D" Niepage, Quelques documents, HI, p
« de cas, écrit Lepsius, le seul moyen d'échapper à la dépor- « tation était de passer à l'Islam... On a des informations de « tous les vilayéts, disant que les autorités turques elles- « mêmes offraient cette issue, et qu’en règle générale, tous « les Chrétiens qui se déclaraient prêts à embrasser l'islam « étaient exempis de la déportation et des massacres (1\. »
C'étaient là des conversions forcées; mais les autorités ottomanes eurent souci-de voiler leur caractère véritable. A cette fin, dit Lepsius, « on présenta souvent aux convertis « des documents où ils devaient attester, par leur signature, « qu ils avaient accepté de plein gré de passer à l'Islam (°) ».
Dans ces conditions, il y avait impossibilité à peu près complète, de distinguer, parmi les conversions accomplies dans les années de guerre, celles qui étaient spontanées de celles qu'avait dictées l'instinct de conservation. Aussi les traités ont-ils pris une mesure radicale : ils ont considéré toutes les conversions qui ont eu lieu dans cette période, ‘comme forcées, partant comme nulles :
« Considérant qu en raison du régime terroriste ayant existé « en Turquie depuis le 4° novembre 1914, les conversions à « l'islamisme n’ont pu avoir lieu normalement, aucune con- « version ayant eu lieu depuis cette date n'est reconnue ; et « toute personne.non-musulmane avant le 4% novembre 1914, « sera considérée comme telle, à moins qu'après avoir recou- « vré sa liberté, elle ne remplisse, de sa propre volonté, les -« formalités nécessaires pour embrasser l'islamisme (*). »
Le,
b) Mise en liberté des personnes
La mise en liberté des personnes présentait de sérieuses difficultés d'exécution.
Il y avait tout d’abord à retrouver ces personnes, à les identifier… Or, si c'était là chose relativement aisée pour les hommes, qui avaient été groupés dans des camps de concen-
1. Lepsius, les Massacres d'Arménie (Payot, 1919), p- 282. 2. Lepsius, id., p. 282, 283.