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l'HosTiTUTioN CLANDESTINE, — Jusqu'au moîs de mai <885, les fljles inscrites qui contrevenaient aux r&g'emeali étaient exclusivement soumises, quant ù la répression, à la juridiction adminislralivc. Un Ibnclionnaire de la po-
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lice délégué à cet eUet citait dans bod bureau la cootre- Tenante, ou la faisait amener wtanu mîUliiri, et, après avoir consulté le procès-verbal et écoulé d'une part l'agent, et d'autre part l'ioculpée, prononçait une peine Tarianl de douze heures k quinze jours de prison.
En CBS de récidive, la fille qui n'était pas originaire de Vienne pouvait Etre renvoyée dans son pays de brigade en brigade.
Depuis i8t(3, le Kcichsrath a voté une loi spéciale pour la répression du vagabondage, dont le but est nnalogu'? k celui que poursuivit le législateur francaii avec la loi des récidivistes. En vertu du nouveau ° Vagabundni Gesetz » les aena sans aveu des deux sexes peuvent être détenus à l'issue de leur condamnation dans une niainun de con'ection et de travail forcé, jusqu'à ce qu'une corumission ad hoc décide qu'ils peuvent èlrc rendus H la liberté sans péril pour la société. Cependant cette détention ne peut en aucun cas se prolonger au-dclh du terme do trois ans.
Or, les filles publiques inscrites ou non tombent sous le coup de cetic loi.
D'après nos renaeigneinents, la police l'interprète de cette façon que la filtc inscrite qui exerce son métier sans scandale et qui observe les règlements sanilaîrcs ne doit pas être inquiétée. A la première contravention commise par la fille, surtout lorsqu'il ne s'agit que d'un manquement k la visite, ou de la fréquentation d'endroits prohibés, le fonctionnaire de la police lui inflige comme auparavant une peine de queiq les jours de prison; ce n'est qu'en cas de récidive qu'elle est traduite devant les tribunaux qui peuvent la condamner jusqu'à trois mois de prison — sans préjudice de la détention dans un établissement corriîctionnel.
Il faut croire que la menace de cette peine draco-
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nicnne a exercé sur les Bllea une salulaire influence, car il apperi de la slalistîque que le nombre des cootravenlions constatées en l8S,ï est de "M, coDtre 2,800 cod- Iraventiona releïées J'annêe passée. J'ajouterai a que le scandale causé par les fliles erranles est bien moindre à présent qu'auLrerois, et que sans ce rapport Vienne est crjiment privilégiée, si on la compare à d'autres grandes TiUea. Non-seulement les fliles exercent leur métierWrec plus de discrétion et avec des allures moins provocantes qu'à Berlin, k Paris et iréme à Londres, mais le souleneur y est inconnu. On arflcme, il est vrai, que la Bile viennoise a également son n aman cœur 1 .
Mais il est loin de tenir le baut du pavé. An contraire, il se dissimule, il se cache à tous les yeux, l le faisant il agit prudemment, car la nouvelle loi sur le vagabondage le range dans la catégorie des gens aveu qui peuvent être relégués dans les maisons de correction.
Les délits ])Our lesquels les Glles publiques sont poarsuivies sont principalement le manquement aux vis" le scandale causé sur la voie publique, et même l'altitude provocante aun fenêtres pour provoquer l'attention ■ des passants.
Quant à la proslilution clandestine, elle est étroitement surveillée par les agents de police ordinaire, carie service des mœurs n'existe pas ù Vienne. Il est dirBcilt à une fille qui sollicite les passants dans la rue d'échapper k la longue à la surveillance, soit du gardien de la sOreié attaché au quartier et qui se promCne toujoun dans la même rue, ou des lieli^clifs quij font des rood^j nocturnes. Il est vrai que le mouvement n'est pas a considérable dans les rues de Vienne que dans celles Ai Paris, et que la surveillance ; est beaucoup plus facile.
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tLoraque le fait de proslilulion a été dûment constaté,
lia. personne est appelée à la direction de la Police, le
BiCDiiimissaire spécial lui fait part des charges relevées
soatre elle. Si les faits ne sont pas dûment établis, elle
, QoQ SUD3 avoir été vertement admonestée et
près. Le
du para-
avertie qu'elle serait déso inngisLrat lui donne également ( graphe du Code pénal qui punit jusqu'à
la lille atteinte d'une malarlie vénérienne, et qui iftura continué malgré cela â cohabiter. Si, au contraire, îl est prouvé que la personne citée devant ie magistrat rsehvre habituellement à la déhauchc, elle est tenue de faire inscrire et de signer son procès-verbal d'enga- [gemenl. Pour le cas où elle s'j refuserait, elle peut être 'livrée aux tribunaux et poursuivie en vertu de la loi sur le vagabondage.
La fa^on la plus eIScace de réprimer la prostitution clandestine, me disait un fonctionnaire, consiste cbez noua h serrer de très prés les proxénètes et entremetteurs {kiippler) des deux sexes. Sans ces intermédiaires qui sont tous connus de la police et que l'on surveille facilement, la prostitution clandestine ne saurait prospérer, ^4ous nous servons également des dénonciations le plus ■souvent anonymes que dictent la jalousie et le dépit.
Statistioub suiijiAiBE DK5 MALADIES. — Il féaulte dcs tableaux de statistique que le nombre des filles publiques inscrites à Vienne se montait, le i^' décembre 1885, à 1,330 seulement. Le district le plus favorisé est celui de la ville intérieure, où demeurent 40(i filles. La Leopoldsladt vient ensuite avec .Mi:), puis nous tombons é jOl et à 109 dans les faubourgs populeux de Hariabilf et de ^Ueidling. Dans les autres quartiers, le nombre des innictite» varie entre 8 (quartier de Favoriten et Margar»-
- Régime de la prostitution à Bucla-Pesth(ij.
I Monsienr,
Après avoir recueilli à Vieorje les rcnseignemenls el documenU que tous m'aviez demandés, el qui onL l'a t l'objel de mon rapport du 18 février 1887, je me suis randu k Buda-Peslh pour compléter le Iravaiî quej'avais entrepris.
J'ai eu la bonne fortune de rencontrer on M. de Trtpflii, pri^r^t de police de la capitale hongroise, l'homme que je pouvais désirer pour l'accomplissement rapide et i:omplet de ma lâche.
M. de Tûrûk m'a eiposé, avec une lucidité convaincante et un remarquable talent de parole, les réformes dont il avait pris l'initiative el assuré l'exécution, depuis un an environ qu'il est à la tête de la sûreté publique de la ville de Buda-Pesth.
(() M. le D'- FtozsalFy Alajos, médecin co chef de la police gouvernementale, a. (ourni A M. !e D'' Heuss d'utiles rensei gnements sur la prostitution k Uuda-Peeth. Voy. le livre d ~. ReuBS, page 521 et suir.
IBI dire que le règlement de la prostitution, ou Ifntirpalion du scandale permanent qai avait fait antrefoia & la belle capitale hongroise une réputation spéciale, avait appelé en première ligne l'attention alla sollicitude de l'émiiicnt magistrat. Avant de prendre possession do ses fonctions, H. de Tôrflk avait visité les principales capitales de l'Europe, pour j étudier les principales institutions et règlements de police eo vigueur. Il semble aToir rapporté de cette tournée la conviction que, pour réprimer les écarts scandaleux delà prostitution, et pour limiter autant que possible bps suites désastreuses pour la santé publique, il fallait ea quelque sorte encourager et protéger la prostitution oMcîelle et contrôlée, pour chasser et réprimer au contraire avec une rigueur draconienne la prostitution clandestine qui échappe à toute surveillance et & toutes précautions.
M. de Tûr6k ne partage donc nullement l'aversion des polices de Londres et de Vienne pour les maisons publiques, et celles-ci forment aujourd'hui fi Buda-Peslli la base du miil iiéressaire, tandis que les filles isolées ne forment qu'une eiceptian.
Je TOUS ai remis, lors de mon dernier séjour à Paris, différents documents dans la langue hongroise, dont le plus volumineux est le règlement complet des maisons publiques de Buda-Pesth, voté par le Conseil municipal et approuvé par le ministère de natérieur(188ii). Ce règlement voua fournira toutes les indications au sujet du régime en vigueur dans ces établissements, et des mojens de conlrâle de police et de santé dont dispose l'autorité. La Préfecture de police n'accorde pas, lanl s'en faut, à chaque demandeur la concession d'une maison publique. Il faut que le candidat, qui presque toujours est une femme, et souvent
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I prostituée bora *ie service, jouisse donc certaine répulalioD de moralité, etqu'i] n'ait pas encouru une ■condamnation judiciaire; en outre, lorsqu'une de ces ins doit âtre établie, la police s'informe auprès de inicipalité s'il n'y a. pas de réclamation de la part ► des Toisins. La police s'efforce de tenir compte autant I que possible des objections de ce genre, sortout quand I i! y a près de remplacement désigné une écoie ou une I église. La propriétaire doit également fournir des ga- \ ranlies de solvabilité, qui lui permettent de faire face I dépenses d'une communauté, qui doit être au minimum de cinq membres, et de vingt au maximum.
Lorsque la propriétaire d'un établissement veut engager une nouvelle recrue, elle doit se présenter avec celle-ci à la Préfeclure de police. Les parents ou tuteurs de la fille doivent également puraltre, et déclarer s'ils sont eonsentants à ce que leur fille ou pupille embrasse sa jiouTèlle vocation. S'il n'y a pas de difficulté à l'admission de ia part des pnrents, le fonctionoaire de la police , met la fille au courant des obligations auxquelles elle doit se soumettre, et l'informe aussi de ses droits visite sa nouvelle patronne. Le fonctionnaire doit surtout insister sur la nourelle disposition du règlement, portant que la fille est libre dès qu'elle voudra de quitter l'établissement, et qu'elle ne peut être retenue, comme cela arrive souvent ailleurs, sous prétexte de dettes contractées ; il ne reste à la patronne qu'à poursuivre judiciairement sa débitrice, mais jusqu'à concui-rence de 40 florins seulement, tout dette dépassant cette somme 1 n'étant pas reconnue.
La Préfecture de police a le droit absolu de fermer temporairement et déflnilivement les maisons publiques, et elle ne se prive pas d'en user lorsqu'il y a des raisons sérieuses-
RicttARD. — La Prostitution. n
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Quaat aux filles, elles doivent également se tenir d'une façon décente ; il est înlerdit de se faire remarquer par des costumes trop vovants, et surtout de provoquer les passants, comme cela se voyait autrefois ; le moindre geste serait puni d'un ou de deux jours de prison. Ces prescriptions sont suivies à la lettre, et ont compltlement modilié les allures des rues de IJuda-Pesth. Quant à la répression de la prostitution clandestine, les agent' chargés de cette tfiche délicate ont été avertis par leur chef, qu'ils payeraient toute erreur de personne de leur destitution immédiate ; en revanche, lorsqu'ils sont dana leur droit, le préfet n'hésite pas à les couvrir, quels que soient les protecteurs de la personne jusiement appréhendée, et malgré la vivacité des clameurs. Lorsque le fait de prostitution clandestine a été dûment relevé à l'égard d'une GUe, on lui laisse le choix entre l'inscription d'ofûce et les poursuites judiciaires, conformément à la loi- Elle peut de plus être envoyée dans s commune d'origine à l'expiration de sa peine.
L'inscription d'une fiile sur les jegistres est précédée de la délivrance d'une feuille d'inscription dont je vous ai remis également trois spécimens, et dont la couleur Tarie selon que la fille fait partie d'un étalilissemenl ou qu'elle demeure seule.
Les visites ont lieu deux fois par semaine, généralement le mardi et le samedi, elles sont confiées exclusivemeut â. des docteurs assermentés et désignés parte médecin en chef de la police. Les livrets visés doivent être apportés au médecin en chef. Celui-ci contrôle une fois tous les deux mois l'ensemhle des livrets ; en cas de jnaladle, la (ilJe est transférée immédiatement dans on des hôpitaux de la ville, où se trouvent des sections s ciales pour les maladies syphilitiques. Le livret de santé est muni de la photographie de la fille à laquelle il ap-