‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 47 sur 76 · COMMENT ON VIENT A BOUT DES VIERGES RÉCAL¬ CITRANTES · texte numérisé non relu

COMMENT ON VIENT A BOUT DES VIERGES RÉCAL¬ CITRANTES

Est-ce que les jeunes filles se repentent quelquefois et résistent lorsque le moment est venu ?

— Oh oui ! dit Mlle X.. ; parfois nous avons des ennuis sans fin avec les petites sottes. Voyezvous. souvent elles n’ont pas là moindre idée de ce que c’est que d’être séduites. Nous ne nous donnons pas beaucoup de peine pour le leur expliquer, et il nous suffit que la petite consente à voir ou à monter avec un monsieur riche, ou à faire un petit jeu avec lui.

Ce n’est pas notre affaire de ce qu’elle entend par voir un monsieur. Tout ce que nous avons à faire, c’est de l’y amener et de veiller à ce qu’elle ne se moque pas du monsieur une fois rendue à destination.

— Vous réussissez toujours quand même ?

— Certainement, dit-elle. Lorsqu’une petite fait trop de bruit, elle perd sa virginité, pour rien, au lieu de la perdre pour de l’argent. Le meilleur

moyen de venir à bout de ces petites sottes, c’est de les convaincre qu’une fois venues, elles seront séduites, qu’elles le veuillent ou non, et que, si elles ne veulent pas, elles seront séduites d’abord ' et mises à la porte ensuite sans un sou- Même avec ces précautions elles regimbent et crient quelquefois et font le diable à quatre.

— Vous vous rappelez Janie ? dit-elle en interpellant Mlle Z. ?

— Certainement, dit la galante dame. Vous voulez parler de la petite que nous avons dû maintenir.

— Oui, dit Mlle X. Cette petite nous a donné beaucoup de tracas. Elle s’enveloppait dans les rideaux du lit et criait, et luttait, et faisait un tel vacarme que moi et mqn amie nous avons dû la maintenir de force pendant qu’elle était séduite.

— Allons donc ! vous n’avez pas fait cela ?

— Vous croyez ? Je dus tenir une épaule pendant qu’elle tenait l’autre, et, même comme cela, nous eûmes toute la peine du monde pour la maintenir. Elle était effrayée et ne faisait que crier et hurler. .

— Cela m’a donné un tel coup, dit la cadette, que j’étais sur le point de renoncer au métier, mais je m’en suis remise.

Page 1