Capitulation de St. Prest
Nous avons déjà dit commentles Turcs s'étaient installés sur les terres habitées par les populations chrétiennes, sans imposer à leurs sujets chrétiens leur foi ni leurs institutions. Ils les massacrèrent parfois ; ils cherchèrent rarement à les convertir, jamais à se les assimiler. Dans cette époque d'intransigeance, leur libéralisme est surprenant, et ne peut s'expliquer que par le profond mépris dans lequel ils tenaient les «rayahs » (°).
L'Europe chrélienne,de bonne heure, s’intéressa à ses corréligionnaires d'Orient, soumis à la domination des infidèles. Elle devait, par des trailés, leur assurer une protection inspirée d’ailleurs plus souvent par l'appät de conquêtes, que par un sentiment d'humanité.
La voie fut ouverte par les capilulations signées de 1535 à 1740 par les rois de France‘et les sultans. Ces capitulations n'étaient pourtant point des traités de protection en faveur des minorilés chrétiennes de Turquie. Elles visaient les Européens d'Occident installés dans l'Empire ottoman, qui « devaient cheminer sous la bannière de la France », non les sujets de cet Empire. Notre ambassadeur au début du xvur°,le marquis de Bonnac,le déclare dans ses mémoires: « Jamais les sultans n'ont eu l'idée que les monarques « français se crussent autorisés à s’immiscer dans la religion. « des sujets de la Porte, étant aisé de comprendre que la « France n'ayant jamais traité avec la Porte qu’à titre d’ami- « tié,n’a pu lui imposer d'obligations odieuses deleur nature. « Nous ne pouvons, en aucun cas, l'étendre (la protection) « aux gens du pays, qui par leur naissance, et par leur état, « sont sous la dépendance immédiate du grand Seigneur » (*).
La France fut la grande protectrice des ordres religieux catholiques romains, venus d'Occident, et installés dans le territoire de l'Empire Ottoman. Mais, dans les rapports entre le sultan et ses sujets, elle n’intervint pas directement, en règle générale, jusqu'au xix°. Son rôle fut celui de pacificateur, de médiateur et d'arbitre.Il existe cependant.des excep-