‹ La prostitution à ParisChapitre 4 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES UALAD

VENERIENNES

s Maliitiss vénériennes 9. Paris.

Les élémeuls d'uue stalistique, même approximative, des affections connues sous le nom [généri(jue de a maladies vénériennes » offrent tâe telles difflcuUés à être réunis, qu'on peut confflidérer comme presque impossible son étahlisse- Les seuls renseignements exacts gu'on Ipuisse obtenir sont : le nomtire des malades traia dans les hôpitaux spéciaux de Paris, et celui ^es consultations externes dans les mêmes étapliasemeuts, auxquels on peut ajouter le chiffre Beafliles reconnues malades et envoyées en Irai-

14 LES UAUDIES VÉNÉRIENNES

iGiueot, à l'infirmerie de Saint-Lazare, par le Dispensaire de salubrité.

Pour les autres hôpitimx généraux, bien qu'un certain nombre de vénériens y soient admis chaque année, ce n'est qu'à titre de pure tolérance, et le plus souvent la nature de l'affection dont ils sont atteints n'est même pas indiquée sur les feuilles de statistique adressée^ à l'Administration. M. le docteur Bourneville en a donné la raison à la Commission spéciale de la police des mœurs (I) : l'Administration refuse tout secours aux malades, à leur sortie de l'hôpital, s'il est constaté sur leurs pancartes qu'ils sont atteints de maladies vénériennes. Le fuit n'u pas été contesté et ne pouvait l'être. De IJ, l'obligalionpour les internes qui, obéissant a un senliment d'huniaiiîté ou au désir de conserver dans leur service des sujets d'étude intéressants, de remplacer sur les pancartes la mention de l'affection dont sont atteints les malades par une désignation iuexacte,

La même incertitude rèyiie quant aux consultations externes des hôpitaux généraux, où cependant se rendent chaque année un nombre considérable de vénériens, sur lequel les statistiques hospitalières sont muettes.

(I) Prûuèa-VErbflux autographiÉs de la CoaimiBsion spédale de la police îles mœur*, séance du 2i février 1B79, p. SB.

HOUVEVENT DES HALADIES TÉNÉHIEHHES 15

Mais ces causes d'igoorance ne sont rien à côté de ceîleB qui résultent des préjugés encore dominants dans une grande partie de ia population, eu ce qui concerne lesafTectioDS vénériennes. Nulle part les dissimulations ne sont aussi fréquentes. Beaucoup de gens n'osent môme pas, lorsqu'ils en sont atteints, s'adressera leur médecin habituel et vont réclamer les soins, soil d'un spécialiste plus ou moins autorisé, soil de pharmaciens qui ne craignent point d'assumerla responsabilité d'un traitement tout-à-fait empirique, et le plus souvent illusoire, de maladies qui peuvent avoir les plus graves conséquences dans l'avenir.

Comment, dans de semblables conditions, espérer obtenir le chiffre, même très relatif, du nombre des vénériens traités à domicile ? Il serait téméraire de l'essayer et si plus loin je mentionne, sur quelques-uns de ces points obscurs, Topinion émise par certains auteurs, ce ne sera évidemment qu'à titre de simples probabilités.

Mais si la statistique est impuissante à fournir un résultat, quant au chiffre absolu des vénériens, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit des mouvements d'augmentation ou de diminution qui peuvent se produire dans leur nombre.

Or, c'est justement là ce qu'il importe de rechercher et de connaître. Et ici j'ai des éléments plus que suffisants d'information, et dans

LEi MALADIES VENERIENNES

les travaux des éminenta praticiens qui se sont occupés de cette grave question, et dans lesj statistiques fournies par l'adminislralion de l'Assistance publique.

Il est en effet hors de conteste que si la clien-' tèle des liôpitaux spéciaux — Midi, Lourcine, Saint-Louis — où viennent affluer les vénériens, augmente ou diminue, non-seulement pendant une année, mais pendant une période plus ou moins longue, on peut logiquement en conclure que cette diminution ou cette augmentation cor-i respond à un mouvement semblable dans lai totalité de la population vénérienne de Paris. i

D'autant que, dans les observations auxquelles ■ j'aurai par la suite à me reporter, la base de comparaison est, non-seulement le nombre des malades entrés et traités dans ces hôpitaux, nombre nécessairement limité à celui des lits, et par conséquent peu susceptible de variations d'une certaine amplitude, mais surtout celui des con-* sultations externes. C'est ce qu'a fait très justement remarquer, dans une de ses leçons, M. le. L' Charles Mauriac :

On m'objectera peul-ôtre, écrit-il, que le' chiffre des consultations dans un hôpilaj ne peut pas donner la mesure exacte de la diminution ou de l'augmentation des maladies ; qu'il y a d'autres éléments dont il faudrait tenir compte. SanS' doute que si on pouvait supputer aussi la clien-

SIOUVEHKNT DES MALADIES VÈMiniESNES

tèle civile, on aurait une base plus large de stalislique, et par conséquent des résultais plus probants. Mais ces résultats resteraient toujours lesmémea, et ne seraient certainement pas niodiûés dans une grande mesure. Est-ce que quand les hôpitaux affectés aux maladies communes regorgent de malades, il n'y en a pas également un grand nombre dans la pratique civile? D'un autre côté, si on vous disait : Dans tel hôpital ou dans tous les hôpitaux de Paris, le nombre des consultants, depuis cinq ans, a plus que doublé, et cetle augmentation, loin de diminuer, s'accroît tous les ans, qu'en concluriez-voua? C'est que l'état sanitaire d'une partie ou de la totalité de la ville est devenu mauvais, qu'il a été vicié d'une façon permanente, et qu'un pareil état de choses n'est pas resté confiné dans une classe restreinte de la population, mais s'est généralisé et a étendu son action partout, de bas en haut, sur tout le monde, peut-être à des degrés inégaux, mais assez cependant pour qu'on puisse dire : toute la ville est devenue malsaine, s (1)

Si l'on ajoute que les chitfres que j'ai pu lecueillir conceruent noa-seulement l'hôpital du Midi, mais aussi ëgalemeut Lourcine et Saintlouis, c'est-à-dire l'ensemble des établissements

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