‹ La Protection de la MaternitéChapitre 33 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La question de la protection de la maternité a pris, on le voit, en Françe, dans ves dernières années, une ampleur qu'elle n'avait jamais connue, et qui permet de bien augurer de l'avenir. Née dans le but de venir en aide aux ouvrières de l’industrie. elle à pris une importance plus grande, soit à la Chambre, soit au Sénat ; elle s'est développée en s'étendant aux préoccupations qui ont trait à la conservation de la race. C’est que les effets de la dépopulation, ses conséquences redoutables qu'on a dû envisager sous le coup de la constatation de la diminution du chiffre des naissances, ont apporté au problème un intérêt nouveau. La réduction de la mortalité infantile, et par conséquent la protection de la mère, avant et après les couches, sont la partie essentielle de la solution cherchée. On peut dire qu'on est d'accord sur les questions depuis longtemps agitées de la durée du repos, du principe de l'indemnité ; on le sera bientôt sur celle de l'application. Le seul point délicat à résoudre nous paraît devoir être le système financier.

Là, les difficultés sont plus nombreuses : on peut dire que c'est là l'obstacle qui arrête le législateur, en mettant même à part les considérations d'ordre électoral.

Nous avons envisagé ici toutes les combinaisons étudiées, Pour nous, nous adopterions plutôt ce système

maintes fois proposé, d'une caisse de maternité alimentée par l'Etat, les départements et les communes, jonissant d'une personnalité civile, pouvant par suite recevoir des dons et legs et bénéficier de secours tels que loteries et libéralités diverses.

Elles répondraient mieux au but poursuivi et consacreraient ce principe incontestable que la maternité est une fonction sociale. Ce serait, en quelque sorte, une caisse nalionale de la maternité, assurant le repos obligatoire avant et après les couches et versant l'indemnité journalière.

Une objection qui a été soulevée à l'Association Nationale pour la protection légale des travailleurs pourrait nous être faite à ce sujet. La contribution que l'on demanderait à l'Etat, aux départements, aux communes, serait peut-être entachée de quelque injustice. Si l’on procède, par exemple, avec le barème de la loi des vieillards, on voit que «si les vieillards se distribuent partout à peu près de la même facon, il n'en est pas de même des enfants et surtout des familles nombreuses et plus encore des familles nécessiteuses. Vous avez des communes très méritantes où toutes les familles sont pauvres et ont beaucoup d'enfants; si vous obligez la commune à donner tant par enfant, ces malheureuses communes seront punies d'abord et dans l'impossibilité ensuite d'appliquer la loi (1) ».

M. Brousse l’a dit : « Il faut éviter le recours à la charité et à l'assistance, humiliantes pour la femme, il faut qu'il y ait là un droit pour l'ouvrière, ne comprenant

aucune sollicitation, et puisque l'indemnité est une -

conséquence du chômage obligatoire, il faut qu'elle soit proportionnelle au salaire, qu'elle soit payée par l'Etat,

(1) Protection de la maternité ouvrière. (Association nationale

pour la protection légale des travailleurs) p. 47.

les départements el les communes en dehors de toute participation des patrons et des particuliers ». L'Etat étant un médiocre administrateur, ainsi qu'il apparait d'ailleurs en matière industrielle et en matière d'assistance, l’utilisation des ressources créées par cette caisse serait confiée aux mutualités el à d'autres œuvres 3 du même genre dont nous avons parlé. Celles-ci forment “en effet un appoint précieux que l'Elat ne trouvera Émis »: ce sont ces visiteuses toujours à l'affût des __ moindres misères, des moindres afflictions à soulager, ces femmes du monde qui occupent leurs loisirs à suivre ce des cours de puériculture. | - L'exemple salutaire qu'a donné la Ville de Paris mérite - d’être suivi par l'Etat qui, la main dans la main de tous = les gens de bien, peut faire de grandes choses pour le

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