INFLUENCE DES PÉNALITÉS ADMINISTHATJVES
I prostitution, ces chiffres sont montés à 1,003, 1,11B, l,07ti, 1,024,1,406 (presque triplés) (1). « Nous avons du reste un aveu encore plus iraportant à recueillir, parce qu'il émane de M. le Préfet de police lui-même.
La Gommissioa sanitaire municipale ayant cru devoir poser à ce magistrat la question de savoir « si certaines punitions infligées aux filles inscrites pour des causes dont la gravité est discutable, ne sont pas pour beaucoup dans le chîflre »des disparues et dans celui des abstenantes aux TÎsites », en a reçu la réponse suivante :
« La visite sanitaire est une gêne pour les filles publiques, en ce sens qu'elles craignent toujours d'être retenues pour l'infirmerie. Aussi beaucoup d'entre elles s'y soustraient et dispa-
traissent. Il est certain que si l'Administration ne punissait que les manquements aux visites, les FILLES SERAIENT TOUTES EXACTES.
B Mais la Préfecture de police, si elle a à protéger la santé publique, doit également s'occuper du bon ordre et de la décence dans les rues et dans les maisons. Elle est obligée, par suite, pour donner satisfaction aux plaintes de la population, K dont un bon nombre lui parviennent par l'inter- Eédiaire des conseillers municipaux, de débar-
(1) D' Vibert. llajiport à ta Société de mi'decine pubtique \r la prosliluiion dans ses rapports avec la police médicale . t-lReime d'kijgiéne, i3S3, p. 929.]
R:ciiAiui. — LaProalilutloa. s
rasscr les poiuts encombrés, et de punir les filles qui, malgré les défenses, s'obstinent à y relonrner (1). n
Il ressort de celte réponse que, de l'aveu même de M. Gragnon : « si l'Admini si ration ne punissait que les manquements aux visites sanitaires, les filles seraient toutes exactes », et que les punitions infligées au nom de a l'ordre et de la décence publique » et la menace de a l'envoi à l'infirmerie de Saint-Lazare » sont les raisons maîtresses du grand nombre des disparues et des abstenantes.
C'est là une constatation qu'il faut retenir, parce qu'elle est de nature à singulièrement Faciliter la lâche que nous nous sommes imposée.
n. — Organisation du dispensaire.
L'organisation du Dispensaire de salubrité est assez connue pour qu'il soit inutile d'entrer ici dans le détail de son ronctionnement (2), Il nous suflira de rappeler qu'il est actuellement une annexe et une dépendance de la Préfecture de police, et se trouve placé sous l'autorité du chef du 2" bureau de la 1" division.
(i) Questionnaire adressé à M. le Prffet de police (H- ques-
(a) Voy. IteuB9,/a Prostitution au}ioinl de viiede l'hygiène et de l'administration en France et ii l'Hranger. Paris, 1889.
OneAHISATIDN DO DISPENSAIRE