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S 2. — PENDANT L'ACCOUCHEMENT

Lorsqu'arrive le moment de l'accouchement, le rôle de l'Assistance Publique devient plus efficace. C'est elle, à Paris, et dans la banlieue qui, généralement, transporte les parturientes dans les maternités.

Il faut reconnaître que de grands efforts ont été faits depuis quelques années pour l'amélioration et pour la création des moyens de transport. Mais comme précédemment, il n'y avait rien, ce qui existe actuellement estencore bien insuflisant. Les quatre stations d'ambulance, rue Falguière, rue de Chaligny, rue Caulaincourt et rue Bichat, ne peuvent fournir assez de véhicules, et on en est le plus souvent réduit à mettre la femme enceinte dans le premier fiacre venu, pour la transporter dans une maternité.

Au point de vue administratif, le régime de la loi du 10 janvier 1849, qui comprend les femmes enceintes parmi les femmes pouvant être admises dans les hôpitaux, est toujours en vigueur. Cette loi stipule même que faute d'emplacement convenable dans les hôpitaux, les galeux, les teigneux, les femmes enceintes peuvent être traitées dans les hospices…

Bien que l'accouchement soit un acte physiologique naturel, il nécessite cependant une assistance sérieuse, si l'on ne veut pas courir le risque d'exposer la vie de la mère et de l'enfant. La femme, arrivée près du terme de la grossesse, souvent sans foyer, parfois même sans logis, est dans des conditions absolument insuffisantes d'hygiène et de bien-être matériel pour recevoir chez elle les soins que réclame son état.

En quittant son domicile, la femme est reçue et soignée à l'hôpital, d'où elle sortira physiquement guérie, plus

capable de résister aux misères à venir. Quant à la femme mariée et abandonnée, veuve, ou bien avec un mari malade, et quelquefois chargée de famille, sa place dans une maternité est toute indiquée.

Il en est de même pour les femmes mariées dont l'accouchement ne semble pas- devoir s'effectuer normalement.

L'heure des couches étant arrivée, l'Assistance Publique intervient soit par des secours à domicile, soit par l’hospitalisation dans ses maternités.

Quoique la Maternité de Paris ait été fondée en 1794 par un décret de la Convention, ce n’est que près d'un siècle plus tard que la loi du 15 juillet 1893 a institué l’Assistance médicale gratuite.

Avant cette loi, l'assistance à domicile des femmes en couches était abandonnée à la générosité des bureaux de bienfaisance, c'est dire, que sauf de très rares exceptions, cette assistance n'existait pas. Les localités possédant des bureaux de bienfaisance étaient peu nombreuses, et les secours que distribuaient ces bureaux étaient au-dessous des nécessités : ils avaient en général la forme de bons de cinq ou de dix francs et c'est avec cette modique somme que l'on devait rénumérer la sage-femme et le pharmacien. Les nouvelles accouchées, voyant le pain manquer à la maison, se relevaient le plus tôt possible pour reprendre leur travail; de ce fait, les suites fécondes en accidents étaient nombreuses parmi les femmes pauvres.

Ce fut donc un grand progrès, que réalisa cette loi, en rendant obligatoire l'assistance médicale des femmes en couches.

L'article 4e déclare :

Tout français malade privé de ressources reçoit gratuitement de la commune, du département ou de l'Etat,

LG suivant son domicile de secours, l'assistance médicale à domicile, ou, s'il y a impossibilité de le soigner utilement à domicile, dans un établissement hospitalier. « Les femmes en couches sont assimilées à des malades. »

Le commentaire de cet article nous est fourni par le Bulletin du Ministère de l'Intérieur de 1894: « On entend par femmes nécessiteuses, non seulement celles qui sont inscrites sur la liste des indigents de la commune, mais encore celles qui n'étant pas nécessiteuses en temps ordinaire, le deviennent temporairement par le fait de leur accouchement ».

La commune est comme le pivot de l'assistance ; ce n’est qu'à son défaut, que le département en est chargé. Si la malade n'a domicile ni dans l’une ni dans l'autre, c'est à l'Etat que ce soin incombe.

La loi de 1893 reproduit les règles posées par le Conseil Supérieur : «L'assistance publique est une œuvre de solidarité nationale. Elle doit s'exercer non seulement de la société à l'individu, mais de groupe à groupe, les communes riches venant au secours des communes pauvres, les départements riches venañt au secours des départements pauvres. La proportionnalité et non la fixité, doit en conséquence être la règle des subventions soit des départements soit de l'Etat. »

La loi de 1893 apparaît comme une sorte de solide armature, de construction savante, destinée à recevoir et à encadrer une bonne organisation de l'assistance publique, à englober en les étayant, toutes les autres œuvres d'assistance publique créées ou à créer.

Quant aux femmes nécessiteuses en couches, elle ne leur donne que les soins médicaux et rien de plus, c'esta-dire les honoraires des médecins, chirurgiens et sagesfemmes, plus les médicaments et appareils.

Le professeur Pinard ne manqua pas de faire ressortir

T7 D éloquemment que le complément indispensable, le secours en argent, fait totalement défaut :

«€ La plus grande lacune n'est pas comblée, écrit-il dans la préface de la Puériculture du D: Pecker, ..... l'assistance médicale près de chaque parturiente. Cela peut paraître suffisant en théorie, mais cela est absolument insuffisant en pratique. L'accouchement est une fonction qui ne réclame le plus souvent que le secours de l'hygiène. Or, que peuvent faire médecin et sage-femme, en dehors des cas exceptionnels où l'intervention scientifique est nécessaire, près d’une parturiente dénuée de tout ? Leurs sentiments généreux, leur bonne volonté, leur dévouement seront frappés de stérilité, par la pénurie absolue des moyens matériels, les empêchant d'appliquer les connaissances acquises ).

C'est la critique formelle de la loi de 1893, et de son insuffisance, en ce qui concerne la protection de la maternité.

Si nous franchissons le seuil des maternités, nous nous dispenserons de jeter un coup d'œil en arrière sur le temps encore peu éloigné où c’étaient de véritables asiles de mort : nous constaterons seulement, pour limiter notre enquête, que les maternités de Paris ont été réorganisées depuis quelques années.

La Maternité a actuellement 393 lits, Tarnier 212, Baudelocque 188, Beaujon 75, Saint-Antoine 65, Lariboisière 62, Tenon 63, Saint-Louis 50, Boucicaut 32, la Pitié 2f. Il n'existe pas de circonscriptions et les malades peuvent être admises indistinctement dans l'une quelconque de ces maternités. Le nombre des lits est souvent insuffisant, et les différents quartiers de Paris sont inégalement traités. Certaines de ces maternités sont incomplètement outillées, et ont un personnel trop restreint.

LTADILEE $ 3. — APRÈS L'ACCOUCHEMENT

Les femmes accouchées sortent d'ordinaire des maternités vers le neuvième jour. En province, elles peuvent y faire un séjour plus prolongé. Mais partout et la plupart du temps, les départs prématurés sont du fait des intéressées elles-mêmes.

A Paris, les directeurs peuvent leur remettre un léger secours, une quinzaine de francs, et des objets de layettes.

Elles peuvent être admises à l’Asile Ledru-Rollin, à Fontenay-aux-Roses, où elles peuvent se reposer une quinzaine dé jours et même plus.

Cet asile, très bien situé, a été ouvert le 40 juillet 1890, dans la maison de campagne léguée à cet effet par Marc Ledru-Rollin ; il fonctionne depuis le 4 août 1892 et dépend de la Préfecture de la Seine. Deux fois par semaine, une voiture d'aspect fort modeste vient prendre les accouchées dans les maternités pour les y conduire.

L'asile possède 50 lits et autant de berceaux, mais, la plupart du temps, il y a des vides, car les convalescentes restent à peine quinze jours, ne pouvant ou ne voulant pas se soumettre à la discipline sévère qui règle la nourriture et les soins à donner aux enfants, et qui leur impose à elles-mêmes des prescriptions trop étroites,

comme celle de ne pas se coucher dans la journée.

Cet asile n'en rend pas moins de grands services : en 1908, il a reçu 629 femmes avec 536 enfants.

L'Asile national du Vésinet admet également des nouvelles accouchées qui peuvent y séjourner 21 jours, dans les mêmes conditions qu'à Ledru-Rollin, sauf les rigueurs du règlement.

Ila été fondé par décret du 8 mars 1855, et affecté aux femmes convalescentes par un antre décret, du 28 août 1859.

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Là se borne le rôle de l'assistance administrative pour le secours des mères ; elle n'assure, à domicile, aux femmes en couches que les soins médicaux. Quant au repos avant et après l'accouchement, il n’y a rien de plus que ce que nous venons de dire. Pour les accouchées à domicile, il n'y a que les secours accordés par les bureaux de bienfaisance : ils sont infimes et absolument insuffisants.

Section IT. — L'INITIATIVE PRIVÉE

C'est du côté des œuvres créées par l'initiative privée qu'il faut se tourner pour trouver une organisation peut-être moins coordonnée, mais du moins plus efficace, car elle puise ses ressources dans l'inépuisable charité des gens de bien.

S [. — Les MUTUALITÉS MATERNELLES

En tête de ces institutions philanthropiques, nous placerons la Mutualité Maternelle, dont le rôle social semble grandir tous les jours à tel point, que les pouvoirs publics paraissent se préoccuper d'établir entre elle et l'Etat un lien, un concours d'efforts qui pourraient annoncer l'avènement d’un régime nouveau.

Entre tous les moyens qui ont été mis en œuvre jusqu'ici, dans le corps social, pour la protection efficace de la maternité en vue de la diminution de la mortalité infantile et aussi dans le but d'améliorer la race, les mutualités maternelles ont paru à beaucoup de bons esprits offrir la solution la plus efficace d'une partie du problème. Ces institutions, en eftet, ont organisé le repos obligatoire d'un mois, avec indemnité, la visite des inspectrices chez les femmes enceintes et les mères, les consultations de nourrissons. Elles ont, en outre, le

LS RES mérite appréciable de faire appel à l'idée de prévoyance, en même temps qu'elles secourent toutes les infortunes. Nous verrons toutefois qu'elles laissent encore la voie ouverte à des critiques et que leur action ne saurait s'étendre aussi complètement qu'il serait désirable.

Nous dirons un peu plus loin ce que la charité privée a créé pour améliorer la situation des mères et des nourrissons, Ce que la ville de Paris, ce que l'industrie et les grandes compagnies ont fait, ce que le législateur a ébauché.

Rappelons seulement ici qu'au congrès de Berlin, en 1890, Jules Simon faisait adopter par quinze nations cette proposition : ( [l est désirable que les femmes accouchées ne soient admises au travail que quatre semaines après leurs couches. »

Depuis cette époque, tous les Etats européens, sauf la France, la Russie, la Turquie, ont inscrit dans leurs lois le repos obligatoire.

En France, l'idée des mutualités maternelles se fit jour en 1891, sous l'influence d'une conférence de Jules Simon.

Elle n'était pas absolument nouvelle, car, en 1866, Jean Dollfus avait fondé, à Mulhouse, l'Association des femmes en couches entre les ouvrières des six grandes maisons du pays. Cette association subsiste, mais elle ne s'est pas développée, la loi allemande accordant l'indemnité à la femme en couches.

La Mutualité Maternelle de Paris fut fondée en 1891, par MM. Poussineau et Brylinski avec le concours des Chambres syndicales de la Couture, de la Broderie et de la Passementerie, à la suite de la conférence précitée de Jules Simon.

M. Ruau, alors ministre de l'agriculture a spirituellement raconté celte fondation dans le discours qu'il prononçait quatorze ans après, le 8 avril 1905, à une

assemblée générale de la Mutualité Maternelle ; il avait donné à son récit la forme d'un conte qu'il intitulait le « Couturier philosophe. »

« Après avoir assisté pendant quelques heures à une conférence, où avaient pris tour à tour la parole des hommes considérables de ce temps, Léon Say, le spirituel économiste, Jules Simon à la fois tendre observateur et philosophé humanitaire, un apôtre pour la défense de la femme et de l'enfant, Waldeck-Rousseau, l’'éminent homme d'Etat, M. Poussineau rencontra son ami M. Brylinski. Encore tout vibrant des paroles qu'il venait d'entendre, des discours qui exallaient la solidarité et vantaient l'action des syndicats, M. Poussineau tint à peu près ce langage à son interlocuteur : — Nous avons organisé récemment une fête de bienfaisance au bénéfice de notre personnel ouvrier ; nous en avons réservé les profits pour quelque bonne œuvre. Jules Simon nous a exposé éloquemment ses idées sur la protection de la mère et de l'enfant dans les jours qui suivent les couches. Que penseriez-vous de la mise en œuvre immédiate de sa pensée dans nos ateliers de modes ? — M. Brylinski, gagné immédiatement à cette cause, accepta le fardeau de l'entreprise ; quelques cœurs généreux firent le reste... »

Fondée sous le haut patronage de Madame Carnot, la Mutualité Maternelle recut la consécration ministérielle par un arrêté du 21 février 1892.

M. Poussineau la définit : «l'Association mutuelle des mères pauvres et riches ayant pour but de donner aux sociétaires, lorsqu'elles seront en couches, une indemnité suffisante pour qu'elles puissent s'abstenir de travailler pendant quatre semaines, et pour leur permettre de se soigner et de donner à leur enfant les soins qu'il réclame pendant les premières semaines qui suivent la naissance ».

L'ouvrière doit pour cela s'engager librement au repos de quatre semaines, el consentir à un versement de trois

francs par an, permettant de ne pas assimiler les bienfaits de l'œuvre à une aumône, et consacrant, en même temps que le principe du moindre effort personnel, celui de la solidarité sur laquelle repose toute œuvre de mutualité. Moyennant ces engagements, l'œuvre remet à chaque participante au moment de son accouchement une somme de quarante-huit francs, répartie en quatre versements hebdomadaires, plus une prime de dix francs lorsque la mère nourrit elle-mème son enfant.

Tout d'abord réservée aux ouvrières des trois chambres syndicales créatrices, la Mutualité Materneile, sous la poussée d'un effort spontané a, dès janvier 190%, étendu son action à l'ensemble des ouvrières et employées du département de la Seine, sans distinction de profession.

Le nombre des sociétaires qui jusqu'à cette innovation, était de 1.700, est aussitôt monté à 10.000 ; et, chaque jour depuis, manifeste un accroissement nouveau.

La Mutualité Maternelle a, depuis sa création (février 1892 jusqu'au 31 décembre 1911), indemnisé21.81S mères, auxquelles il à été versé 951.299 fr, 85 ; il a été distribué, en outre, comme dons en nature, plus de 350.090 fr.; en un mot, elle a fait face à 1.276.200 francs de dépenses.

En 1911, clle comptait 24.784 membres participants et honoraires, el elle a indemnisé 2.520 mères ayant eu 2.546 enfants, et donné 3.459 consultations.

Dans le début, elle avait résolu de borner son action à l'indemnité des quatre semaines après l'accouchement. Mais très vite, elle se heurta à tant de détresses qu'elle n'hésita pas à sortir du cadre de ses statuts pour soulager par tous les moyens dont elle pouvait disposer, les misères qui se révélaient à elle.

C'est alors que furent créées dans tous les arrondissements de Paris, dans toutes les banlieues de la Seine. des sections, en joignant à chacune d'elles des consul-

MÉTORTLE tations de nourrissons, dont la création est due au regretté Dr Budin.

La Mutualité Maternelle organisait en même temps la collaboration effective des femmes du monde, de ces inspectrices si indispensables à toute œuvre de ce genre.

Chaque sociétaire a droit pendant quatre semaines, à dater du jour de l'accouchement, à une indemnité de 12 francs par semaine, à condition qu'elle soit inscrite depuis neuf mois au moins et qu'elle s'abstienne de tout travail pendant ces quatre semaines. Cette indemnité est payée alors même que l'enfant viendrait à mourir avant l'expiration des quatre semaines.

L'indemnité peut être prolongée pendant une ou deux semaines sur la demande de l’'accouchée et sur attestation de l'un des médecins de la mutualité, motivant l'impossibilité de reprendre le travail.

Une prime de dix francs est accordée à toute mère qui allaite son enfant.

Les soins médicaux sont assurés, non seulement à l'enfant, mais aussi à la mère avant et après l'accouchement. Un dispensaire gratuit et les médicaments, également gratuits, sont pour cela à la disposition des sociétaires.

La société a pu constituer un fonds de secours qui lui permet d'accorder une indemnité réduite aux ouvrières qui, par ignorance ou par imprévoyance, ne se sont pas fait inscrire, en temps voulu, pour avoir droit à l'indemnité statutaire. On les dénomme «extra-statutaires ».

Sur l'initiative de MM. Henri Galli et Dausset, le Conseil Municipal de Paris vient de décider, après accord avec la Mutualité Maternelle, qu'à partir du 1e janvier 1915, il prendrait à sa charge l'indemnité extra-statutaire pour toute femme qui viendra s'inscrire dans les conditions qui viennent d'être diles. Les enquêtes seront effectuées

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par les soins de la Mutualité Maternelle, et en cas d'appel par l'administration.

Toute femme enceinte domiciliée à Paris depuis deux ans au moins, et dont le ménage ne dispose pas de plus de 1.800 fr. par an, bénéficiera de la Mutualité Maternelle comme extra-statutaire. Il en sera de même pour toute femme enceinte dont le mari accomplit son service militaire.

La ville de Paris versera à la Mutualité Maternelle une somme de 20 francs sur les 25 francs accordés aux extrastatutaires, à la condition que les mères nourrissent leur enfant; sinon l'indemnité n’est que de 15 francs.

L'œuvre est ainsi en mesure d'assurer ses bienfaits à plus de 10.(00 mères au lieu de 3.000.

Cette initiative de MM. Galli et Dausset peut avoir des conséquences considérables, notamment en servant d'exemple aux municipalités de province.

Le fonctionnement de la Mutualité Maternelle est fort simple : dès qu'une sociétaire vient d'accoucher et qu'elle a prévenu la société, une inspectrice se rend immédiatement à son domicile pour lui porter sa première semaine d'indemnité. Cette inspectrice fait de sa visite un rapport détaillé. La seconde et la troisième indemnité hebdomadaire sont également portées à domicile et l’inspectrice peut ainsi s'assurer que l’ouvrière n'est pas retournée au travail. La participante, sauf le cas de maladie, vient toucher elle-même sa quatrième semaine au siège social, où se trouve le dispensaire; elle y louche également sa prime d'allaitement.

Ce n'est pas tout : par l'intermédiaire de ses collaboratrices, la société assure à la mère et à l'enfant quantité de ressources diverses : prêt de linge, garde pendant les couches, aliment à la mère épuisée, bons de lait, surveillance de l'enfant jusqu'au sevrage, prêts gratuits,

colonies de vacances, caisse de loyer, etc, en un mot tout ce qui contribue à soulager la misère, et tout ce qui épargne à la femme les terribles angoisses d'une maternité sans douceurs et sans joie.

Plusieurs œuvres assurent leur concours à la Mutualité Maternelle, notamment : l’Œuvre sociale du Bon Lait, l'Allaitement maternel, l'Abri, la Ligue des mères de familles, la Pouponnière, les Cantines maternelles, la Société des infirmières mutualistes, etc., ete.

Depuis cinq ans, l'attention des administrateurs de Ja Mutualité Maternelle s'est portée sur la siluation souvent navrante des jeunes femmes dont le mari est incorporé au régiment pour deux ans. Elle à fait appel aux femmes d'ofliciers, et cela n’a pas été en vain.

Des sections militaires ont été fondées dans huit régiments de Paris, et à cet exemple, des sections semblables se sont organisées dans les Mutualités Maternelles de province : à Lyon, Nîmes, Nantes, Vienne (Isère), Marseille et Saint-Quentin, d'autres sont en formation.

Grâce à l'intervention de M. Engerand, 100.000 francs ont été votés, au dernier budget, pour subventionner ces mutualités maternelles militaires. Nous cilerons comme type de ces mutualités maternelles, celle de Saint-Quentin.

Cette œuvre, présidée avec un dévouement sincère par Madame Bérot Berger, a pu abaisser des deux tiers la mortalité infantile dans son rayon.

Elle alloue aux mères 40 francs pour quatre semaines de repos, et, en outre, elle leur procure les visites préventives médicales, les bains chauds gratuits, les indemnités avant la naissance pour. la cessation du travail professionnel, les aliments fortifiants, le prêt de linge personnel et de literie, plus les layettes confectionnées par les jeunes filles des officiers, pour la section militaire ; par les élèves de l'Ecole Normale de Laon ou

les jeunes filles de la mutualité maternelle, pour la section civile.

Trente dames font un service permanent d'inspection. Des primes d'allaitement sont décernées aux mères ; il est distribué des livrets de Caisse d'épargne et des étrennes à tous les nouveaux-nés.

Enfin nous y trouvons une innovation que Madame Bérot-Berger avait déjà préconisé à Washington, en 1908, au Congrès de la tuberculose : c'est à savoir le carnet individuel. Ce carnet, établi par les soins de l'œuvre, dès la naissance des jeunes mutualistes, mentionne leur état physiologique, les observations successives du docteur, de la sage-femme, de l’inspectrice : de telle sorte qu'en cas de maladie subite, le médecin est toujours éclairé, d’un coup d'œil, sur ses antécédents. |

La Mutualité Maternelle a étendu son action d'une façon remarquable : elle a provoqué, favorisé, patronné la formation d'une foule de mutualités maternelles, et entre tous ces groupements, il s’est formé une ‘‘ Union ‘.

En outre, elle s'est attachée par‘ l’affiliation un grand nombre de Sociétés de secours mutuels et Sociétés d'Usines, ensemble environ une quarantaine de groupes.

Il est intéressant, pour apprécier l'intérêt pratique de cette affiliation, de noter les données statistiques établissant le pourcentage des naissances dans les sociétés de secours mutuels et dans les groupes industriels, ces derniers comprenant les sociétés d'usines employant des hommes et des femmes, mais bénéficiant de tous les. avantages de la Mutualité Maternelle, c'est-à-dire que la femme d’un ouvrier a droit à ces avantages, quoique n'étant pas employée dans l'usine, comme celles qui y travaillent.

ER PAS Voici cetle stalistique (1) :

Groupes Mutualistes

ANNÉE PARTICIPANTES ACCOUCHÉES PROPORTIOX

Groupes Industriels

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