‹ La Protection de la MaternitéChapitre 8 sur 38 · LIRE · texte numérisé non relu

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vivants de leur travail augmente chaque jour. C'est ce que montre le tableau suivant (1) :

DÉSIGNATION 1866 4906 ATOUT te 62.8 1.874.915 3.330.011 NOUS ERA EEE 1.304.254 2.518.402 Commerces 37e 241.680 779.16% Professions libérales et

emplois publics .... 164.572 293.100 Domestiques ......... 1.047.176 772.735

4. — Repos avant les couches et durée. — De tous temps, on a prescrit le repos pour la mère. On voit, dès 1259, Saint Louis ordonner à certaines corporations de traiter lors de leur grossesse les femmes qu'elles employaient en très grande douceur et repos». De même, Jean- Jacques Rousseau dans son Traité de l'Education.

C'est que de tous temps, les médecins, les accoucheurs et les hygiénistes ont insisté sur les ménagements que réclame la grossesse.

Le 11 novembre 1890, Madame Béquet de Vienne, s’'exprimait ainsi (2) :

«€ La femme, dans le prolétariat, travaille autant que l’homme. Comme lui, elle lutte pour l'existence et avec tous les désavantages, puisque à labeur égal et égal mérite elle reçoit un salaire infime, souvent insuflisant pour vivre seule et s'entretenir elle-même. Les travaux les plus dangereux ne lui sont pas épargnés. On l'occupe dans les fabriques et les manufactures à de rudes besognes ou bien encore on l'utilise dans des industries insalubres. À la campagne, elle cultive la terre; souvent

(1) 7. O., Documents parlementaires. Chambre 1910. Annexe 214. Rapport de MM. Louis Marin et Betoulle.

(2) Compte rendu de l'Œuvre de l'Allaitement Malernel, 1890,

Sie elle conduit la charrue. A la ville, elle passe les nuits, use ses yeux sur des travaux de couture dérisoirement

rétribués. De plus elle veille aux soins de la maison et va au lavoir.

« Là où l'homme trouve quelque temps de repos, la femme ne s'arrête pas. Et ces conditions, si dures déjà en temps ordinaire, deviennent épouvantables pour la femme lorsqu'elle est enceinte; car la pauvre ne peut songer à prendre du-repos quand elle se sent fatiguée ou que les symptômes de la grossesse se montrent parfois brutaux au point de la rendre malade. Quand même, il faut travailler, travailler sans trêve ni merci. Combien voit-on de ces matheureuses que les premières douleurs prennent au lavoir ou à l'usine, où elles ont dû se rendre malgré le terme avancé de leur grossesse. »

Dernièrement, on a pu se rendre compte des dangers de la prolongation excessive du travail industriel durant la période ultime de la grossesse. Nous en avons vu les effets sur la mortalité, mais au point de vue de la grossesse elle-même, des statistiques du professeur Pinard, il résulte que sur 1.000 femmes s'étant reposées pendant la gestation, 660 ont mené leur grossesse à 280 jours et plus, tandis que sur 1.000 autres femmes n'ayant pas eu de repos, 482 seulement ont conduit aussi loin leur grossesse.

Le repos pendant la grossesse est donc nécessaire : mais quelle sera sa durée ? :

Les gynécologues ont sur ce point des opinions différentes. Les Drs Letourneur et Cury prouvent la nécessilé du repos pour la femme enceinte pendant les trois derniers mois de la grossesse.

C'était aussi l'avis du professeur Pinard au Congrès international et de démographie de 1900.

Le Congrès de gynécologie de Nantes à exprimé le vœu,

470 42e en septembre 1901, que toute femme enceinte soit assistée pendant les trois derniers mois de sa grossesse.

Madame D. Bernson conclut que toute femme enceinte doit être éloignée de ses occupations industrielles deux à trois mois avant ses couches.

Pour les Dr Bonnaire, Bachimont et Thiroux le repos doit être de deux mois. C’est ce terme qui fut adopté par l'Association nationale pour la protection légale des travailleurs, le 29 janvier 1903. Le Congrès national d'hygiène, tenu à Lyon en 1894, s'était également arrêté à cette période.

La commission médicale du Congrès des mutualités maternelles, réuni à Paris en novembre 1908, adopta la résolution suivante : &« Le terme de sept mois révolus est la limite à partir de laquelle la cessation du travail devient nécessaire ; cette limite doit être avancée lorsqu'il est médicalement établi que la continuité du travail est dangereuse pour la mère et pour l'enfant ».

Le D' Queyrel, au Congrès national d'assistance de Reims (avril 1908), était arrivé à des conclusions identiques.

La majorité des auteurs s'arrête à cette période.

2. — Repos après les couches et durée. — La nécessité du repos pour la femme accouchée n'est presque plus contestée. L'accouchement retentit sur la santé générale de la mère. Selon la majorité des médecins, elle devrait garder le litet la position horizontale quinze et même vingt jours.

Suivaut le D' Pozzi {1}, normalement la femme ne doit reprendre son travail que cinq ou six semaines après son accouchement, alors que l'utérus est revenu sur lui-

(1, Manuel pratique et théorique d’accouchemant, p.189.

SK Es même : quant aux exercices fatigants, ils ne doivent être repris que trois mois après l'accouchement.

La Conférence de Berlin de 1890 émit le vœu « que les femmes accouchées ne soient admises au travail que quatre semaines après leur accouchement ».

La Société d'Obstétrique a adopté, dans sa séance du 3 avril 1891, la conclusion suivante: « La Société obstétricale déclare, à l'unanimité, qu'il est dangereux pour une femme de reprendre son travail avant un délai minimum de quatre semaines après l'accouchement. »

Madame D. Bernson était d'avis que deux mois de repos sont nécessaires. (1)

Le Dr Napias a constaté que, dans les hôpitaux de Paris et des grandes villes, les trois cinquièmes de l’ensemble des sorties se font du septième au onzième jour. Ces sorties prématurées ont lieu dans les villes industrielles et principalement pour les filles-mères. (2)

En 1890, le professeur Pinard s’exprimait ainsi dans sa communication à la Société d'hygiène professionnelle et de médecine publique :

« Sur 495 femmes accouchées dans mon service, presque toutes l’ont quitté avant le douzième jour et cependant je n’en ai renvoyé aucune. Malgré tout, elles ont voulu partir. J'ai demandé à toutes ces femmes pourquoi elles partaient ; certainement je n'ai pas toujours su la vérité, mais on m'accordera bien que sur ces 495 réponses, toutes ne sont pas fausses et que beaucoup de ces femmes n'avaient pas intérêt à mentir. Or 130 sont sorties pour reprendre leur travail, 41 par crainte de perdre leur

(1) Nécessité d’une loi protectrice pour la femme ouvrière avant et après ses couches. Thèse Lille 1899.

(2) Communication à la Société d'Hygiène professionnelle et de médecine publique annexée au rapport de M. Dron. Loi de 1892 sur le travail des femmes.

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