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LA PROSTITUTION CHEZ

II3BREEX

Le culte de Baal

C’est avec raison que A. Béraud a dit que la Prostitution remonte à l’origine du monde, et qu’elle se lie aux pratiques des religions les plus anciennes.

La Genèse nous montre Agar se prostituant à Abraham, les deux filles de Loth se prostituant à leur père, après l’avoir enivré, Lia et Rachei prostituant leurs servantes à Jacob, Bêla concubine de Jacob se prostituant au fils, à Ruben, Thamar se prostituant à Judas, son beau-père.

Les Patriarches furent les premiers à donner l’exemple de la débauche et de la lubricité de leurs enfants

Mais quand ils quittèrent l’Egypte, sous la conduite de Moïse, les Hébreux étaient bien autrement corrompus par le contact qu’ils avaient eu avec les adorateurs d’Isis et d’Osiris. Pendant les quarante années qu’ils séjournèrent dans le désert, ils eurent des relations avec d'autres peuples beaucoup plus dépravés encore que les Egyptiens, car tous étaient initiés aux cultes des dieux asiatiques, de Baal et de Mylitta.

Moïse comprit alors combien il serait difficile de mettre obstacle aux instincts pervers de son peuple. Il fit tous ses efforts, au nom des pouvoirs dictatoriaux et religieux, qu’il disait tenir de Jéhovah, pour prévenir leurs tendances au libertinage que leur offrait le culte des idoles. AumontSinaï, il leur dit : « Vous ne paillarderez point, vous ne convoiterez pas la femme de votre voisin. » Dans YExode, il se trouve ians l’obl gation de leur dire encore : « Celui qui aura eu des

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rapports charnels avec une bête de somme, sera puni de mort. Vous n’aurez pas de relations sexuelles avec un mâle, comme avec une femme, car c’est une abomination. Vous ne cohabiterez pas avec une bête et vous ne vous souillerez pas avec elle, la femme ne se prostituera pas à une bête et 11e se mélangera pas avec elle, car c’est un forfait. »

Prévoyant l'influence néfaste que les Chananéens auraient sur les mœurs, il dit dans le Lêvi tique , au nom de son Dieu: « Vous ne suivrez pas les errements de ces nations, car elles ont pratiqué des infamies que je vous défends. Vous ne prostituerez pas votre fille, afin que la terre ne soit pas souillée ni remplie d’impureté. » Et dans le Deutéronome : « Il n y aura pas de prostituées dans les filles d’Israël, ni de de ruffians entre les fils d’Israël. »

En revanche. Moïse tolérait la prostitution légale avec des femmes étrangères. 1 ui -même donna l’exemple du concubinage avec une Ethiopienne. Dans ses sages prescriptions aux Hébreux, il n’avait pas seulement en vue de défendra la religion d’Abraham, mais encore de protéger la race juive déjà en partie dégénérée par les débauches. Comme principe d’hygiène autant que comme dogme philosophique, il défend la cohabitation de l’homme avec sa parente, sa mère ou belle-mère, sa sœur ou belle-sœur, sa fille, petite-fille ou belle-fille, sa tante maternelle ou paternelle, sa nièce ou sa cousine germaine.

C’était bien la condamnation des unions consanguines qui abâtardissent les peuples qui s’y livrent.

E'est encore au nom de l’hygiène que la loi de Moïse défend le coït avec les femmes en état de menstruation, en raison des maladies qui affectent les organes génitaux de l’homme après de semblables rapports. « Ces Juives, dit Pierre Dufour, si belles qu’elles fussent avec leurs yeux noirs fendus en amende, avec leur bouche voluptueuse aux lèvres de corail et aux dents de perles, avec 'leur taille souple et cambrée, avec leur gorge ferme et riche, avec tous les trésors de leurs formes potelées, étaient affligées, s’il faut en croire Moïse, de secrètes infirmités que certains archéologues de la médecine ont voulu traiter comme les symptômes du mal vénérien. »

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On ne peut contester cependant la nature vénérienne des secrètes infirmités des belles Juives, en lisant le chapitre XV du Lêvitique relatif au flux qui décante de V homme : Vir qui patitur jluxum semims immundus erit ; et tune indicabitur huic vitio subjacere , cum per singula moment a adhœserit carni ejus alque concreverit fœdus humor.

Ce sont bien là les symptômes de la blennorrhagie, et c'est pour les hommes qui découlaient , suivant l'expression des traducteurs orthodoxes de la Bible, que Moïse avait recommandé aussi sévèrement l'habitude des ablutions et la désinfection df lous les vêtements souillés par eux.

Maigre toutes ces précautions prises par le législateur, la maladieve nérienne faisait de tels progrès chez les Juifs pendant leurs lentes péi igrinations dans le désert, que Moïse fut forcé de chasser du camp tousceux qui en étaient atteints (Nombres, Cdiap. V).

C'est dans ces conditions de prédisposition aux affections spécifiques des organes génitaux urinaires, que les Hébreux arrivèrent à la terre promise occupée par les adorateurs de Baal-Péor, de Moloch, de Mylitta, d’Astarté et des autres dieux ou déesses de la prostitution sacrée et légale. Déjà, en traversant les pays habités par les Moabites, les Ammonites et les Syriens, ils avaient plus ou moins pris les mœurs, les croyances et les vices de ces peuples corrompus. Une dernière fois, Moïse essaye de les empêcher d’aller vers les idoles de la lubricité pour lesquelles ils avaient une force d'affinité considérable . Il leur dit : « Quiconque des fils d’Israël donnera de sa semence à Moloch, qu’il soit puni de mort, le peuple le lapidera. Tu n'offriras point dans le temple du Seigneur le salaire de la prostitution et le prix du chien , quel que soit le vœu que tu aies fait, parce que ces deux choses sont en abomination devant le Seigneur ton Dieu. »

Les menaces de Moïse furent vaines, malgré toutes ses défenses et ses objurgations.

Les Hébreux connurent le culte de Baal, et les accidents qui en étaient la conséquence fatale. Ouvrons, en effet, T Ancien

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Testament (i), et nous trouverons un document précieux pour l’histoire de la prostitution et de la syphilis dans les temp anciens :

« Israël demeurait à Sittim, où bientôt il commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab.

« Elles invitaient le peuple aux sacrifices offerts à leurs dieux, et celui-ci mangeait avec elles et adoraient ces mêmes dieux.

« Et Israël s’attacha à Baal-Péor : c’est alors que la colère de Jéhovah se fit sentir sur lui.

« Et Jéhovah dit à Moïse : Saisis tous les chefs du peuple; et, pour calmer mon courroux, pends-les du côté du soleil, afin que ma colère se détourne d’Israël.

« Et Moïse parla ainsi aux juges d’Israël : Que chacun tue ceux de ses gens qui sont attachés à Baal-Péor.

« Et voilà qu’un des fils d’Israël amène en présence de ses frères une Médianite qui se mit à pleurer à la vue de Moïse et de toute l’assemblée.

« Ce que voyant, Pinchas, fils d’Eléasar, se leva, prit une lance, entra dans la chambre où étaient l’homme et la femme et les tua tous les deux.

« C’est ainsi que le fléau fut détourné des fils d’Israël, après avoir frappé 2a,ooo hommes (2).

« Cet homme d’Israël, qui avait été tué, s’appelait Simri, fils de Salus, prince d’une maison des Siméonites, le nom de la femme qui avait été tuée était Casbi, fille de Zur, chef d’une race de Médianites.

« Et Jéhovah dit à Moïse : Faites la guerre aux Médianites et détruisez-les, car ils vous en ont déclaré une par leur ruse, et ils vous ont trompés avec Baal-Péor et avec la fille d’un prince Midian, leur sœur, qui a été tuée au jour du fléau engendré par Baal-Péor.

« Et ils marchèrent contre Midian, comme Jéhovah l’avait ordonné à Moïse, et tuèrent tous les hommes. Les hommes

(1) Traduction de Weitecliap. 2 5, V. 1-18.

(2) Dans sa lettre aux Corynthiens, chap. io, vers. 8, Saint-Paul dit : Ne commettons pas le crime de fornication, comme quelques-uns d’eux le firent, •et pour lequel 23.000 turent frappés en un seul jour.

d'Israël s’emparèrent des femmes des Médianites et de leurs troupeaux.

« Et Moïse indigné contre les chefs de l’armée, leur dit : Vous avez laissé vivre toutes les femmes! Eh bien! ce sont elles qui, sur le conseil de Biléam (i), ont été cause que les fils d’Israël ont péché contre Jéhovah, e.i sacrifiant à Péor, et que le fléau les a frappés.

« Et maintenant tuez tous les enfants du sexe masculin et toutes les femmes qui ont connu un homme par le coït. Mais vous laisserez vivre tous les enfants du sexe féminin qui ne connaissent pas les hommes de cette manière.

« Et vous coucherez hors du camp pendant sept jours, vous tous qui avez tué des hommes et touché des morts, et vous vous purgerez du péché le troisième et le septième jour, vous et vos prisonniers. Et vous purifierez tous les vêtements, tous les vases en cuir, tout ce qui est fait en poils de chèvre, et tous les ustensiles en bois.

« Le prêtre Eléasar parla ensuite ainsi aux soldats : C’est l’ordre que Jéhovah a donné à Moïse. L’or, l’argent, le cuivre, le fer, l’étain et le plomb, tout ce qui endure le feu, doit passer par le feu ; on purgera par l’eau de purification tout ce qui ne le supporte pas. Et vous laverez vos vêtements le septième jour et vous serez purifiés et pourrez retourner au camp. »

Les précautions prises furent probablement insuffisantes, car dans un autre passage de l’Ancien Testament, il est encore question du mal de Péor :

« N’était-ce pas assez d’avoir adoré Péor, qui a été cause du fléau qui a atteint la famille de Jéhovah, et dont nous ne sommes pas encore purifiés! » (2)

La propagation de Ja maladie se fit principalement par l’armée juive. Josèphe, historien et général, de la secte des

(1) Biléam était un magicien attaché à la personne de Balak, roi des Moabites. Il fut envoyé par 'son maître au-devant des Hébreux qui venaient d’Egypte, en rançonnant toutes les populations qui se trouvaient sur leur passage. Biléam avait pour mission de les détruire par son art, mais il se contenta d’aller au-devant d’eux et de leur offrir l'hospitalité des femmes moabites, qui devait les conduire à leur perte.

(2) Josué chap. 22, verset 17.

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Pharisiens, dit très bien(i) que « la fornication était alors répandue dans toute l’armée et qu’il ne restait plus pour ainsi dire de vestiges des anciennes mœurs ... Le résultat des débauches des Juifs avec les filles des Moabites lut une maladie contagieuse, qui se communiquait aux parents du sujet infecté. »

Il est bien évident que cette maladie contagieuse ne pouvait être qu’une maladie vénérienne, puisque d’après les ordonnances de Moïse, elle provenait des relations sexuelles des Israélites avec les filles moabites, et que la cohabitation avec les tilles vierges fut permise à ceux-ci. Or il faut que le mal ait sévi bien fortement pour que le grand législateur du peuple Hébreux ait ordonné le massacre des 20,000 prisonniers et la mise à mort de toutes les prisonnières (il y en avait 32, 000), qui avaient eu des relations avec les hommes. Les vierges seules furent épargnées.

C’est après cette épidémie vénérienne, pendant laquelle les lois de l’hygiène avaient été oubliées par le peuple juif, que Josué, en arrivant dans la terre de Chanaan, ordonna au nom de Jéhovah de pratiquer la circoncision aux enfants d’Israël, opération qui se fit au début à l’aide de couteaux de pierre, sur le mont Araloth. Malgré cela, le mal de Péor, caractérisé par des écoulements impurs et des ulcères aux parties sexuelles, ne disparut pas complètement chez le peuple juif. La maladie fut entretenue parla prostitution des femmes, malgré les défenses les plus sévères de la religion. Elles ne se livraient pas dans les temples comme les femmes des Moabites, ne se prostituaient pas comme chez les autres peuples de l'Asie, suivant le culte de Mylitta, mais beaucoup d entre elles faisaient le métier de femmes publiques, comme le prouvent plusieurs passages de l’Ancien Testament. Suivant le livre des Rois (2) il y avait dans le voisinage du temple, à Jérusalem, des cabanes en forme de cellules avec des images d’Astarlé où les filles juives se prostituaient, pour de l’argent, en 1 honneur de la déesse.

(1) Antiquités judaïques. Lib . IV, chap. 6.

(2 ) Livi e des Rois. Lib. 1 1 , chap. 17, verset 3o.

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Gomme on le voit, le peuple Hébreu a donc été l’un des agents de propagation de la syphilis et de la prostitution dans l’antiquité, comme tous les peuples asiatiques. Cette conclusion ne saurait être discutée, malgré les atfirmations contraires qui se sont produites, et les prescriptions d’hygiène formulées par la religion juive.

De nombreux documents prouvent en effet que la prostitution jouissait chez les Israélites d’une entière liberté et n’était pas considérée comme infamante. Jephté, qui commanda leurs armées, comme généralissime, était le fils d’une courtisane, et sans nuire à ses intérêts, il put sacrifier la virginité de sa fille à Baal. C’est donc avec raison que tous les historiens ont affirmé que le « fléau de la prostitution resta toujours attaché comme la lèpre à la nation juive », malgré les dangers qu’elle présentait pour la santé publique, comme on peut le constater une fois de plus dans un chapitre des Proverbes de Salomon:, où il est dit par œ roi mille fois polygame : « Le miel distille des lèvres d’une courtisane, sa bouche est plus douce que l’huile, mais elle laisse des traces plus amères que l’absinthe et plus aiguës que le glaive à deux tranchants. .. » Ces paroles pourraient bien être interprétées comme l’aveu d’un accident uréthral survenu à la suite d'une des nombreuses cérémonies érotiques (i) auxquelles assistait le monarque juif dans les temples d’Astarté et de Moloch.

Les faits historiques abondent d’ailleurs pour connaître le degré d’ignominie auquel arriva la prostitution chez les Hébreux. Les prophéties d’Ezéchiel ne nous montrent, dit Dufour « que mauvais lieux publics, que tentes de paillardise plantées sur tous les chemins, que maisons de scandale et d’impudicité; on n’aperçoit que courtisanes vêtues de soie

(i) Salomon adora Astarté, déesse des Sidoniens ; Camos, dieu des Moabites, et Moloch, dieu des Ammonites; il érigea des temples et des statues a tous ces taux dieux, sur la montagne située en face de Jérusalem; il les encensa et leur offrit d'impurs sacrifices. Ces sacrifices avaient pour prêtresses ses femmes et ses concubines. A cette époque, la prostitution avait une existence légale, autorisée, protégée chez le peuple juif. Les héroines du fameux jugement de Salomon étaient deux prostituées [meretrices) (Dufour).

et de broderie, étincelantes de joyaux, chargées de parfums, et on ne contemple que des scènes de fornication ! ! ! »

Voilà ce que les vices, l’idolâtrie, la prostitution, firent des fils d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, malgré les sages et sévères prescriptions de Moïse.

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