des r visites sanitaires faites dans l'année aux filles soumises, le diviser par i4, 52 ou 104, suivant que le règlement prescrit une visite par quinzaine, comme pour les Illles isolées deParis, une visite Lpar semaine, comme pour les filles de maison de lia même ville, ou deux visites par semaine, [Comme à Bruxelles- Ce qui revient à peu de chose près à la méllhode, infiniment plus simple et plus logique, Ique j'ai adoptée, et qui consiste à comparer l'un lavec l'autre, non le cbiffrc dos examens, mais le F chiffre des femmes examinées de l'une et l'autre catégorie.
Cette remarque, M. Yves Giiyot l'a faite devant nous, lorsqu'il a été appelé à contrôler ties résultats du rapport de 1S7!) du doiiLeur ^Clerc :
1 II y aurait, écrit-il, un moyen bien plus ■«impie de réduire la proportion des malades Iparmi les filles inscrites : ce serait de doubler le
nombre des visites; on peut continuer ainsi, de sorte qu'on arrivera à un chiffre lioméopaLhique, contre lequel protesteront cependant les salles pleines de Saiut-Lazare (li, n
Mais, M. Yves Guyot, après avoir critiqué avec autant de bon sens une méthode qui ne se soutient pas, a commis exactement la même faute lorsqu'il s'est agi d'établir la proportion des malades parmi les fllies insoumises.
En effet, au lieu de conclure comme nous, que du moment que sur le nombre de Jemmes de cette catégorie, examinées au Dispensaire, oa trouvait une proportion déterminée de malades, cette proportion était, suivant toutes les probabilités, celle des vénériennes parmi la totalité des fille?, qui, sans contrôle d'aucune sorte, sans garanties sanitaires, se livraient à l'exercice de la prostitution clandestine, M. Yves Guyot a justement fait ce qu'il reprochait au docteur Clerc. Il a exagéré arbitrairement un des termes de la proportion pour diminuer l'autre.
Le docteur Fiaux, qui a repris les études de M. Yves Guyot, a procédé de même et voici son explication :
« Il e;t bien évident, dit-il, que quand on veut savoir si les insoumises sont plus ou moins dangereuses que les inscrites, il faut prendre le
(IJ YvesOuyot. La Prostiluti
chiffre lolal de chacune de ces deux classes, et rapprocher de l'un el de l'autre le chiffre des maladies constatées chez les insoumises et chez les inscrites, ou, ce qui revient au même, le chiffre des malades contaminées par celles-ci et par celles-là ».
Or c'est ce que MM. Lacour et Mauriac ont omis de faire; ils élahlissent lem' proportionnalité d'après lechiffre des insoumises arrêtées SàRS rappeler un seul instant, leur chiffre réel, ce Lfihiffre que M, Lecour a lui-môme flsé approximativement 130,000 (1). B
N0«BHE DES FILLBS INSOUMISES IIECONNDES MA- NDES. — Ce à quoi paraissent n'avoir songé, ni . Yves Guyot, ni M. Fiaux, c'est que tandis bue la lolaliti? — ou à peu de chose près — des ^lles inscrites est soumise à des examens sani- ! dont le Dispensaire fournit les résultats, me partie seulement des filles insoumises subit visites, et que c'est en fonction de ce nombre partiel qu'on doit calculer le rapport cherché. S'il en était autrement, si l'on opô- ^rait comme ils l'ont fait, il faudrait admettre, ,nt toute chose, que la totalité des vénériennes se trouvaient parmi les arrêtées, et que Bans le reste des insoumises, qui ont échappé
1) Fiaux. Rapport présenté au nom de la Coiimmion sp''iale de la police des mœuix, p. 61.
aux recherches de la police, pas uce seule n'était malade. Cette remarque suffit k juger la valeur du procédé (i).
Ce qui a sans doute été cause de l'erreur de MM. Yves Guyot et Fiaux, c'est la méthode, non moins inexacte, qu'ont employée MM. Mauriac et Dîday, pour établir la proportion bien plus grande des chances de contagion, chez les filles insoumises, que chez les filles soumises. D'après leurs observations cliniques, ces deux médecins ont établi des tableaux, où ils déclarent que tant d'individus ont contracté la maladie qui les amenait à l'hôpital avec des Slles insoumises. Et ils en concluent à une énorme différence à la charge de ces dernières.
Or, et en admettant, ce qui est difiicile, que les malades interrogés par MM. Mauriac et Diday aient connu l'origine exacte de leur mal, il resterait encore à avoir le chiffre exact des insoumises à Paris et à Lyon. J'ai établi plus haut que cela était tout à fait impossible. MM. Guyot et Fiaux, qui prennent au sérieux les renseignements de Lecour, n'ont pas étégônés pour si peu. lis ont carrément admis le chiffre de 30,000.
(1) Il y H même de fortts raisons de croire que parmi les liUeB iIKes insoumises qui parvienuent ii se soustrsire b toute recherche, se rencontre le plus grand nombre des filles Eoumisca disparues pour cause de sautÉ, ce qui augmenterait encore la proportion des vèuériennes de celte catégorie.
LA REr,LEMEKTAT10N SAKITAIRË
JS'ils avaient ét6 un peu plus loin, et qu'ils aient laecepté ceini de 130,000 donniî par M. Maxime Idu Camp, ils auraient obtenu un résultat encore riien plus favorable à leur thèse, et trouvé qneles ' Ténéricnnes insoumises étaient en nombre infinitésimal. L'art de grouper les chiffres, lorsqu'il n'a pas pour règle la raison, aboutitàde pareilles I conséquences.
Les observations faites dans les grandes villes fconSrment dn reste absolument celles dn dispen- Ifiaire de Paris. A. Lyon le docteur Garin et le [.docteur Chiava, à Marseille le docteur Mirenr, à ■Bordeaux le docteur J, Jeanne!, ont tous constaté lia proportion plus considérable des cas de malardies parmi les iosouraises que parmi les filles linserites. A Bruxelles, le rapport du bourgmestre ■-annexé au budget de 1885 donne la proportion de liô malades sur -ij prostituées clandestines exafiniiiées, soit 30 pour 100.
En Angleterre môme, où la visite obligatoire a ■été abolie dans les districts protégés, à la auite de l'adoption d'un ordre du jour présenté aux Communes le 20 avril 188.Î par M. Stansfield, les résultats sanitaires de la réglementation de la prosn n'ont pas été niés complètement par ijes abolitionnistes les plus ardents. L'enquête a précédé ce débat a duré trois ans, et tan- Jia que la majorité de la Commission approusans réserve les « Contagions Diseascs
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91) RÉGIME ADHINIBTRATIF
Acts [1) », et en demandait lemainlien, la minorilé dont M. Stansfield était le rapporteur se voyait forcée d'enregistrer comme acquis des faits qui confirment absolument ceux observés à Paris et dans les villes que nous venons de citer.
C'est ainsi que le rapport de la minorité avoue a qu'une réduction d'afîections primaires non constilnlionnelles a été effectuée dansies stations soumises aux actes, mais que celte diminution, bien que supérieure à la diminution actuelle dans l'ensemble des slalions non pi-otégées, n'a pas excédé la moyenne de réduction dans ces mêmes stations, avant l'application desdits actes » (2).
Et M. Stansfield d'ajouter qu'en J867, année qui a suivi l'application du premier des Acts, la pi'oportion des udmisfions dans les hôpitaux, pour les alfeclions primaires, a été de 91 pour i,OÛÛ hommes dans les districts protégés.
En 1877, ce chiffre de 91 se réduit à 35.
Dansies districts non protégés, la proportion, qui était de 101 pour 1 ,000 hommes en 1867, aélé en 1877 de 68.
D'après la déposition de sir William Muir, chef du département médical de l'armée, le gain
(1) Un élirait aussi cotuplcl que possible des Âels far Ihe beitcr prévention of confagious Diseaies, a. Été publia par le D' T. fiartlHUemy daus son livre : Si/p/iilis et sanU pum<jue. Paris, 1890.
(2) Bulletin continental, 15 mai 1883, p. MSI.
obtenu sur les pertes de service dans l'arniée>i( dues aux maladies vénériennes a été, de 1870 i 1878, de 5,38 pour 1,000 dans les disLricls pro- \ légës.
Pour les aifections secondaires, et selon les témoignages reçus par la Commission d'enquête, la proportion des admissions à l'hùpital, quiétaiti de -27,66 par 1 ,000 hommes eu 18G6, est tombée à 26,61 en 1878. L'ancien chirurgien-major Law- | son, " homme d'une habileté consommée », dit
. Stansfield, témoigne que pendant les six premières années d'application des actes (1867-1872) la proportion des cas d'admission à l'hôpital pour affeclioas constitutionnelles a été de 24,6 par ■ 1,000 hommes. Dans les six années suivantes 1 (1873 à 1878] laproportion tombait à 22,6.
r, dans les stations libres, la proportion, qui était de 29,2 pendant la première période, montait pendant lasecondeà 30,2 pour 1,000.
Il y a là de quoi donnera rciléchir, surtout ai 1 l'on remarque que la constatation de ces faits I émane du leader de « la Fédération continentale pour l'abolition de la prostitution réglementée i> el du plus ardent adversaire de toutes garanties légales contre la contagion vénérienne.
Ces faits concordent, du resie, avec ceux ■cités par le docteur J. Jeannel, relativement ;.à l'état sanitaire de l'armée anglaise :
« Les garnisons anglaises, où les prostituées
fl2 ItKGlME ADMlfilSTRATIF
ne sont point soumises ans visites sanitaires, écrit-il, ont continuellenient a l'hôpital, pour cause de syphilis, 9,16 pour 1,000 hommes.
'( Les garnisons anglaises où les prostituées sont soumises aux visites sanitaires ont continuellement à l'hôpital, pour canse de syphilis, 4,49 pour 1,000 hommes (1).
A Buda-Pesth, où la réglementation de la prostitution a été instituée tout récemment, la visite ohligatoîre a eu également pour conséquence une immédiate réduction dans le nombre des maladies vénériennes. C'est ainsi que le chiffre des maladies constatées, qui était de 4,010 en 1885, est tomhé a 3,'r21 en 1886 (S).
Mais je viens de recevoir un document encore plus important et dont la signification me semble assez éloquente pour faire taire tous les arguments des obolitJonnisles. J'ai dit que, par un vote du Parlement anglais, la visite obligatoire a été supprimée dans les quatorze stations protégées.
L'effet de l'abrogation des Conlagious Diseases acts n'a pas tardé à, se manifester, La statistique établie par le War Office, et qui est datée du 2 juin 1889, prouve que la syphilis secondaire,
(1) D' J. Jeannel. Nouvelles éludes sur la proslitulion. ^Annales d'hygiène publique, ISia, l, XLIII,p. a29.)
l^) Voir aux pi^es aaueics le rapport sur le R'giiiie dt la proslilulhn à Budapest/i.
LA RÉGLEHEKTATION SAKITAIRR
Joiu de diminuer depuis le mois de mai 1885, où les visites des femmes ont été suspendues, a au contraire presque doublé parmi les soldats des garoisons des anciennes villes protégées.
La proportion totale des soldais sypliilitiques dansles U stations était de 27 pourmille en 188 1 : en 1888 elle s'est élevée à 42. De 1881 à 1885 les chiIfresontété97, 22,25, 25 et 26: en 1886, la proportion monte à 32 pour 1000; elle est à 45 en 1887 età42enl888.
Si l'on examiue le chiffre proporlionnel des
Ksyphililiijues dans chaque station séparément,
a voit qu'à Ucvonport et à Plymoulh il s'élève
21 en 1884, à39 en 1885, 51 en 1886, 49 en 1897
|et4len 1888.
APortsmouthon a ; en 1884,20; en 1885, 15; ^■en 1386,4?; en 1887, 72; en 1888, 59.
A Chalham, Sheernesa et Gravesend, la pro- ■.BOrtion s'élève de 22 en 1884 à 41 en 1888.
A Wooiwich on trouve : en 1884, 22 pour 1000 ; ien 1885, 28; on 188G, 39; en 1887, 49 et en 1888,
A Aldershot, les proportions respectives sont Kâe 1884 à 1888 : 34, 23, 30, 47 et 52.
AShornclifTclaproporlion s'est élevée de 18 4 à 70 en 1885, puis les années suivantes Belle a été de 38, 37 et 30.
AColchester, onanoté29 pour 1000 en 1884 et Ben 1888.
96 HEGIME ADMIKISTRATIF
pond un mouvemeDt iaverse dans le chiffre des allés inscrites.
Aussi pour la première période (décroissante), de 1872 à 1875, nous voyons que le nombre des consultants a diminué de 6,986, soit do 29,86 7". tandis que celui des iilles inscrites a augmenté de 303, soit 7, li"/».
Dans la deuxième période (croissante), de 1876 à 1882, les consultations augmentent do 21,515, soit de 131,14 "/o, et le nombre desfilles inscrites diminue de 1,706, soit de 37,5't °/o-
Dans 3a troisième période (décroissante) do 1883 à 1887, les consultations diminuent de 14,299, soit de 37,70 7„, et le nombre des filles inscrites augmente de 1,752, soit 61,71 ''/o' Ces mouvements sont du reste plus saisissants encore par le graphique qui résume le tableau précédent.
Cette coïncidence du mouvement d'augmenta tion des maladies vénériennes avec la diminution du nombre des lîlles astreintes aux visites sanitaires et au traitement obligatoire, a été mise en lumière i! ya buit ans, dans ses leçons de l'hôpital du Midi, par M. le docteur Chailes Mauriac. Je n'ai fait que compléter et qu'étendre ces rapprochements, mais, en opérant sur une série plus considérable d'années que lui, il m'a été donné de joindre deux périodes de décroissance h celle croissante qu'il avait observée, et de rencontrer la confirmation du fait qu'il avait remarqué, à
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HD. — La Ptostituiion. 7
savoir la corrélaLiou ÎDtime qui existe entre les oscillations dans la fréquence de ces maladies, et les modifications dans le nombre des prostituées inscrites (1), Il est à peine utile d'ajouter que les mômes augmentations et les mêmes diminutions se sont produites, et dans le nombre des ûlles soumises et dans celui des visites sanitaires. Le tableau suivant le prouve.
Visites sanitaires.
Sans doute l'augmentatioa ou la diminution dans le nombre des consultations à l'Hôpital du Midi correspond à un mouvement inverse daos
LA REGLEMENTATION SANITAIRE
le chiffre des fiiles inscrite s, mais ce n'est pas là l'unique cause de ces mouvements, et M. Charles
' Mauriac a été le premier à le reconnaître ;
Bans cette période quinquennale (1876-1881),
I écrit-il, les causes de l'augmentation des maladies Ténériennes et du chancre simple ont été:
: a. L'augmentation de la population parisienne ; b, l'alfiuence des ouvriers nécessitée par les travaux de l'Exposition univorselle et autres grandes constructions dans tous les quartiers de la ville ; — c, l'invasion de la Ville par les visiteurs de l'Exposition universelle de 1878 [1); — d, la diminution de la prostitution inscrite et l'augmentation toujours progressive de la prostitution clandestine; — e, les modifications survenues dans la surveillance et l'assainissement de la prostitution parisienne (2). »
(1| La statistique suivante des temtneB trouvées malades aprÈs l'Exposition de 1E67, confirme les observations de M. le D'Ctiarlcs Mauriac.
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(2) Charles Mauriac Leçons sur les maladies v \ SypMii primitive et syphilis secondaire, Paris, 1B83, p. 213.
fOO RÉene adso^istratif
M. le docteur Commenge, médecia en chef adjoint du Dispensaire, qui a étudié pour iiue période de dix années la proportion des malades parmi les flUes inscrites et les fiUes insoumises, arrive à des constalatioDS identiques. Malgré qiie nous fassions les pSus forraeSles réserves sur la méthode de calcul qu'il a employée, il n'en résuUe pas moins de ses observations que le chiffre des vénériennes parmi la seconde de ces catégories est coûsidérahlement plus élevé que parmi la première.
Les trois premières causes ont évidemment influé sur l'augmentation des maladies vénériennes, spécialement sur celle du chancre simple, réimporté à Paris parles ouvriers venus de province et surtout de l'étranger. Mais elles ne sauraient suffire à expliquer la pro portion énorme dans laquelle elles se sont accrues- Il ne paraît pas contestable que la diminuiion de la prostitution inscrite, c'est-à-dire des femmes soumises à des visites sanitaires périodiques, et astreintes à un traitement ohligatoire, n'ait été pour une part considérable dans ce fâcheux développement de ces affections contagieuses.
C'est du reste l'avis de tous les médecins hien placés pour étudier cette question. J'ai cité l'opinion de M, le docteur Charles Mauriac. Martineau est du même avis : « La contagion des maladies vénériennes par les flUes insoumises, dît-
LA REGLEHENTATION SANITAIRE
il, est cinq fois et demie pics considérable que parmi les iilles soumises. La coutagiou chaucreuse est quatre fois plus fréquente avec les prostituées libres qu'avec les prostituées inscrites. L'infection syphilitique est six foiset demie plus fréquente avec les premières qu'avec les secondeso [I).
Je ne veux pas multiplier par trop ces citations. La simple logique indique d'ailleurs que si, grâce aux visites sanitaires, on arrive à retirer de la circulation, pendant la période la plus dangereuse des maladies dont elles sont atteintes, environ l,50û prostituées chaque année, la santé publique ne peut qu'en recevoir un salutaire eilet, M. Fiaux, lui-même, s'est vu forcé de le reconnaître :
B II est bien évident, dil-il dans son rapport, que si par une mesure coercitive quelconque, internement à l'hôpital on emprisonnement, l'on empêche une femme atteinte de syphilis d'avoir des rapprochements sexuels, on soustrait les hommes qu'elle aurait reçus à uue contagion ijl peu prés certaine (2). »
n'ajouterai rien à cetle citation qui me paraît absolument topique, étant surtout donnés les ■sentiments bien connus de son auteur.
Pour me résumer, je constate :
[ (1) Martineau. Prostitution clandeslîiw, p. iSO. (8) D' FJsux. Kapport de ISS3, p. SS.
1" Que le nombre des maladies vénériennes constatées à Paris chez les fllles isolées, soumises aux visites sanitaires, est à celui des mêmes maladies reconnues ciiez les fllles insoumises comme 1 està2,33;
2" Que le nombre des cas de maladies vénériennes constatées chez les filles de maison est supérieur à celui des mômes affeclions reconnues chez les filles insoumises ;
3» Que le nombre de maladies vénériennes à Paris varie en proportion inverse du nombre des filles soumises aux prescriptions sanitaires.
Il me faut maintenant examiner si la réglementation en vigueur à Paris, en ce qui concerne la prostitution, s'est véritablement inspirée des intérêts hygiéniques, qui sont sa seule raison d'être, ou si, au contraire, dans nombre de cas, elle ne va pas à rencontre.
Toute prescription qui aurait pour résultat d'éloigner du Dispensaire de saluhrité lesfemmes qui font métier de prostitution, et de les empêcher d'accepter volontairement le traitement plus ou moins prolongé qu'exige leur état, est mauvaise, et doit être énergiquement condamnée.
C'est sur ce terrain queje me placerai pour examiner le fonctionnement du système actuel.