SAINT- LAZARE
' première section, où elles sout moins duremuut traitées qu'à la seconde.
A l'infirmerie, le régime, pour être un peu meilleur, n'en est pas moins encore absolument I différent de celui qui convient à des malades. 1 La promiscuité la plus répugnante y rogne. M. le * Préfet de police affirme que " les fllles soumises occupent à l'infirmerie les salles du 1" étage. Les iusoumises occupent celles des 2° et 3" étages. Elles sont réparties dans chaque salle suivant L leur âge et autant que possible les mineures sont l.'Béparées des majeures (1) ». Cela n'est pas abso- ; lunient exact. J'ai trouvé dans les salles de l'infirmerie tous les ilges confondus. Les malades de la 3° section elles-mêmes y sont reçues, Cers filles syphilitiques, interrogées par nous, I n'avaient que 14 ou 15 ans, et étaient couchées à l^çôté de compagaes beaucoup plus âgées.
ufirmerii; n'a pas compris seulement des I prostituées, au moins jusqu'à ces deroiôics an- Vnée^, nous eu recueillons l'aveu d'un témoin non •suspect, M. le docteur Le Pileur, médecin de I Saint-Lazare.
Il Le couvent de Saint-Michel, écrit-il, possède, depuis 1874, un quartier affecté aus jeunes filles détenues par voie correctionnelle, ou sur la demande des parents. Ces jeunes filles sont envoyées
\ (1) Quesli
13S l'^XA^UEN DU RÈGLEMENT DE LA PROSTITUTION"
à Saint-Lazare quand elles sont reconnues alteinles d'ajfecUons uénérienites, de gale, ou quand elles sont enceintes (1).
Ce scandale a pris lin, et les jeunes délin- (juanles, autrefois confiées à la congrégation de Saint-Michel, sont actuellement dirigées but la colonie d'État laïque de Pouilleuse.
Ou voit que les pratiques des dames de Saint- Michel valaient celles des sœurs de la congrégation de Marie-Joseph, qui partagent avec les gardiens la surveillance de Saint-Lazare. Si la pi'ésenee de ces fenimes est déplacée, c'est assurément là. Les tourments matériels et moraux qu'elles imposent aux détenues, et tout spécialement aux fllles Houmises et insoumises, ont inspiré des réflexions indignées à Pareot-Duchatelet (3), qui était pom-tant un catholique pratiquant. Elles ne se sont guère améliorées depuis que la réaction cléricale les a réinstallées, en 1850, dans cette prison, d'où les avait chassées la monarchie de Juillet.
Ajoutons pour mémoire que les fllles malades ou non sont astreintes aux exercices du culte. Le règlement est lormel à cet égard (3).
(i) Lepileur, Annales d'hj/gifne puMqur: et ite médecine Ipgale, 3* série, t. XII, p. 411.
(2) Parent-Diichatelet, De la proitituliort dans la ville de Paris. Paris I83fi; 3- ÉJilioii IBSÏ.
(a) Dcui services religicui Miitcêlibris, chaque dimancbe, dsDa la chapelle <le la maison, I'ud à huit heures psup la