‹ La prostitution dans l'antiquitéChapitre 12 sur 14 · LA PROSTITUTION MASCULINE · texte numérisé non relu

LA PROSTITUTION MASCULINE

§ I. Corruption des Césars.

Nous avons successivement passé en revue tous les genres de prostitution à Rome, la prostitution hospitalière et religieuse, la prostitution légale pratiquée par les filles publiques, louves et grandes courtisanes, matrones et filles libres. Nous avons à faire connaître maintenant la prostitution des hommes, qui était aussi répandue que celle des femmes, non seulement dans la plèbe, parmi les affranchis et les esclaves, mais aussi dans les classes supérieures, chez les empereurs, les sénateurs et les chevaliers, dont les vices et les corruptions étonneront éternellement les nations civilisées. Voici des faits :

César. «,e n était pas assez pour lui d’avoir séduit Posthumia, femme de Servius Sulpicius, Lollia, femme d’Aulus Gabinius, Tertulla, femme de Marcus Crassus, Marcia, femme de Cneius Pompée, Servilie et sa fille Tertia (i). Après tous les adultères dans lesquels il avait entraîné les matrones romaines, après ses amours pour la reine Eunoé de Mauritanie et pour Cléopâtre, il fallait encore qu’il se prostituât lui-meme aux hommes. Celui qui eut sa virginité fut Nicoinèdc, 101 de Bithynie. Cicéron 1 affirme dans scs lettres. Dolabclla le lui reprochait à la tribune du Sénat et l’appelait la concubine d'un roi ; Curion le traitait de lupanar de Nicomede et de prostituée bithymennc . Un jour qu’il eut

(i) Suétone, cap. 4. Les douze Césars.

K. DUrOUY.

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rimpudence de parler en faveur de Nysa, la fille de son amant, Cicéron l'interrompit avec un geste de dégoût : « Passons, je te prie, sur tout cela; on sait trop ce que tu as reçu de Nicom'ede, et ce que tu as donné pour cela. »

Octavius désignait César sous le titre de reine et Pompée sous celui de roi. Après la conquête des Gaules, César montant au Capitole entendit ses soldats chanter autour de son char de triomphe : « César a soumis les Gaules, Nicomède a soumis César. Voici que César triomphe aujourd’hui pour avoir soumis les Gaules; Nicomède ne triomphe pourtant pas, lui qui a soumis César. »

Un jour qu’il s’emportait jusqu’à dire qu’il marcherait sur la tête de ses concitoyens, on lui répondit que cela serait difficile à une femme. Et il se contenta de répliquer que Sémiramis avait régné dans l’Assyrie, et les Amazones dans une grande partie de 1 Asie. Suetone . Tel fut Cesai, « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris. »

Octave. — Suétone a dit de lui (i) : « Sa réputation fut flétrie dès sa jeunesse par plus d’un opprobre. » Marc-Antoine lui reprocha « d’avoir acheté, au prix de son déshonneur, l’adoption de son oncle. » Lucius, frère de Marc-Antoine, a ditqu’Octave, « après avoir livré la fleur de son innocence à César, la vendit une seconde fois en Espagne à Hirtiuspour 3oo,ooo sesterces. Lucius ajoutait « qu’Octave avait coutume de se brûler le poil des jambes, afin que ce poil repoussât plus doux. » Sextus Pompée le traita âC efféminé, et on sait ce que signifiait ce mot à Rome.

Tout le peuple lui appliqua un jour avec acclamation un vers prononcé sur le théâtre, en parlant d un pretre de Cybèle qui jouait du psaltérion. Ce vers, pris dans un sens équivoque, pouvait signifier : Voyez ce cintede gouverner l’univers. Vides ut eincedus orbem digilo temperet :

Octave ne fut pas seulement un cincvde , il était atteint de la même fureur érotique que son oncle pour les femmes mariées et principalement pour les vierges, ad vitiandas vir-

(i) Suétone. Vie des douze Césars. Gap. LXVII1 et suivants.

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ginespromtior. Suétone l'affirme en ces termes : « Ses amis ne s occupaient qu’à lui chercher des femmes mariées et des filles nubiles, qu il faisait mettre nues devant lui pour les examiner comme des esclaves en vente au marché de Toranius. » C est ainsi, dit Dufour, que ce s tristes objets de la luxure impériale devaient, avant d’être choisis et approuvés remplir certaines conditions requises par les caprices d’Auguste, qui se montrait curieux des plus secrets détails de leur beauté. C’est ainsi que les commentateurs ont interprété ces mots : conditioner quœsitas , que l’historien a laissés, en quelque sorte, sous un voile transparent.

Autre épisode de son immoralité et de son despotisme rapporté par Suétone et Marc Antoine : « Au milieu d’un festin, Octave fit passer, de la salle à manger dans une chambre voisine, la femme d*un consulaire, quoique le mari de celle-ci fut au nombre des invités; et, lorsqu’elle revint avec Octave, après avoir donné aux convives le temps d’avoir vidé plus d une coupe à la gloire de César, la dame avait les oreilles rouges et les cheveux en désordre. Le mari seul n’v prit pas garde. » Suétone ajoute dans le chapitre suivant : « On parla aussi beaucoup d’un repas secret qu’on appelait le repas des douqe divinités , dans lequel les convives étaient habillés en dieux et en déesses, et où lui-même représentait Apollon ». Antoine, dans plusieurs lettres très violentes contre 1 empereur, n’a pas hésité à nommer ceux qui étaient de ce fameux festin, sur lequel un anonyme a fait ces vers :

Lorsque parmi les cris, le scandale et l’outra -e Profanant d’Apollon l’auguste et sainte image^

César et ses amis, par de coupables jeux,

Retraçaient les plaisirs et les crimes des dieux Tous ces dieux protecteurs de Rome et de l’Italie Détournèrent les yeux de cette scène impie.

Et le grand Jupiter descendit en courroux Du trône où Romulus le plaça parmi nous.

Voilà Octave-Auguste, l’auteur hypocrite de la loi sur I adultéré, et 1 amant incestueux de sa fille Julie.

Tibère. — Suétone a raconté la corruption de ses mœurs ( 1) :

« Il établit une nouvelle magistrature qu'on pouvait appeler l1 Intendance des Voluptés , et qu’il confia à Casonius Priscus, chevalier romain. Novum oj’ficium instituit , a voluptatibuSy prceposito equito romano Pito Coesunio Pi isco.

> Il avait, dans sa retraite de Gaprée, des réduits destinés pour ses débauches les plus secrètes 5 c est là que des jeunes filles et des jeunes garçons, imaginant des plaisirs monstrueux, qu’il appelait spintria , formaient entre eux une triple chaîne ; et, ainsi entrelacés, se prostituaient devant lui, pour ranimer par ce spectacle les désirs éteints d’un vieillard. Il avait plusieurs chambres décorées des peintures les plus lascives où l’on voyait les livres d'Eléphantis (2), afin qu’on trouve de tous côtés des leçons et des modèles de jouissance, ne eut in opéra edenda exemplar imperatœ schemœ deesset.

> Il poussa, dit-on, la turpitude encore plus loin, et même à un point qu’il est aussi difficile de croire que de rapporter. On prétend qu’il accoutumait de petits enfants, qu il appelait ses petits poissons, 'à jouer entre ses jambes quand il était dans le bain, à le mordre et à le téter, genre de plaisir analogue à son âge et à ses inclinaisons.

2> On rapporte aussi que, dans un sacrifice, épris tout à coup de la beauté de celui qui présentait de l’encens, il attendit à peine que la cérémonie fût achevée pour faire violence à ce jeune homme ainsi qu’à son frère qui jouait de la flûte , et qu'ensuite il leur fit casser les jambes parce qu’ils se reprochaient réciproquement leur infamie. Il fit périr Mallonia qui l’avait traité à haute voix de vieillard impur et dégoûtant, obscenitale oris hirsuto atque olido sein clare expi obata. » Aussi, dans les Atellcines (3), on appliquait à Tibère, avec une acclamation universelle, la peinture obscène d un vieux bouc léchant une chèvre, hiveurn vetuluni capi is natui am ligurite. L’histoire a flétri Pomponius tlaccus, Sestius Gal-

(1) Cap. XLIII, XL1V et XLV.

(2) L’Aloïsia de l’Antiquité. Il ne nous est rien resté d’elle, mais elle est

Citée dans Martial et dans le Priapeia.

(3) Poésies satyriques et licencieuses qui se jouaient à Atella.

la. prostitution dans l’antiquité

lus et d’autres avec lesquels il se prostituait dans les nuits d’orgie, où ils se faisaient servir par des jeunes filles nues. Nudis puellis ministr antibus .

Calhhjla. Il eut, dit Suétone, un commerce criminel et suivi avec toutes ses sœurs, qu’il prostituait ensuite à ses mignons . Il fut aussi infâme dans ses mariages que dans ses divorces. Il fut corrompu et corrupteur. Il aima d’un amour infâme Marcus Lépidus, Mnester le mime et quelques otages. Et Yalérius Gatulus, jeune homme d’une famille consulaire, lui reprocha d’avoir abusé de sa jeunesse jusqu’à lui fatiguer les flancs. Valerins Catullus consulari familia juvenis stupra tum a se, ac latera sibi contubernio ejus defessa etiam voci feratns est. Sans parler de ses incestes avec ses sœurs et de sa passion pour la courtisane Pyrallide, il ne respecta aucune des femmes les plus distinguées. Il les invitait à souper avec leurs maris et les faisait passer en revue devant lui, les examinant avec l’attention et la recherche d’un marchand d’esclaves, et même leur relevant le menton avec la main, si la honte leur faisait baisser la tête. Il menait dans une chambre voisine celle qui lui plaisait ; et, rentrant avec les traces de la débauche encore toutes récentes, il louait ou blâmait tout haut les charmes et les défauts qu’il avait eu l’occasion de constater.

Il mangeait et couchait dans une écurie avec les cochers verts. A l’un d’eux nommé Cythicus, après un festin, il donna deux millions de sesterces pour récompenser ses complaisances.

Il transforma son palais en lupanar et maison de jeu, où il attirait la haute aristocratie romaine pour lui voler son argent et l’associer à ses sales débauches.

G’est à lui qu’on doit le Vectigal de la prostitution, impôt du huitième des gains journaliers (ex capturis), que devaient payer chaque femme publique et tout individu qui tirait bénéfice de la débauche publique.

Claude. Imbécile époux de Massaline, qui se prostituait aux muletiers de Subure, il eut au moins cette supériorité sur

u LA prostitution dans l’antiquité

ses prédécesseurs de ne point se prostituer aux histrions et de imiter ses passions aux excès purement physiologiques, ouetone s est attaché à lui rendre justice à cet égard dans ce passade de son histoire : « Libidims in feminas profusissimœ, mai mm ommno expers. » Il porta l’amour des femmes jusqu à 1 excès, mais il n’eut aucun commerce avec les hommes. Cette exception était à mentionner.

, Néron. Domitius, son père, répondit à ses amis qui le ehcitaient de la naissance de son fils : « d’Agrippine et de moi il ne peut naître qu’un monstre, un fléau de l’humanité, Domiti ■ neganiis quidquam ex se et Agrippina nisi detestabile et malo publico nasa potuisse. Le présage était juste, laissons la parole à Suétone, l’historien des Césars : « Sans parler du commerce infâme avec les hommes libres et de ses amours adultères, il viola une vestale, nommée Rubrfa. 11 fit eunuque un jeune garçon nommé Sporus, et l’épousa avec 1 appareil le plus solennel. « Puerum Sporum , exsec tis iestibus , etiam in muliebrem naturam transfigurais conatus est : cum dote et flammeo per solemm nuptiarumceleberrimo'officio dednc tum ad se pro uxorehabuit. » (i) Il fit habiller ce Sporus comme une impératrice, et l’accompagna en litière dans les assemblées et les marchés de la Grèce, et dans les différents quartiers de Rome, lui donnant de temps en temps des baisers, i dent idem exosculans . Il est avéré qu’il voulut faire de sa mère sa maîtresse et que les ennemis d’Agrippine l’en détournèrent, de peur que cette femme impérieuse et violente n abusat de ce nouveau genre de faveur. Il plaça parmi ses concubines une courtisane qui ressemblait beaucoup à Agrippine, et on assure même que toutes les fois qu’il alla en litière avec sa mère, on aperçut sur ses habits des traces de pollution, libidinatum inceste ac maculis vestis proditum affirmant.

Il se prostituait de manière qu’il n’y avait pas un de ses membres qui ne fût souillé. Suant quidem pudicitiam usque

(i) Suétone, Vie de Néron, cap. XXVIII.

ci ci g o prostituir , ut contaminatis pene omnibus rnembris. Il imagina comme une nouvelle espèce de jeu, de se couvrir d’une peau de bete, et de s’élancer d une loge sur des hommes et des femmes liés à des poteaux et livrés en proie à ses désirs: et quand il les avait satisfaits, il sgi vu.it de pi oie luimême à son affranchi Doryphore qu’il épousa ainsi que Sporus. Conjiceretiir a Doryphoro liberto , cui ciiam , sicut ipsi Sporus, il a ipse denupsit. 11 contrefit même avec lui les cris que la douleur arrache à la virginité ravie. Voces quoque et ejulatus vimpatientium virginum imitatus.Se tiens de plusieurs témoins, ajoute Suétone, qu’il était persuadé qu’aucun homme n’est chaste dans aucune partie de son corps, mais que la plupart savaient dissimuler leur vice : Aussi pardonnait-il tout à ceux qui avouaient leur impureté.

Il n’y eut aucune espèce de liens qui put garantir de ses attentats. Il viola le jeune Aulus Plautius avant de l’envoyer au supplice. Il fut un des agents les plus actifs de la corruption romaine et delà prostitution matronale. Il méprisait tous les cultes, excepté celui d’Isis, déesse de Syrie. . . .

L’histoire a flétri justement l’empereur Nero Claudius Ænobarbus !

Galba. — La pédérastie était un de ses vices. Mais il préférait la maturité robuste à la jeunesse délicate. Libidinis in mares pronior, et eus nonnisi praeduros , exoletospie Suétone .

Lorsqu’en Espagne, Icélus, l’un de ses anciens mignons, vint lui annoncer la mort de Néron, non seulement il l’embrassa indécemment devant tout le monde, mais il le tira à part pour le faire épiler et rentrer dans ses précédentes fonctions .

Othon. Vitelltüs. — Après Othon, qui célébra publiquement les mystères d’Isis, pendant les courtes années de son règne, vint Vitellius. Il passa son enfance et sa première jeunesse à Caprée, servant aux plaisirs de Tibère, ce qui fut la cause première de l’élévation de son père : il en conserva le

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surnom de Spinli ia, , nom invente par Tibere pour exprimer les plus monstrueuses débauches.

Son régné fut celui des histrions, des cochers et surtout d’Asiaticus l’affranchi. Il avait été attaché à Vitellius dès sa première jeunesse par un commerce de prostitution mutuelle. H.u ne adolescent idem mutila libidine const upvat uni . Mais il le quitta un jour par dégoût. Vitellius le retrouva à Pouzolles, le mit dans les fers, puis le délivra et se reprit d’inclination pour lui. Devenu empereur, il lui remit publiquement à table Panneau d’or des chevaliers.

Commode. Il fut aussi licencieux, aussi infâme que Caligula et Néron. L’historien Lampride a écrit sur lui qu’il « fut impudique, méchant, cruel, libidineux, et qu’il souilla même sa bouche. Tu r pis, improbus , crudelis , libidinosus , ore quoque pollutus, constupratus fuit . » Il fit du palais un lieu de débauche ; il y attira les femmes les plus belles et les plus jeunes, comme des esclaves attachées au lupanar, pour les faire servir à ses plus impurs caprices. Popinas et ganeas in palahms semper œdibus fecit ; mulierculas formae sci fions, ut prostibula inaucipia lupananum , ad liidibriuni pudicitiae contraxit. Il vivait avec les histrions et les filles publiques; il fréquentait les maisons de prostitution; et, déguisé en eunuque, il allait dans les cellules pour y porter de 1 eau et des rafraîchissements.

Sur le char dans lequel il fit son entrée à Rome, il avait près de lui son giton favori, l’ignoble Antérus, auquel il prodiguait les plus immondes caresses. Avec lui, il avait coutume de passer une partie de ses nuits dans les bouges de Rome dont il ne sortait que lorsqu’il était ivre.

Il logeait dans son palais plusieurs centaines de femmes prises parmi les matrones ou les prostituées. Il avait un nombre égal de cinædes, choisis dans les différentes classes de la société, qui étaient affectés à ses impurs caprices. Des hommes et des femmes étaient chaque jour conviés à sa table et à ses impériales orgies. Tantôt il ordonnait à toutes ses concubines de se livrer entre elles aux assauts du saphisme le plus

obscène, tantôt il se donnait le spectacle d’une prostitution générale entre les deux sexes, s’élançant l’un contre l’autre pour outrager les lois naturelles. Ipsas concuhinas suas su b ocidis suis stuprari juhebat ; nec irruentium in se juvenum carebat infamia , omni parte corporis atque ore in sexum utrumqUe pollutus. Il souilla tous ceux qui l’approchaient et se fit polluer ensuite par eux. omne genus hominum infa mavit quod erat secum et ab omnibus est infamatus. Il se prostituait de pre'férence à un affranchi appelé par lui Onon , en raison de certaines particularit és physiques de cet individu, qui rappelaient l’âne.

Avant d’en arriver à se prostituer à tous ses vils favoris, il avait violé ses sœurs, ses parents, et regretté de ne pouvoir commettre l’inceste avec sa mère.

D’après Hérodien, Commode ne put supporter longtemps cette vie de débauche dans laquelle il contracta une maladie qui avait pour symptômes de grosses tumeurs dans les aines et de nombreuses rougeurs sur le visage et les yeux.

Heliogabale. Ce fut l’incarnation du vice et de la folie satyriasique. Il s’habillait en femme, se couvrait de bijoux et mettait sa gloire à se prostituer à tous ceux qui se présentaient à lui. Il était le digne fils de la courtisane Sémiamire et de Caracalla. Il faisait rechercher dans tout l’empire les hommes qui réunissaient les avantages physiques les plus favorables à ses voluptés de courtisane. Aux jeux du cirque, il ne cherchait qu’à voir les gladiateurs les plus robustes pour en faire ses compagnons d’mfamie. C’est là qu’il aperçut plusieurs cochers qu il associa à ses sales débauches, entre autres Hiéroclès pour lequel il avait une telle passion qu’il lui donnait publiquement les plus dégoûtantes caresses. Hieroclem vero sic amavit ut eidem oscularetur inguina.

Pour pouvoir tout à son aise faire le choix de ses amants, d’après les qualités qu’il recherchait, ut ex eo conditiones bene vasatorum hominum colliger et , il fit construire dans son palais des bains publics dans lesquels il se baignait avec toute la populace de Rome. C’est dans le même but qu’il

parcourait journellement les maisons publiques, les bords du

I ibre et les carrefours. Et il élevait aux plus hautes dignités de 1 Empire ceux qui possédaient les attributs virils les plus énormes. Commendabos sibi pudibilium enormitate membrorum.

Un jour, il rencontra un esclave, qui avait une taille de géant et des formes athlétiques. Il le fit enlever tout couvert de sueur et de poussière, puis l’installa dans sa chambre à coucher. Et, le lendemain, il l'épousa solennellement. Voici? d’ailleurs, la traduction de l’historien don Cassius, faite par M> le président Cousin : « Il se faisait maltraiter par son mari, dire des injures et battre avec une si grande violence qu’il avait quelquefois au visage des marques des coups qu’il avait reçus. Il ne l’aimait pas d’une ardeur faible et passagère, mais d une passion forte et constante, tellement, qu’au lieu de se fâcher des mauvais traitements qu’il recevait de lui, il l’en chérissait plus tendrement. Il l’eût fait déclarer César, si sa mère et son aïeule ne s’étaient pas opposées à cet acte de démence impudique. »

Cet esclave ne fut pas le seul amant préféré de l’empereur.

II eut pour rival le cuisinier Aurélius Zoticus qu’Héliogabale fit chambellan, sans le connaître, sur le récit qu'on lui fit de ses avantages corporels. « Dès qu’Héliogabale le vit entrer au palais, dit don Cassius, il accourut à lui avec beaucoup de rougeur sur le visage, et Zoticus, en le saluant. Payant appelé seigneur et empereur, selon la coutume, il lui répondit en tournant la tête d’un air plein de mollesse, comme une femme, et, en jetant sur lui des regards lascits : « Ne m’appelez pas seigneur, puisque je suis une dame î » Il l’emmena au bain à l'heure même avec lui, et Payant trouvé tel qu’on le lui avait présenté, ilsoupa entre ses bras comme sa maîtresse. »

Nous aurions bien des choses encore à raconter sur cet im pur grand-prêtre du Soleil, sur ses relations avec les prêtres de Cybèle et les représentants de la prostitution féminine et masculine, mais toute cette fange impériale nous donne le haut-le-cœur, et nous arrêtons là l’histoire de la corruption

des Césars et autres tyrans de la Rome antique, laissant à d’autres le soin de dire à quel degré d’avilissement un peuple est tombé, pour se donner de tels maîtres!

Cependant, de cette esquisse historique sur les monstruosités des empereurs romains, il y a plusieurs conclusions à tirer : c’est d’abord l’influence des moeurs des souverains sur celles de leurs peuples, l’action pernicieuse du libertinage de l’aristocratie sur les couches sociales inférieures, l’exemple contagieux que la prostitution des cours exerce fatalement dans tous les rangs de la société. Le savant Barthélémy a exprimé cette pensée dans Y Introduction du voyage de la Grèce , où il dit : « Plus ceux qui sont à la tête du gouverne ment tombent de haut, plus ils fontune impression profonde . La corruption des derniers citoyens est facilement réprimée et ne s’étend que dans l’obscurité, car la corruption ne remonte jamais d’une classe à l’autre ; mais quand elle ose s’emparer des lieux où réside le pouvoir, elle se précipite de là avec plus de force que les lois elles-mêmes : aussi n’a-t-on pas craint d’avancer que les mœurs d’une nation dépendent uniquement de celles du souverain. » (i)

C’est pour cette raison qu’à toutes les époques et chez toutes les nations le pouvoir absolu a toujours été un exemple de dépravation morale et une des causes efficientes de la prostitution. Et il ne saurait en être autrement, quand on remet aux mains d’un homme, élevé dans l’adulation, la puissance souveraine qui lui permet de dispenser, au gré de ses caprices, les faveurs, les distinctions et les richesses, quand autour du trône et de l’alcôve des princes, on laisse approcher les nobles courtisanes , instruments dociles de l’ambition des nobles •courtisans.

Ces satyres sanguinaires, dangereux à tous les points de vue, nont pas toujours été considérés par les philosophes, comme complètement responsables de leurs crimes. Ils appartiennent, jusqu’à un certain point, il est vrai, à la psychologie morbide; à la clientèle du savant Moreau de Tours, c’est-à-dire à la mé-

(i) Anarcharsis, p. 272.

decine légale. Gomme beaucoup d’autres princes et princesses, comme le maréchal Gilles de Retz, comme le fameux marquis de Sades, ils étaient certainement atteints de perversion sexuelle morbide, à forme sanguinaire, à laquelle M. Bail reconnaît comme caractères fondamentaux : une fureur sexuelle impossible à satisfaire, dont la dérivation se traduit par la férocité (i); — l’indifférence qu’apportent les coupables à cacher et à nier leurs actions monstrueuses; — la présence presque constante à l’autopsie de lésions matérielles, localisées dans certains points particuliers des centres nerveux.

Comment, en effet, interpréter autrement que par une sorte de folie impulsive, comme une inversion de l’instinct sexuel, les atrocités de ces hommes qui, à différentes époques de l’histoire, ont été les représentants des aberrations génésiques des peuples ? Les monstruosités de Gilles de Laval, sire de Retz, sont un frappant exemple de cette manie priapique et sanguinaire vers le milieu du xve siècle. Ce haut et puissant seigneur de la féodalité, de retour, après la campagne de France, à son château de Machecoul, en Bretagne, sacrifia, en l’espace de quelques années, plus de huit cents enfants à ses passions contre nature. Il fut, pour ces faits, traduit devant la haute Cour de Bretagne. 11 avoua ses crimes et écrivit à Charles VII une lettre oùil raconte son histoire. Cette lettre est une véritable observation clinique et mérite d’être rapportée., « Je ne sais, dit-il, mais j’ai de moi-même et de ma propre

(i) De pareilles tendances peuvent aller jusqu’au cannibalisme et à 1 anthropophagie. Un auteur allemand cite le fait d'un homme qui avait eu la moitié de la Doitrine mangée par une femme lascive.

Un berger, du nom d’André Pichel, passa aux assises criminelles de 1 Allemagne pour avoir violé, tué et coupé en morceaux des petites files. Il raconta lui-même à l’audience comment il s’y prenait et il ajouta qu il éprouvait parfois le désir violent d’arracher un morceau de chair et de manger.

Un vigneron, âgé de vingt-quatre ans, quitta brusquement ses parents sous prétexte de chercher une place. Après avoir erré pendant huit jours dans les bois, il rencontra une petite fille qu’il viola, tua, et non content d’avoir horriblement mutilé ses parties sexuelles, il déchira la poitrine et mangea le cœur Esquirol, qui a fait l’autopsie de cet homme, a trouvé des adhérences de la pie-mère aux circonvolutions cérébrales déterminant une sorte d’altération, d’inflammation cérébrale. Il existe d’autres observations de méningite dans des cas semblables.

tête, sans conseil d’autrui, pris ces imaginations d’agir ainsi, seulement par plaisance et déclaration de luxure ; de fait j’y trouvai incomparable jouissance, sans doute par l’instigation du diable. 11 y a huit ans que cette idée diabolique me vint. . Or, étant d'aventure en la librairie du château, je trouvai un livre latin de la vie et des mœurs des Césars de Rome, par un savant historien qui a nom Suétonius. Le dict livre était orné d’images fort bien peintes, auxquelles se voyaient les de'portements de ces empereurs païens, et je lis en cette belle histoire comment Tibérius, Caracalla et autres Ce'sars s’esbattaient avec des enfants et prenaient plaisir à les martyriser. Sur quoi je voulus imiter lesdits Césars, et le mesme soir, je commençais à le faire en suivant les images de la leçon et du livre. » Il avoua avoir abusé des enfants « pour son ardeur et délectation de luxure, et les avoir fait tuer par ses gens, soit en leur coupant la gorge avec dagues et couteaux, en séparant la teste de leur corps, ou leur rompant les testes à coups de bâton ou autres choses ; et aucune fois leur enlevait ou leur faisait enlever les membres pour en avoir les entrailles, les faisait attacher à un croc de fer pour les étrangler et les faire languir ; comme ils languissaient à mourir, avait habitation d’eux, et aucune fois, après qu’ils étaient morts, prenait plaisir et délectation à voir les plus belles testes des dicts enfants, lesquels, en après, étaient ars. » Il continue plus loin : « Quant à ceux occis à..., on les bruslait en ma chambre, sauf quelques belles testes que je gardais comme reliques. Or, je ne saurais dire au juste combien furent ainsi tués et ars, sinon qu’ils furent bien au nombre de six vingts par an. « Souventes fois je me lamente et reproche d’avoir laissé votre service, mon très vénéré sire, il y a six ans, car en y persévérant je n’eusse point tant forfait ; mais je dois néanmoins confesser que je fus induit à me retirer en mes terres de Rays par certaine furieuse passion et convoitise que je sentais envers votre propre dauphin, tellement que je faillis l’occire un jour, comme j’ai depuis occis nombre de petits enfants par secrète tentation du diable. Donc, je vous en conjure, très redouté sire, de ne pas aban-

LA PROSTITUTION DANS l’aNTIQUITÉ

donner en ce péril votre très humble chambellan et maréchal de France, iequel ne veut avoir la vie sauve que pour une belle expiation de ses méfaits, selon la règle des Carmes. » Malgré cela, il fut condamné et brûlé à Nantes en 1440. Peut-être hésiterait- on aujourd'hui à exécuter un pareil monstre, et le considérerait-on comme en partie irresponsable. La médecine légale et la psychologie morbide tendent de plus en plus à réclamer les débauchés, les corrompus et les prostitués comme des sujets appartenant à leur juridiction. Malheureusement ils échappent à la loi quand ils sont sur le trône.

§ II. La Pédérastie légale

Les Etrusques, les Samnitcs et les Messapiens, ainsi que les premiers habitants de la grande Grèce connurent les premiers le vice de la pédérastie et le communiquèrent aux Romains. Il ne faut donc pas s’étonner, après les orgies ignominieuses des empereurs, si l’on vit des hommes et des enfants des classes inférieures se livrer à la prostitution, et se soumettre passivement aux passions brutales des autres hommes. On trouva bientôt dans les maisons de débauche autant de cellules réservées aux jeunes garçons qu’il y en avait pour les filles. La loi accordait à la pédérastie et aux rapports contre nature la même tolérance qu’aux vénales amours des courtisanes. Elle percevait l’impôt de la prostitution des hommes comme celui de la prostitution des femmes. La seule restriction imposée était de respecter les hommes libres, les ingénus (1),

(1) Un certain Papirius fut condamné pour acte de pédérastie envers un ingénu du nom de Publius. Et ce meme Publius fut plus tard condamné -pourun acte analogue envers un autre ingénu.

mais ceux-ci pouvaient à leur gré sodomiser les esclaves, les hommes et les enfants qui n’étaient pas considérés comme citoyens. Ainsi le voulait la loi Scantinia, qui fut édictée à propos d’une tentative de viol commise par Caius Scantinius contre le fils d’un patricien du nom de Metellus. Cette loi laissait donc toute liberté aux attentats des citoyens sur les malheureux ilotes de la civilisation romaine, à ce point que* certaines familles aristocratiques donnaient à leurs fils un petit esclave, concubiuus, sur lequel ils exerçaient leurs passions naissantes. VEpithalame de Julie et de Mallius , de Catulle (a), en donne un exemple remarquable qui montre avec quelle morgue et quelle dépravation de mœurs, les familles patriciennes traitaient les populations conquises, les affranchis et tous les misérables qui subissaient leur autorité. La langue latine avait adopté l’expression de. puer i meritorii pour désigner les enfants condamnés à la prostitution masculine ; puis, à un certain âge, ceux-ci se nommaient pathici , ephebi , gemelli. Dressés dès l’enfance au triste métier pour lequel ils semblaient être nés, ils savaient s’épiler, se parfumer, boucler leurs longs cheveux et donner à leur tournure une apparence féminine. Les danseuses, les histrions, les mimes se recrutaient parmi eux, et devenaient alors des cinœdi qu’on faisait en grande partie châtrer.

La cassation était pratiquée soit par les barbiers, tonsores, soit par les marchands d’eunuques, mangones. Tantôt c’était des 1 enfance que 1 on faisait 1 operation : cib ubere rciptus puer, a dit Claudius, et dans le même sens, Martial, dans ces vers :

Rapitur castrandus ab ipso Obéré ; suscipiunt matris post viscera pœnœ.

Tantôt la castration se faisait seulement à un âge avancé, ut ment niai 101 es essent, pour offrir aux dames romaines,

Morgus, tribun militaire, fut également condamné pour n’avoir pas respecté un officier de sa légion. ’

Le centurion Cornélius fut passé par les armes pour avoir violé un citoyen de sa compagnie.

(2) Dupouy, Médecine et mœurs de la Rome antique, d’après les poètes latins

LA PROSTITUTION DANS l’aNTIQUITÉ

suivant l’expression de saint Jérôme : securas libidinationes. Juvénal l’a dit très clairement d’ailleurs dans sa satire sur les femmes. Et il a fait, de plus, remarquer dans une autre que « ce ne fut jamais l’enfant difforme que le fer cruel d'un tyran priva des sources de la vie. Car jamais Néron, parmi les jeunes patriciens qu’il convoitait, n’enleva ni le boiteux, ni le scrofuleux, ni le bossu. »

Nullus ephebum

De formera sœva castravit, in arce tyrannus ,

Nec prœtextatum rapuit Nero loripedem , nec Strnmosum atque utero pariter gibboque tumentem.

Mais cette espèce d’eunuques ne servait pas seulement aux femmes : ils avaient aussi des attraits pour les maris pédérastes pœdicones , d’où le proverbe :

Inter fæminas viri et inter viras fæminæ.

« Au reste, dit Dufour, pour bien comprendre l’incroyable habitude de ces horreurs chez les Romains, il faut se représenter qu’ils demandaient au sexe masculin toutes les jouissances que pouvait leur donner le sexe féminin, et quelques autres plus extraordinaires encore que ce sexe, destiné à l'amour par la loi de nature, eût été fort en peine de leur procurer. Chaque citoyen, fut-ce le plus recommandable par son caractère et le plus élevé par sa position sociale, avait donc dans sa maison un sérail de jeunes esclaves, sous les yeux de ses parents, de sa femme et de ses enfants. Rome, d’ailleurs, était remplie de gitons qui se louaient de même que les filles publiques; de maisons consacrées à ce genre de prostitution, et de proxénètes, qui ne faisaient pas d’autre métier que d’affermer à leur profit les hideuses complaisances d’une foule d’esclaves et d’allranchis. »

Dans un chapitre du Satymcon , l’auteur latin (i) nous fait assister à une scène de mœurs, qui est un des documents les plus intéressants de l’histoire de la prostitution. En parlant de « ce vieillard vénérable » qu’il rencontre la nuit, perdu dans les rues de Rome, Ascylte ajoute: A peine arrivé, cet

(i) Petrone Satyricon cap. VIII.

LA PROSTITUTION DANS l’aNTIQUITK

homme tire sa bourse d’une main, et de l’autre... l'infâme! il ose marchander mon déshonneur au poids de l’or. Déjà ce satyre me prenait d’un bras impudique ; et, sans la vigueur de ma résistance, mon cher Eucolpe, vous m’entendez !.. Pendant le récit d’Ascylte, survint précisément le vieillard en question, accompagné d’une femme assez jolie. S’adressant à Ascylte : — Dans cette chambre, dit-il, le plaisir nous attend; rassurez -vous sur le genre de combat, le choix du rôle est à votre disposition. — La jeune femme de son côté me pressait également de consentir à le suivre. Nous nous" laissâmes tenter ; et, sur les pas de nos guides, nous traversâmes plusieurs salles, théâtres lubriques des jeux de la volupté. A la fureur des combattants, on les eût crus ivres de satyrion. A notre aspect, ils redoublèrent de postures lascives pour nous engager à les imiter. Tout à coup, l’un d’eux retrousse sa robe jusqu à la ceinture, et, se précipitant sur Ascylte, le renverse sur un lit voisin et veut lui faire violence. Je vole au secours du pauvre patient, et nos efforts réunis triomphent sans peine de ce brutal assaillant. Ascylte gagne aussitôt la porte et s enfuit, me laissant seul en butte aux attaques de leur débauche effrénée ; mais supérieur en force et en courage, je sortis sain et sauf de ce nouvel assaut.

Tel est un des tableaux de la dépravation des mœurs romaines, tableau tracé par Pétrone, le favori de Néron VArbiterelegantiarum, autrement dit l’intendant des plaisirs de cet empereur. Si le courtisan voluptueux, l’idole d’une cour corrompue, l’auteur léger mais véridique du Satyricon a pu nous donner un pareil échantillon de la fureur érotique de ses concitoyens, on peut dire que Juvénal, quoi qu’en disent certains moralistes, n’a pas dépassé les limites de la vente dans ses immortelles satires. Et sans vouloir réhabiliter 1 institution de la prostitution légale, on est en droit de se demander a quels excès ces hommes de l’Empire auraient pu sans elle se porter, pour répondre à leurs cyniques passions.

Leües-ci ne s exerçaient pas seulement entre cinaedes et patina- tous les raffinements de la débauche étaient mis en usage pour satisfaire les avidités impudiques et voluptueuses

K. DUPOUY

jg2 la prostitution dans l’antiquité

des hommes et des femmes. Car, plus encore que les Grecs, ils connurent les vices des Phéniciens et des Lesbiens, Virrumare, le fellare et le cunnilingere . Qu’on lise les épigrammes de Martial et de Catulle, la vie des Césars et principalement celle de Tibère, et l’on aura des témoignages historiques complets sur la question, témoignages corroborés par les peintures, gravures et sculptures, qui nous restent de la civilisation latine comme monuments figurés de la prostitution dans l'empire romain.

Aux descriptions que nous avons données dans notre travail sur la Médecine et les mœurs de la Rome antique , d avrès les poètes latins , nous n avons rien à ajourer. Tout ce que nous pouvons dire c’est que ces vices furent introduits en Grèce par les Phéniciens, ei qu’ils vinrent de Syrie (i) en Italie, comme le dit le poète Ausone dans une de ses épigrammes, que nous ne pouvons traduire en français :

Eunus Syriscus inguinum liguritor,

Opicus magister (sic cum docet Phyllis)

Muliebre membrum quadriangulum cernit .

Triquetro coactu A literam ducit.

De falle femorum altrinsecus pares rugas,

Mediumque, fissi, rima qua patet, eallem Y dicit esse : nam trifissilis forma est.

Cui ipse linguam quum dédit suam A est :

Veramque in illis esse $ notam sentit,

Quid imperite, P putos ibi scriptum Ubi locari I convenit longum?

Mi selle doctor, tibi sit obscœno,

Tuumque nomen 0 sectilis signet.

(1) La Syrie était le foyer permanent de la lèpre e, de la lues venerea.

Ausone. Epigramme 128.

la prostitution dans l’antiquité

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