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CHAPITRE II

COMMENT il est POURVU ACTUELLEMENT à la PROTECTION ce la MATERNITÉ

Section 1. — L'ASSISTANCE PUBLIQUE

Nous ne saurions entreprendre ici l'historique de l’Assistance Publique ; aussi bien son fonctionnement ne nous intéresse qu'en ce qui Concerne ceux des services qui touchent à la Maternité dont nous nous occupons.

Encore sera-ce pour constater leur insuffisance, qui est absolue en province, qui est encore déplorable à Paris.

En 1891, le D' Drouineau écrivait, dans son rapport au Ministère de l'Intérieur : « Sur 16 départements, 2 n'avaient pas de lit hospitalier pour le service des accouchements ; 9 en avaient moins de 20 ; 5 seulement en avaient plus de 20, parmi lesquels la Gironde et la ville de Bordeaux. Dans ces 16 départements représentant une natalité de 153.479 enfants légitimes et de 10.539 illégitimes, il y avait 396 lits affectés aux femmes enceintes et il s'y pratiquait seulement 2.000 accouchements ». Et depuis vingt ans la situation ne parait pas s'être sensiblement modifiée en province.

Ib S [. — AVANT L'ACCOUCHEMENT

‘Au point de vue des femmes enceintes avant l'accouchement, aucun secours n’est officiellement prévu. Des dortoirs sont annexés à la plupart des maternités : mais dans ces dortoirs, on ne recoit que les femmes dont l'état nécessite l’hospitalisation. Certains hôpitaux admettent des expectantes qui sont employées à la lingerie. Pour les autres, des refuges ont été créés, mais ils n'admettent les femmes qu'à une époque avancée de leur grossesse.

L'Asile George Sand, qui a 96 lits et 20 berceaux, recoit toute femme avec ses enfants pour la nuit et la journée : si la femme est enceinte, elle peut, à la rigueur y demeurer trois jours.

L’Asile Pauline Rolland a 175 lits et 40 berceaux ; il y a des lits réservés pour les femmes enceintes. En 1876, le Conseil général émettait le vœu qu'un asile-dortoir fut institué par la municipalité parisienne : celle-ci décida, en mai 1890, la création de cet asile. Ce ne fut toutefois, que le 21 décembre 1893, que fut ouvert l’Asile Michelet, rue de Tolbiac, qui dépend de la Préfecture de la Seine.

Il contient aujourd’hui 200 lits, et recoit les femmes françaises arrivées à sept mois et demi de leur grossesse. Elles ne sont pas obligées de fournir leur état-civil. L'admission consiste dans un examen dans le but de reconnaître l'état d'avancement de la grossesse, et dans l'obligation de prendre un bain, de changer de vêtements.

Elles sont employées à de petits travaux faciles et peu fatigants : le ménage et l'entretien des salles. Elles ne sont astreintes à aucun travail régulier.

Elles peuvent s'occuper à la confection d'une layette, réparer leurs effets personnels, ou bien travailler à la lingerie, travail qui leur est rétribué.

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