RIRE
Reconnue comme établissement d'utilité publique par décret du 25 juillet 4811, elle n’a cessé d'être protégée et subventionnée par les divers gouvernements qui se sont succédés.
Celte société vient en aide aux mères pauvres en couches et les seconde dans les premiers soins à donner aux enfants. L'adoption de l'enfant avant sa naissance, l'allaitement maternel, l'assistance à domicile, sont les trois caractères spécifiques de son intervention. Elle distribue ses secours sans aucune distinction de religion ni de nationalité. Elle a fondé et entretient, en dehors de son organisation générale, un certain nombre de consulations de nourrissons, de cerêches, d'orphelinat disséminés dans les quartiers populeux de Paris et de la banlieue. De plus, elle a ouvert il y a deux ans, en mars 1910, à Montrouge, une crêche hospitalière pour recevoir les enfants dont les mères sont mortes en couches.
Tous ces établissementssont, en général, très prospères, grâce au dévouement des membres du corps médical, et à l'assistance que leur prêtent les darnes du monde.
La dévouée présidente actuelle, Madame la duchesse de Mouchy, a eu l'heureuse idée d'instituer pour celles-ci un enseignement de puériculture rationnelle.
M. le sénateur Strauss, commentant éloquemment cette organisation, disait que « dans tout ce qui concerne la protection des enfants du premier âge, les femmes du monde ont leur place marquée et leur rôle nécessaire ».
A côté de ces grandes institutions que sont l'Allaitement Maternel de la Société philanthropique, la Société de Charité Maternelle, il nous faudrait citer quantité d'autres où le mérite le dispute à l’ingéniosité dans le bien, comme l'Association des Mères de famille, 54, rue de Prony; le Foyer Maternel, rue de l'Abbé Grégoire : la Maison de la Mère, 3, rue de Dantzig, etc,
CEE JS PR Pour les secours aux femmes en couches à domicile l'Assistance maternelle et gratuite de Plaisance, 68, rue Vercingétorix ; l'OŒEuvre de Notre-Dame de l’Assistance, 3950, rue de Vaugirard, la Ligue Française des Mères de famille, 6, rue Olivier de Serres; et plusieurs autres, à Paris et en province.
Pour les secours après les couches : l'Asile-ouvroir de Gérando, 82, rue Blomet ; pour les filles-mères, l'Asile de Villepinte, qui appartient au Foyer Maternel, précité; la Pouponnière, 116, rue de Grenelle, avec son bel asile d'allaitement de Porchefontaine, et tant d'autres.
Il serait oiseux de faire remarquer que la Mutualité Maternelle, la Société philanthropique, la Société de Charité Maternelle, et plusieurs autres étendent leur sollicitude bienfaisante sur les diverses périodes dont nous nous sommes OCCupés.
Nous devons faire une place à part aux œuvres qui favorisent d’une facon formelle l'allaitement maternel, à la fois utile à la femme et à l'enfant, et que les spécialistes de la puériculture recommandent avec énergie, sauf les cas de contre-indications formelles, d'impossibilité absolue.
Ces œuvres sont surtout les crêches et les restaurants de mères-nourrices.
Le baron Daru, Thiers, Dufaure, Falloux, Dupin, Delessert et Billault voyaient dans la crêche le meilleur moyen de protéger le foyer, d'aider l'ouvrière à concilier son devoir maternel et l'obligation de gagner sa vie en travaillant, et enfin de diminuer le nombre des abandons d'enfant ; le Dr Trousseau, le moyen d'arrêter les progrès de la dégénérescence. Le Conseil de salubrité jugea l'institution fort utile à la santé; le Pape la bénit. Napoléon II la mit sous la protection de l'Impératrice.
Ce sont par définition des établissements qui gardent
ET; Dee et soignent pendant la journée les enfants dont la mère travaille hors de son domicile et qui ne sont pas en âge de fréquenter l'école maternelle.
La première crèche fut inaugurée par Firmin Marbeau, le 14 novembre 1844, à Chaillot ; c’est ia crêche Ste Marie, 117, avenue Victor Hugo ; et quand, deux ans après, la Société des crêches fut constituée, il existait déjà 14 crèches à Paris. En 1869, elle fut déclarée d'utilité publique ; en 1888, on comptait 250 crêches et, soixante ans après sa création, le bilan de l'institution accuse pour la France, 445 crèches, dont 67 à Paris, 44 pour la banlieue, 334 dans les départements, en Algérie et aux colonies. Il existe plus de 300 crêches à l'Etranger, en Amérique, au Japon, en Chine, etc...
On peut citer parmi les modèles, la crêche Brière, à Rouen ; la crêche Arnould, dans les Vosges; la crèche Raymond Lerch, au Hâvre : toutes les trois doivent leur organisation à de grands industriels qui estiment n'être point quittes envers les mères qu'ils emploient en rétribuant leur travail. Ce sont des produits de l'initiative privée. Nous en donnerons un exemple.
La crêche KFurtado-Heine, rue Jacquier, à Montrouge a été fondée en 1896 par Madame Furtado-Heine ; elle couvre une superficie de 1.743 mètres carrés, dont 945 bâtis.
La construction a coûté 600.000 fr. et la fondatrice a doté l'œuvre de 45.000 fr. de rente.
La crêche est organisée pour recevoir 100 enfants. Elle reçoit tous les jours ouvrables, de 6 heures 1/2 du matin à T heures 1/2 du soir, sans distinction de religion, de nationalité, ni de quartier, les enfants de 15 jours à 3 ans appartenant surtout à des mères qui travaillent au dehors pour vivre. |
Il n'est demandé aucune rétribution aux familles, et le
SC personnel ne peut accepter sous peine de révocation aucune gralificalion si légère soit-elle. La crèche a été reconnue d'utilité publique dès sa fondation.
Le nombre annuel des journées de présence en ces qualorze premières années a atteint jusqu'a 22.629, ce qui fait environ 75 par jour ; il a été de 18.381 dans l'exercice 1908-1909, et de 18.393 dans celui de 1909-1910.
Mais c'est dans la grande industrie que les crèches ont pris, toutes proportions gardées, le plus grand développement. La cause en est dans la mentalité des cheîfs d'industries, qui y trouvent le moyen de concilier leur intérêt personnelavec leurs dispositions philanthropiques.
Certes, la grande industrie française ne le cède en rien aux autres nations pour les œuvres sociales, et pour le souci que le patronat prend pour le bien-être de son personnel. Ses créations philanthropiques sont aussi nombreuses 'que variées, et les chefs d'industries n'y - épargnent ni leurs soins ni leurs argent. Mais au premier rang de leurs préoccupations, presqu'inconsciemment, ils mettent la crèche, qui représente pour eux la continuité du travail de la mère, laquelle pourra, tout en allaitant son enfant aux heures fixées, demeurer assidue à son travail, où elle rend des services appréciés.
Dans leur zèle, où se mêle quelque amour-propre visant la concurrence, ils rivalisent d'ingéniosité, et l'on peut dire que chacune des crèches d'usines peut prétendre au titre de crèche modèle.