‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 32 sur 76 · UN DROLE DE MÉTIER · texte numérisé non relu

UN DROLE DE MÉTIER

Pendant que je poursuivais ces recherches dans YEast-end , je fus surpris par l’avis d’une découverte fait par un agent de confiance à l’autre extrémité de la ville. Il s’agissait de rien moins que de la découverte d’une maison tende en apparence par une sage-femme très respectable, et où les entremetteuses conduisaient les enfants pour faire constater leur virginité avant Je viol, et où, après le viol,on les ramenait pour être raccommodées (patched up)e t où, au besoin, on pouvait se faire avorter. L’existence de cette maison n’était pas un secret. Elle était connue dans le métier, et mon agent y avait été conduit, sans beaucoup de difficultés, par une femme de mauvaise vie dont il avait fait la connaissance par hasard. Sans doute cette respectable vieille a une profession d’une nature moins douteuse, mais dans le métier sa réputation n’a pas d’égale, d’abord comme certificatrice de vir-

ginitéet ensuite à cause de l’adresse et la dextérité avec laquelle elle sait réparer les ravages causés par l’outrage qui a suivi le certificat.

C’était déjà passablement horrible. Et pourtant voici la maison, imperturbable dans son honnête aspect extérieur, apparemment un accessoire indispensable de la civilisation moderne, car sa propriétaire conserve des rapports confidentiels avec les» meilleures maisons > du Westend (1). Cette répararatrice de vierges endommagées n’est pas une entremetteuse.

Sa mission est toute salutaire. Son domicile n’est pas fait pour servir au viol. Elle sait où cela se passe, mais elle ne peut pas l’empêcher. Ce qu’elle fait, c’est apaiser la douleur et réparer réellément autant que possible les ravages de la luxure qu’elle n’a pas créée et qu’elle ne peut pas contrôler. Mais-c’est une femme instruite qui doit à une longue pratique de nombreux secrets, et si elle voulait parler!!! Elle ne dédaigne pas pour cela de donner un avis à ceux qui lui demandent conseil sur les endroits où l’on peut le mieux se procurer dès petits enfants. « Il y a quelque temps, dit-elle, cela n’était pas difficile. Chacune de ces maisons, » et elle citait plusieurs

(1) Le West-End ,situé à l’ouest de la cité, est le quartier bourgeois et aristocratique de Londres.

maisons très connues, étrangères et anglaises dans le quartier de l’Ouest et de Nord-Ouest,

« fournissait des enfants ; mais maintenant elles sont prudentes. Il faut être un ancien client pour être servi. »

« Mais, après tout, cela leur coûte cher de se procurer des petites fdles. Si vous avez réellement un caprice de cette nature, pourquoi ne faites-vous pas comme M.? C’est plus éco¬

nomique, plus simple et plus sûr. » — Et comment fait M.?et qui est M.? — Oh ! M.

est un gentleman qui a un fort penchant pour les petites filles. Je ne sais pas combien j’en ai dû réparer qui ont passé par ses mains. Il s’en va dans l’East-end et dans la City et guette le moment où les petites filles sortent des ateliers et des magasins pour goûter, ou à la fin de la journée. Il voit la fille qui convient et appelle son attention. C’est un peu long, mais il gagne la confiance de la petite fille. Un beau jour, il propose une petite excursion dans le West. Elle y consent. Le lendemain j’ai une nouvelle malade, et M... s’en va courir après une autre petite fille. — « Et que deviennent les malades auxquelles vous donnez vos soins ? » — « Quelques-unes retournent chez elles, d’autres reprennent leur emploi, d’autres encore sont livrées à ceux qui ont du goût pour les articles de seconde main,et

la bonne dame donna à entendre à mon agent que, si tel était son caprice, elle ne désespérait pas de faire une petite affaire et de s’entendre avec lui. »

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