LXXV
1870 (1 er janv.) 2.590
On voit que le nombre des filles inscrites est absolument insignifiant comparé au chiffre total des femmes ou filles qui se livrent publiquement à la prostitution. L’action préservatrice de l’administration ne porte donc que sur un nombre trop restreint pour être vraiment efficace au point de vue de la protection contre les maladie vénériennes.
Le tableau suivant porte le nombre des arrestations effectuées par l’administration pendant neuf ans :
Filles Filles Filles Filles
détenues détenues détenues détenues
en punition à l'infirmerie à St-Lazare àl’inflrmerie à de (3« section) de St-Lazare
Années. Saint-Lazare. Saint Lazare. (A). (A).
Le tableau suivant, qui va jusqu’en 1880, indique le nombre des filles insoumises qui ont été arrêtées, puis inscrites à la Préfecture pour être placées dans les catégories des fille s soumises et filles de maisons ;
— lxxvm —
Arrestations des tilles
Années insoumises. Inscription. .
On peut trouver élevé le nombre des arrestations effectuées eiî 1880, étant donné le petit nombre d’agents affectés à ce service (80) ; mais il convient de faire remarquer que la police procède par râfles, envahit subitement, dans le milieu de la nuit, un hôtel garni dont la réputation est douteuse et arrête toutes les femmes qu’il contient. Celles-ci se laissent le plus souvent emmener au dépôt sans aucune résistance. C’est le lendemain qu'ont lieu les explications et l’examen médical. On comprend qu’avec un tel système des erreurs soient fréquentes, et il n’est pas rare de voir arrêter des femmes mariées, des servantes sans place, des personnes en un mot qui ne sont pas des prostituées ou ne sont tombées qu’accidentellement. Des erreurs de ce genre
ont souvent donné lieu à des événements déplorables, et nous avons tous présents à l’esprit des faits récents qu’il serait trop long de rapporter ici (1).
(1) En 1870, on arrêtait la femme de M. X., banquier honorable de Dijon, qui attendait son mari dans la rue. — En 1877, Mlle Ligcron, arrêtée au moment où elle quittait le bras de son fiancé, meurt quelques jours après de la commotion résultant de cet outrage. L’examen médical l’a déclarée vierge. — On se souvient encore de l’arrestation de Mlle Roussoil, de Mlle Bernage^qui ont été si vivement commentées par la presse»