‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 31 sur 76 · UNE JEÛNE FILLE S’ÉCHAPPA APRES AVOIR ÉTÉ ' VENDUE · texte numérisé non relu

UNE JEÛNE FILLE S’ÉCHAPPA APRES AVOIR ÉTÉ ' VENDUE

Désireux de me rendre compte de la réalité de ces transactions, je chargeai une femme absolument sûre de se rendre avec l’ancienne entremetteuse à la maison en question, et dechercher à-voir une des enfants dont le prix était fixé comme celui des moutons, à tantpartête.

La maîtresse de maison était tant soit peu soupçonneuse, vu la présence d’une étrangère ; mais, après un moment de conversation, elle dit qu’elle avait une fille verte sous sa main qu’elle pourrait livrer tout de suite si l’on arrivait à s’entendre. On. envoya chercher la jeune fille qui parut aussitôt. On lui dit qu’elle allait avoir une bonne place en province, à quelques milles de Londres. Elle dit qu’elle avait été élevée dans une maison à Sheatham, qu’elle avait été en service, mais qu’elle était sans place depuis trois semaines. C’était une enfant gentille, au regard

brillant, qui semblait un peu énervée par tant

de questions et par la conversation au sujet de son départ pour la province.Néanmoins, lemar- J ché fut conclu. La patronne devait recevoir 50 fr.

N . séance tenante et 25 fr. après qu’il aurait été j constaté que la jeune fille était vierge. L’argent fut payé et la jeune fille livrée; mais quelque I,'. chose de ce qui avait été dit lui donna l’éveil,et elle parvint à s’évader. Mon amie, qui avait as- !;• sistéà toute la négociation et dont la présence l avait sans'doute contribué en quelque sorte aux difficultés du marché, m’annonça qu’il n’y avait pas le moindre doute quant à la vente et la à remise de l’enfant. « Sa fuite», dit l’ancienne patronne, « fait partie des risques du métier. S’il' s’était réellement agi d’une affaire régulière, je n’aurais jamais consenti à emmener la jeune fille de la maison, tant pour empêcher sa fuite que pour plus de sûreté. Gest presque une règle , immuable que le vendeur doit livrer la jeune ; fille à une gare quelconque. On vous l’amène, on L : la place dans votre voiture ou dans le wagon, et lereste vous regarde ; et il vous est facile de veil- ; 1er à ce qu’elle ne s’échappe pas. Mais les risques de la livraison en un lieu sûr sont toujours à la charge du vendeur. »

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