LM RAM
ce nest évidemment pas parlait, mais c'est déjà un progrès considérable.
En tous cas, ainsi que le disait M. Louis Martin, trois points paraissent dès à présent acquis devant le Parlement pour les fonctionnaires : « nécessité d’un congé, nécessité d'un double congé avant et après principe simpliste, mais solide, de la durée de deux mois : un mois de congé avant et un mois de congé après l'accouchement ({) ».
Un autre point paraît plus difficile à faire admettre surtout lorsqu'il s’agit des femmes de l’industrie, c'est celui du traitement.
Au point de vue financier, en effet, le repos obligatoire et indemnisé constituerait indubitablement une charge sérieuse, qui pourrait, dans les débuts, entraver l’application d'une loi de protection.
Si l'Etat songe à assumer en faveur de ses fonctionnaires les frais de repos d’un mois avant et un mois après, c'est que ses ressources lui permettent de l'appliquer à ses 117.000 employées etouvrières. Mais s'il s'agissait d'étendre cette mesure à toute la classe laborieuse féminine, qui compte d'après le recensement de 1906, 7.693.412 femmes, on se trouverait en présence d’une dépense trop élevée.
Il en est de même pour toutes les questions que soulève ce repos. Tant qu'il s'agit de ses fonctionnaires, l'Etat peut toujours prendre certaines mesures délicates qu'il peut appliquer lui-même, telles que celle de l'automatisme du congé suivant lequel celui-ci est accordé sans sollicitation de la part de l’intéressée, et celle de la division du congé qui consiste à distinguer nettement les deux périodes. Mais ces principes, excellents en euxmêmes, seront difficilement applicables le jour où l'Etat voudra les étendre à toutes les travailleuses. M. Louis
(1) La Protection de la Maternité ouvrière (association nationale pour la protection légale des travailleurs), 1912, p. 14.