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ANNÉE PARTICIPANTES ACCOUCHÉES PROPORTION

On ne saurait parler de la Mutualité Maternelle de Paris, due à l'initiative première de M. Poussineau, sans mentionner la Mutualité Maternelle de Dammarie-les-Lys, qu'il a également fondée en 190% et qui peut être considérée comme un modèle du genre.

Ici non-seulement la mutualité maternelle a diminué la mortalité infantile, mais les naissances ont augmenté dans la proportion de 24 °/. Les femmes, ayant moins à redouter la crise de la maternité, rétablies chaque fois par un repos-réparateur et suffisant, sans être obligées de recourir à une assistance humiliante, ne considèrent plus la venue d'un enfant comme un surcroît de charge et une cause directe de la misère.

(1) Communiquée par la Mutualité Maternelle.

À RDS

La cotisation est de 1 fr. par an. La mère reçoit pendant les quatre semaines de repos obligatoire, 8 fr. par semaine et une prime de 10 fr. si elle allaite son enfant, en tout 42 fr.

Six sections succursales ont été créées dans la région environnante et fonctionnent avec le siège central.

Voilà un exemple qui devrait être suivi partout, et ce serait la solution cherchée, tout au moins en grande partie.

Cette solution pourrait aussi se trouver partiellement dans l'organisation imaginée par M. le Dr Morel dans la commune de Villiers-le-Duc (Côte-d'Or) dent il est maire, «en vue de restreindre la mortinatalité et la mortalité infantile. »

Aux termes de son arrêté, toute femme enceinte, mariée ou non, nécessiteuse, peut demander l'assistance de la commune, en déclarant son état avant le septième mois. Une sage-femme est chargée de la visiter et de la surveiller, d'appeler au besoin un médecin, le tout aux frais de la commune. ù

Toute accouchée assistée par la commune recoit { fr. par jour pendant dix jours, non compris celui de l'accouchement, si elle reste au lit. Si elle se lève avant les dix jours, la gratification lui est refusée.

Toute nourrice allaitant, soit au sein, soit au biberon, son enfant ou tout enfant à elle confié, et qui présente cetenfant en bon état à l’âge de un an, a droit à une gratification de 2 fr. par mois, à partir du jour où elle a commencé à allaiter, jusqu'à celui où l'enfant a un an.

La mortalité des enfants de zéro à un an, qui précédemment variait de 13 à 28 °/, des naissances, est tombée

à zéro depuis que ces prescriptions ont été observées.

Le professeur Pinard se déclare pénétré «d’admiration »;

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«c'est, dit-il, le plus bel exemple qu'on puisse et qu'on doive donner à toutes les communes de France, »

$ 2. — OEuvres DIVERSES

En dehors des consullations organisées dans les hôpitaux de l'Assistance Publique, et dont certains fonctionnent d'une façon assez satisfaisante, certaines municipalités, malheureusement trop peu nombreuses, ont installé des consultations dans des dispensaires ainsi, par exemple, à Lille, à Wasquehal, à Séclin et dans quelques autres villes.

Plusieurs œuvres d'assistance ont des consultations ; ainsi l'OŒuvre d'Assistance maternelle et infantile gratuite de Plaisance, plusieurs mutualités et particulièrement les mutualités maternelles.

La Mutualité Maternelle de Paris à un dispensaire où les consultations sont données trois fois par semaine, et dans ses diverses sections, des consultations sont également organisées. Toute femme qui vient consulter trois fois au moins, pendant sa grossesse, touche une indemnité de 5 francs.

On a tout dit sur le rôle, sur la nécessité des refugesouvroirs : on a suffisamment démontré combien s'impose leur création (1). Maxime du Camp l'a dit éloquemment : « En recueillant ces pauvres femmes, vous ferez mieux que Saint Vincent de Paul qui recueillait les enfants ; vous sauverez les enfants avant leur naissance et cela en sauvant la mère ».

Un des premiers asiles-refuges de ce genre fut fondé à Rome, en 1770, par le pape Clément XIV.

(4) Dr J. Bertillon, à la Société de Médecine et d'Hygiène, 28 juin 1893 ; Tarnier, à l’Académie de Médecine en 1891.

Nous avons vu ce que l'Assistance Publique offre de ressources de ce genre : à Paris, c'est George-Sand avec ses 96 lits et ses 20 berceaux, Pauline Rolland avec ses 175 lits et ses 40 berceaux, c'est Michelet, l'asile-type, avec ses 200 lits, et c'est tout.

L'initiative privée a fait mieux.

La Société de l’Allaitement maternel et des Refugesouvroirs pour femmes enceintes fondée, il y a treute-six ans par Madame Béquet de Vienne, possède deux asiles, l'un, 203, avenue du Maine, l’autre, 9, rue J.-B. Dumas. On peut dire de cette femme de bien, avec Tarnier, « que jamais elle ne connaîtra toute l'étendue de ses bienfaits. »

Cette œuvre, qui a été reconnue d'utilité publique par décret du 29 juillet 1880, reçoit gratuitement et sans enquête toute femme célibataire, mariée, veuve ou abandonnée, et la garde pendant quatre, cinq et six mois.

Dans la matinée, les femmes sont employées aux soins du ménage, à l'entretien du linge et des vêtements.

L'après-midi, elles travaillent à l'ouvroir, et le produit de leur travail leur est intégralement versé à leur départ. La plus grande égalité est imposée parmi les pensionnaires.

Il a été hospitalisé, en 1910, 804 femmes enceintes dont 218, avenue du Maine, et 586, à la rue Jean-Baptiste Dumas, ce qui forme 25.20% journées de présence, 8.419 au premier reluge et 16.785 au deuxième. Sur ce nombre, on comptait 387 femmes d'un niveau intellectuel audessus de la moyenne, pour lesquelles le réconfort moral qui leur est apporté est encore bien plus précieux que les soins corporels. Il y avait, en outre, 21 blanchisseuses, 28 repasseuses, 32 brodeuses, 5 balayeuses, 24 confectionneuses, 10 mateiassières, 12 crémières, S chiflonnières, 6 vendeuses étalagistes, 4 habilleuses, 34 marchandes des

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quatre-saisons, 6 mécaniciennes, 21 porteuses de pain ou de journaux, 18 fleuristes plumassières, 4 rempailleuses, 2 lypographes, 6 employées de fabriques, 4 coiffeuses, 15 teinturières, plus des artistes, des- chanteuses, une équilibriste de 15 ans, et enfin 140 bonnes à tout faire. Pour ces dernières, notamment, l'excellente Madame Béquet de Vienne est pleine d'une commisération attendrie et d'une bienveillance active.

Sur les 80% femmes hospitalisées, il y avait :

419 célibataires ; 220 femmes mariées abandonnées par leurs maris ; 65 veuves ; 60 femmes dont les maris faisaient leur service militaire ; 40 qui avaient été amenées par leurs maris, sans emplois ou sans ressources.

Pour faciliter à des femmes mariées l'accouchement chez elles, l'œuvre de Madame Béquet de Vienne a organisé des secours à domicile, et fournit le linge et les objets indispensables, ainsi que des aides : elle a payé en 1910, 1.172 heures à raison de 50 centimes l'heure, à des aides expérimentés qui ont séjourué au domicile des protégées, faisant la cuisine et soignant les enfants pendant le temps du repos obligatoire.

Au moment de leur accouchement, les femmes sont transportées dans une maternité, ou soignées chez une sage-femme, quand les circonstances l'exigent.

Des secours, dits d'allaitement, sont distribués aux femmes après leur accouchement : en 1910, 1.056 enfants ont pu être ainsi assistés.

« Le secours d'allaitement maternel, proclame Madame Béquet de Vienne, le secours donné à la mère pour lui permettre d'allaiter son enfant, est le secours le plus normal, le plus moral et le plus économique qu'il y ait au monde ». Et elle ajoute : « Que d'enfants nous pourrions sauver avec un budget plus étendu que le nôtre... »

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« Nous faisons dans ce sens une sérieuse propagande et toutes les futures mères qui viennent à nos consultations et avec lesquelles nous pouvons causer sont rapidement converties ; c'est le fonds maternel qui manque le MOINS ».

En 1907, l'OŒEuvre de Madame Béquet de Vienne à décidé la création d’un asile de convalescence, 25. rue Saint Fargeau, à Belleville : ce fut l'Aide Maternelle, qui est devenue une branche de l'œuvre de l'Allaitement maternel.

L'avoir mobilier et immobilier de la Société, dépasse actuellement cinq millions. Les recettes ordinaires, pour l'année 1910, s'élèvent à 229.464 fr. 05, et les dépenses à 207.687 fr. 10.

Parmi les femmes reçues à l’Asile de nuit de lä Société Philanthropique, rue Saint Jacques, les plus dignes de compassion étaient évidemment celles qui sortaient de l'hôpital de la Maternité. En effet, le nombre restreint de lits d'accouchement dont dispose la Maternité ne permet pas de conserver les pensionnaires au delà d'une période de neuf à dix jours. L'hospitalité de trois nuits, avec une soupe le matin et le soir, que la Société Philanthropique offre aux pensionnaires de ses asiles de nuit, étaient absolument insuffisante pour des femmes le plus souvent: affaiblies par une vie de privations et dont l'accouchement récent avait encore épuisé les dernières forces.

La Société Philanthropique (1) a donc été amenée à fonder 201, avenue du Maine, l’Asile Maternel, où elle recoit, pendant une période de quinze jours, les femmes relevant de couches, leur assure gratuitement des soins éclairés et le bienfait d'une nourriture substantielle et réconfortante. En même temps elle veille au placement

(1) Fondée en 1780, reconnue comme établissement d'utilité publique en 1839, siège social, 15, rue de Bellechasse.

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de l'enfant en nourrice, dans le cas où la mère ne le nourrit pas elle-même, et s'efforce de procurer à la mère une place qui lui permette, par son travail, de vivre et de pourvoir aux besoins de son enfant.

. La population de l’Asile Maternel se recrute parmi les femmes mariées ou abandonnées de leurs maris, qui sont, à coup sûr, les plus intéressantes, et en majeure partie, il faut le reconnaître, parmi les filles-mères. A celles-là, la société n'offre pas seulement l'assistance matérielle, mais l'assistance morale; elle s'efforce de les remettre dans le droit chemin, en légitimant leur union, en les réconciliant avec leur famille, ou simplement, en éveillant dans leur cœur l’amour maternel et avec lui, le sentiment de leur devoir de mère.

Mouvement du 4er Mai 1910 au 30 Avril 1911 :

DOME PMR Shut near GIS MD ANSE Re Re ET ES NN A tee, 989 Journées de présence et nourriture. 8.527 Femmes ayant été placées......... 069 IDÉTCPCAARURE A TE PR RENE 3 De novémbre 1886 au 30 avril 1911 :

PO Sent de anis na e Se ue Ela 15.583 PAIOILISS ER ae RATE ASE 15.020 Journées de présence mm... … 196.611 Journées de nourriture............ 196.314 Vêtements distribués.............. 107.761 Femmes ayant obtenu du travail .. 10.077

La Société de Charité Maternelle de Paris, 240, faubourg Saint Honoré, fut fondée en 1784 par Madame de Fougeret, née d'Outrement, et définitivement organisée par sa fondatrice, en 1788, avec le concours de la duchesse de Cossé.

A peine commenca-t-elle à fonctionner que la reine Marie Antoinette se déclara sa protectrice, et lui fit accorder une importante dotation,

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