GÉNÉRAL
Il n’est pas sans intérêt, avant d’exposer les causes qui ont fait supprimer les Acts., de faire connaître les résultats qu’ils avaient produits dans l’armée. Le rapport suivant de Sir John Pakington sur l’ensemble dés statistiques de la police métropolitaine relatives à la mise en pratique et aux résultats des décrets sur les maladies contagieuses, jusqu’au 31 décembre 1872, mérite d’être reproduit :
« Je dois d’abord constater que les femmes publiques soumises aux décrets' dans différentes villes se sont présentées à l’examen médical avec une grande régularité et que l’on n’a été obligé de recourir aux moyens légaux que dans de rares circonstances. »
« Dans 6,356 cas, les filles ont signé volontairement leur soumission, tandis que dans 20 cas seulement, l’ordre du magistrat a été nécessaire pour déterminer la visite sanitaire.
« Le nombre deseas dans lesquelles il a fallu . recourir au magistrat a diminué des deux tiers dans le courant de l’année; et le nombre des disparitions après soumission volontaire a été réduit de moitié.
« De plus, malgré f introduction continuelle de tilles venant dés districts non protégés , le nombre total des filles dans les quelques districts protégés , à partir du 31 décembre dernier, a été réduit de 2,411 à 2,290.
« Là réduction du nombre total des prostituées, toutefois, nè témoigne qu’imparfaitement en faveur des décrets, l’amélioration est beaucoup mieux démontrée par la réduction du nombre des prostituées très jeunes. Le nombre des prostituées au-dessous de 11 ans,dans les différents districts, au 1 er décembre dernier, était de 2 seulement, tandis qu’en 1866, lorsque le décret fut mis en vigueur et dans un district seulement, il n’y avait pas moins de 377 filles au-dessous de cèt âge ; de plus encore, au 31 décembre dernier, le nombre des Ailes amdessous de 18 ans était de 671 tandis qu’en 1866, il était de 595.
« 86 brothels se sont fermés dans le courant de l’année, la plupart de la plus basse et la plus ignoble espèce ; pourtant, il existe encore 61 maisons publiques et 61 brasseries, brothels, quoique les décrets sur la licence des boissons
enivrantes rendent les propriétaires passibles d’une grave pénalité lorsqu’ils laissent leurs établissements dégénérer en brothels.
« 2,054 filles ont été enregistrées pour la première fois dans l’année, en comprenant celles qui avaient été déjà enregistrées dans les autres districts non protégés. Sur ce nombre, 742, soit 36.71 pour 100 de celles qui ont été examinées, ont été trouvées malades au premier examen, tandis que 201 seulement, soit 9,19 pour 100 de celles qui étaient déjà enregistrées au 31 décem bre 1871, ont été trouvées malades.
« Le grand nombre de prostituées arrivant des districts non protégés est une cause d’augmentation considérable dans le nombre et la proportion des malades ; leurs habitudes sont ignobles, leurs vêtements sordides, et leur conduite sur la voie publique est révoltante; mais les bons effets des décrets ne tardent guère à se produire ; elles prennent en peu de temps des habitudes plus décentes.
« 71 jeunesses de 12 à 17 ans et 135 femmes de 17 à 31 ans, déjà engagées dans le vice, ont changé de vie,moyennant l’intervention de la police ; par conséquent, on a pu se dispenser de les enregistrer.
« 4 jeunes femmes mariées, trouvées avec des hommes pendant la nuit dans les brothels par la police chargée spécialement de l’application des
décrets se sont présentées le lendemain chez l’inspecteur, promettant, dans le désespoir et les larmes, que si l’on ne les forçait pas à subir la visite sanitaire, rien au monde ne pourrait les faire retomber en faute; elles ont tenu leur promesse.
« Plusieurs jeunes filles remarquées par la police spéciale, dans de mauvaises compagnies et dans de mauvais lieux, ont été retenues par la simple conviction qu’elles étaient observées par la police; la crainte d’être interpellées et d’ôtre soumises aux dispositions du décret a suffi poulies déterminer à se corriger.
| Aucun cas de maladie vénérienne n’a été rencontré parmi les hommes de la marine royale stationnant à Darmouth et une seule femme a été envoyée à l’hôpital pour subir un traitement spécial; or, le 12 mars 1870, lorsque le premier examen médical a eu lieu dans cette ville, 6 femmes furent trouvées malades sur 8 examinées.
Le document suivant, présenté au gouvernement en 1872, pendant que les Acts étaient en pleine vigueur,est également intéressant quoique écrit d’une façon partiale par des agents ayant intérêt à la conservation des mesures répressives. Il est intitulé :