LE PROBLÈME DES MINORITÉS
(Revendications minoritaires ; objections de l'Etat)
Toutes les minorités ne sont point parfaitement comparables. Elles diffèrent les unes des autres par leur nature, et, dans chacun des grands cadres qu'ont tracés ces trailés, par les conditions particulières de leur vie. Une multitude d’éléments concourent à les différencier : l'ancienneté de leur installation dans le pays, la forme de, cette installation (groupes denses ou diaspora) ; leur importance numérique ; leur cuilure intellectuelle ; leur situation économique et sociale; la proximité eufin de la nation originaire, dont parfois elles reçoivent le mot d'ordre, qui parfois aussi les abandonne.
En dépit de ces divergences, les minorités ont cependant toutes entre elles des traits communs; et ces traits qui ont permis, au-dessus des cas particuliers, d'établir la notion de minorilé, en imprimant également de leur marque toutes les revendications minoritaires, posent, au-dessus des problèmes d'espèces, un problème général.
Ce problème découle logiquement de la définition même de la minorité. Une minorité, nous l'avons vu, est un groupe formé de certains sujets de l'Etat, qui se distinguent des autres sujels par un signe caractéristique : langue ou religion. Ce signe qui risque de porter préjudice aux sujets minoritaires, en servant de prétexte à l'Etat pour les exclure de certains droits, constitue, considéré d’un autre point de vue, leur patrimoine intellectuel et moral le plus sacré. De là, les deux aspects de leurs revendications : ils entendent n'être point lésés dans leurs droits d'hommes et de citoyens de l'Etat à l’occasion de ce caractère,et, en même temps, conserver celuiciet le transmettre à leurs enfants : êtreégauxauxaulressujets, et rester différents d'eux.
Il y a plus : enles séparant des populations près desquelles ils vivent, ce signe les a groupés entre eux ; il les a unis par un faisceau de mêmes habitudes et d'intérêts communs : ila développé en eux une conscience collective. De cette solidarité, ils veulent obtenir la reconnaissance légale.
« Droits de l’homme » ou droits individuels : droit au maintien du caractère distinctif : droit à l'autonomie : telles sont les étapes par lesquelles s'élèvent toutes les revendications minoritaires, étapes au cours desquelles elles se heurtent à une objection croissante de la part de l'Etat.