‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 41 sur 76 · UNE MAISON DE PROCUREUSE · texte numérisé non relu

UNE MAISON DE PROCUREUSE

Le racolage pour les maisons de prostitution n’est nullement livré au hasard et à des intermédiaires de rencontre. C’est un commerce organisé systématiquement. Mesdames X... et Z.. , procureuses à Londres, est une raison sociale dont l’adresse ne figure pas dans le «Post Office Direc.tory(l)». Elle existe néanmoins et ses opérations sont actuellement en pleine prospérité. Ses associées se sont fait une spécialité de la fourniture de vierges.

Une maison mal famée ordinaire recrute ses tilles au hasard, par achat, par contrat, par force ou par fraude ; mais, règle générale, sa matrone compte sur celles qui ont été déjà séduites comme denrées principales. Elle procure une vierge pour obliger un client, souvent en livrant comme vierges celles qui depuis longtemps ont dit adieu à leur virginité, car les ruses de femme sont innombrables et les moyens de réussir sont nombreux et simples.

(1) Le Bottin, de Londres.

Le nombre de vierges retapées que M me Jefferies a fournies couramment, à ce qu’il paraît, pour sa clientèle aristocratique dans le voisinage de Regent Street, est considéré dans le métier comme un des exploits les plus remarquables de la grande procureuse de Chelsea. Mais ce ne sont là que des trucs du métier qui n’ont rien à faire avec cette enquête. La différence entre les maisons de M mes X... et Z... et le patron ordinaire d’une maison de passe consiste en ce que la fourniture de vierges (ce qui, pour le dernier, est un hasard) constitue l’occupation constante de leur existence. Elles ne font que cela. Elles ne tiennent pas de maison mal famée.

: Une des associées, de cette maison remarquable demeure avec ses parents ; l’autre qui a ses pénates à elle, occupe en apparence un emploi de confiance dans l’établissement d’une maison bien connue d’Oxford Street. Mais ce ne sont là que des apparences. Leur travail réel, auquel elles consacrent chaque jour de la semaine consiste à procurer des vierges à une clientèle considérable qui augmente constamment.

Les bureaux de la maison se trouvent place de..., au domicile de la plus jeune associée, où sont adressées les lettres et télégrammes, où l’on reçoit les commandes et où se fait la correspondance nécessaire. Les deux associées sont jeunes

et l’associée en chef est en réalité plus jeune que l’autre.

La maison a été fondée par Mlle X..., jeune femme énergique et adroite et d’une grande finesse, presque immédiatement après sa propre chute en 1831. Elle était alors dans sa seizième année. Une petite fille qui avait déjà failli la présenta à un monsieur et empocha la moitié du prix de sa vertu comme commission. La facilité avec laquelle sa procureuse avait gagné une couple de livres sterling fut comme une révélation pour Mlle X..., et presque immédiatement près sa chute elle commença à rechercher deseunes filles pour les clients et des clients pour les jeunes filles.

Après deux ans, les affaires avaient pris une extension telle qu’elle fut obligée de prendre pour associée Mlle Z..., ulie jeune fille un peu plus âgée, d’environ vingt ans, à la figure plus mince et de constitution plus délicate.

A une certaine époque, Mlle Z... consacra tout son temps aux affaires, mais un de ses clients lui donna à entendre qu’il serait plus honorable et en outre plus avantageux pour trouver des occasions, de reprendre son ancien emploi à la tête d’un atelier de l’établissement mentionné ci-dessus. Elle retourna ensuite dans son ancien quartier et assuma la responsabilité de surveiller

la bonne conduite et les bonnes manières d’une vingtaine de jeunes filles apprenties qui arrivent de province pour apprendre le commerce.

Je suis si pfécis en donnant ces détails non seulement parce que cette maison est une de s celles qui ont échappé jusqu’à présent à l’attention de l’observateur social, mais encore parce que l’existence môme d’une maison ainsi organisée pour la fourniture de vierges a été niée obstinément par ceux qui croient savoir ce qui se

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