‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 73 sur 76 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

LE VERITABLE AUTEUR DES ARTICLES DE LA il PALL MALL GAZETTE ».

Tout lemonde a encore présent à l’esprit l’émotion qui s’est emparé de l’Angleterre et même de l’Europe au moment où ont paru les révélations delà P ail Mail Gazette. Les commentaires les plus étranges ont circulé, une immense agitation a envahi la métropole anglaise, et la police eut à combattre une véritable émeute. Les gens bien renseignés affirmaient que l’auteur qui avait révélé les scandales et dévoilé l’admirable organisation qui présidait à la traite des vierges n’avait fait que raconter des histoires vécues dont les héros appartenaient aux plus hautes classes de la Société. Puis on citait tout haut le nom des hauts personnages, clients attitrés du lupanar de madame Jefferies, qui avaient été surpris dans leur orgie de chair virginale. On

mettait alors en avant les noms les plus illustres de l’aristocratie anglaise auxquels on ajoutait ceux du prince de Galles et du roi des Belges.

Le nom de l’instigateur des révélations était lui-même un mystère. Les uns assuraient que l’auteur des fameux articles élait M. Georges Moore, poète et romancier bien connu. Les autres en attribuaient la paternité à M. Mourley. D’autres enfin accusaient le célèbre Booth, maréchal de l’Armée.du Salut.

Les circonstances qui nous ont empêché de publier plus tôt la traduction annotée que nous avions préparée depuis longtemps ont eu leur bon côté, puisqu’elles nous permettent aujourd’hui de faire connaître le véritable auteur des articles de la P ail Mail et les conséquences qu’ont eu les articles pour les membres de la fameuse commission secrète.

C’est le directeur lui-même de la Pall Mail Gazette , M. Stead, assisté de plusieurs collaborateurs dévoués de ce journal et de plusieurs membres de la célèbre Armée du Salut, qui avait mis le feu aux poudres. Il est probable que les noms des révélateurs seraient restés longtemps inconnus du public sans une circonstances fortuite qui les a amenés devant la cour d’assises ou ils avaient à répondre du crime de détournement ࣠mineure. 11 résulte des débats 14*

de ce curieux procès, dont nous allons faire connaître les points les plus intéressants, que M. Stead, afin de mieux prouver la facilité avec laquelle les vierges anglaises étaient immolées, avait joué le rôle d’acteur dans un des drames terribles relatés dans le Tribut des vierges de la Babylone moderne. Hâtons-nous cependant de dire qu’il s’était borné à prouver que le rapt d’une vierge était chose facile à Londres, et qu’il avait su s’arrêter juste au moment où il aurait pu commencer l’acte criminel.

Mais, avant d’entrer dans les détails de ce curieux procès, nous devons faire connaître l’approbation officielle donnée à M. Stead et à ses collaborateurs par une commission composée d’hommes occupant les plus hautes situations en Angleterre.

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