D. — LES MINORITÉS DE SENTIMENT
En étudiant l'influence respective de la race, de la langue: et de la religion, nous avons vu, derrière ces signes divers, apparaitre un élément de synthèse, le sentiment, qui donne
:à la minorité une unité morale, et l’oppose au reste de la
population de PElat.
Né ici d’une différence de race. de langue ou de religion, le sentiment peut exister en l’absence deces signes. L'on cite le. plus souvent l’exemple de l’Alsace-Lorraine, qui, voisine de l'Allemagne par la race et la langue, -a toujours, par le sentiment, été dans l’Empire une « étrangère ».
La notion de minorité n'apparait pas, dans ce cas, aussi complète que dans les précédents. Individuellement les membres des minorités de cette sorte peuvent être pleinement assimilés aux autres sujets de l'Etat sans être lésés dans leurs droits. C'est en tant que collectivité qu'ils présentent un caractère propre et réclament une organisation parliculière sur ce point, leurs aspirations se confondent avec celles des. minorités nationales (*). |
1. Surles réformes du droit public ottoman au x1x°: Van den Berg, Les Réformes législatives en Türquie (Revue du Droit international, 1897); SaWvas Pacha : Etude sur la Théorie du droil musulman, (12° partie, p. 26 et suiv.) Ces deux auteurs ont critiqué la méthode de réforme du droit olloman, par voie de placage et greffage.