LXVI
duits parles profits divers qu’ils voient réaliser et qui sont de leur goût ; un monde ,suspect qui ne peut offrir en majorité (il y a peut-être quelques exceptions) nulle des garanties indispensables d’intelligence et de moralité.
Joignez à cela que ces gens n’ont généralement ni sou ni maille, et sont mal payés : 97 fr. 50 c. de traitement mensuel jusqu’en 1878, 120 francs aujourd’hui (non compris la retenue) depuis que le Conseil a voté une augmentation pour tous les inspecteurs et gardiens de la paix ; ce n’est pas avec cela qu’un agent peut nourrir femme et enfants. Et puisque nous parlons d’épouses et d’enfants, un inspecteur de filles est-il marié ? Qu’il le soit ou non, il n’empéche qu’il soit jeune, vigoureux, presque toujours buveur, et qu’il se. trouve jeté dans un milieu de plaisirs ; qu’il patauge jour et nuit du salon de la maison à la chambre de l’isolée ; que les femmes, matrones et isolées vont en faire l’objet de leurs sollicitations, de leurs offres d’argent et autres pour atténuer sa sévérité, etc.
Qu’on juge de l’influence d’une telle atmosphère sur ce malheureux, qui est irresponsable et tout-puissant !
Le fait suivant, rapporté par M. Fiaux dans son remarquable travail, montre que les agents de la brigade des mœurs font souvent des incursions
dan? Je domaine de la vie privée et que les deniers de la ville sont parfois affectés à d'étranges usages :
« Il y a quelques années, le brigadier Landouze, les inspecteurs Kroger et Loisel, le chef de la sous-brigade des pédérastes, Ralcasse, se livraient à des recherches sur lesantédédentsdes actrices de Paris, confectionnaient un alhum des photographies de celles que leurs succès de rampe ou de galanteries avaient mises le plus en vogue, en y joignant des biographies intimes, puis faisaient hommage de ce chapitre Aq Mémoires secrets au chef de la police municipale, M. Ansart ; celui-ci, touché de cette gracieuseté, allouait à ces divers agents une forte gratification. »