‹ La prostitution à ParisChapitre 7 sur 64 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nOSTITUTlON

I — ÉtU actuel.

Je l'épélcrai, en commençant ce chapitre, ce L que j'ai dit au début du chapitre précédent.

La statistique, impuissante à délimiter exacte- ['inent l'étendue du mal, peut et doit être très uti- I lemeut employée à en indiquer les mouvements. I Or, ces mouvements suffisent pour établir la relation que j'ai à recliercher.

Mais il est une précaution indispensable à prendre, si nous voulons aboutir à autre chose qu'à la plus lamentable confusion : c'est de définir très nettement et très clairement ce qu'au point de vue de l'hygiène publique, il faut en- ^L tendre par le mot de prostitution.

^m Les innombrables auteurs qui se sont occupés

de cette question, I'odI en effet employé dans tant et de si diverses acceptions, qu'il est nécessaire de bien s'entendre sur les idées qu'il doit évoquer. Il suffit d'avoir, même 1res superficiellement, parcouru quelques-uns des ouvrages qui traitent de celte matière, pour s'apercevoir que sous le nom de n prostitui^e », on en est parfois arrivé à comprendre toute femme qui ne garde pas absolument intacte la robe d'innocence de la vierge, ou la sévère fidélité de la raalrone.

Les théologiens, les philosophes, les moralistes, les légistes, les romanciers, ont tour à tour voulu dire leur mot sur ce délicat et complexe problème, et ne sont malheureusement parvenus, la plupart du temps, qu'à en augmenter l'obscurité.

Dans les milieux scientifiques même, où la propriété des termes devrait être la règle, on en est arrivé aujourd'hui à ne plus savoir où commence la prostituée, et où elle finit, et cependant c'est là l'initiale condition de toute étude qui a la prétention d'aboutir à autre chose qu'à des conclusions tellement théoriques et irréalisables'

La Préfecture de police, qui de tout temps a considéré la pt'ostitulion comme faisant partie intégrante de son domaine, a du reste contribué plus que qui que ce soit à accroître celte confusion. Cédant à une Lendance bien humaine, elle a voulusans cesse étendrela matière sur laquelle elle pouvait exercer son pouvoir discrétionnaire.

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