I. — La Révorurion pe 1830 ET LA PREMIÈRE INTERVENTION
Cet état de choses dura jusqu’en 1830.
Le 29 novembre 1830, la Pologne se révollait et réclamait l'indépendance: « Frères ! l'heure de la liberté a sonné»; disait Wysoski, un des chefs du mouvement révolutionnaire ; et la foule lui répondait par les cris de « Vive la Pologne». Le Grand-Duc Constantin, vice -roi de Pologne, devait quitter précipitamment Varsovie ; un Gouvernement était constitué, qui proclamait la déchéance du Czar.
La lutte s'engagea entre les troupes polonaises et les troupes russes. Après des fluctuations, les Polonais furent vaincus, et le 7 septembre 1831, les Russes pénétraient à Varsovie.
Rentré en possession du royaume de Pologne par la force, le czar Nicolas s’efforça de détruire tout ce quiaurait pu entretenir «les illusions d’une Pologne indépendante ». Les institutions libérales dont Aïexandre avait doté le royaume furent abolies : la constitution fut supprimée, les Ministères remplacés par des directions, ressortissant aux différents Ministères russes ; l'Université de Varsovie privée de sa faculté de droit ; la bibliothèque nationale transportée à Pétersbourg ; l'armée polonaise dissoute ; la garde du royaume confiée aux forces
générales de l’Empire ; toute l'organisation russe, impôts, procédure, monnaie, peu à peu introduite.
1. Annexe à la dépêche de Drouyn de Lhuys au duc de Montebello, du 3 août 1863. Livre jaune sur les affaires de Pologne en 1863, n° 29.
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« Nous croyons qu'on pourrait constater, devait écrire « Gortchakoîf le 14-26 avril 4863, que, si la révolte n’invalide pas les engagements internationaux, elle annule au « moins les développements spontanés qu'une pensée géné- « reuse y avait ajoutés et qui ont eu une issue fatale à la « Pologne et à la Russie ». :
Si la constitution octroyée par Alexandre [er. était allée au delà des engagements pris dans l'acte final du Congrès de Vienne, une partie des dispositions, qu elle avait sanctionnées. se trouvaient néanmoins contenues dans cet acte. Il n’appartenail pas au czar de rompre, de sa seule volonté, les engagements pris vis-à-vis de l’Europe.
L'opinion française ne l’eùt pas toléré... La Pologne, par suite d’une tradition qui remonte au x siècle, jouissait en France d'une popularité universelle. La révolution de 14830, qui avait réveillé, dans l'esprit des Français, les souvenirs héroïques des grands jours de 1793, avait avivé ce sentiment. À la nouvelle de la répression exercée par le czar à l’égaril des Polonais, « le parti du mouvement» se déclara pour l'intervention. Il eût voulu que la France renouût ses traditions libérales et révolutionnaires, abandonnées sous les Bourbons, et reprit « la croisade des peuples » interrompue, dûüt-elle être amenée à en venir aux armes,
Porte -paroles de cet état d'esprit, la Fayette, qui s'était fait de la défense des causes justes el malheureuses une sorte de spécialité, interpellait le Ministère devant la Chambre des députés, à la séance du 23 juillet 1831
« M. Bignon vous a si bien établi la situation de la Pologne. .& qu'il me reste peu de choses à dire. Il serait étrange que le « gouvernement du roi, qui vient de défendre les traités exis- « tant, ne réclamât pas énergiquement l'exécution de celui, « qui. par hasard, est sorti du Congrès de Vienne, lorsqu'il « consacre l'indépendance du royaume de Pologne, lorsqu'il « protège cette nation, notre plus fidèle amie » ().