Le mot est de M. Rosenfeld
« Nous nous prononçons pour l'érection d’une Pologne unie «et indépendante, disait le Memorandum remis par elle le « 6 août à la conférence de Stockholm ; mais nous devons en « même temps exiger des sùretés et des garanties nationales « pour les droits de la population juive, priseindividuellement « eten temps que nationalité. Enréclamant le completrenon- « cement des Juifs à leur caractère national (Volkstum), la « société polonaise a clairement démontréque, sans ces garan- « Lies, la Pologne est destinée à devenir le tombeau national « d'une grande partie de notre peuple. Nous déplorons très « vivement que la majorité des socialistes polonais accepte le « point de vue de la bourgeoisie et de la noblesse polonaises, « quand il s’agit des Juifs ; et, nous en appelons au jugément « de l’Internationale dans cette question vitale pour 3 millions « de Juifs LS
Le Mona ain réclame une administration nationale autonome fondée sur le principe de la personnalité, l'égalité des droits nationaux dans l'Etat, la province et la commune, reconnue aux Juifs dans tous les pays où ils sont établis en masses compactes. Il défend énergiquement l'idée que le soin de fixer et de délimiter ces droits ne peut être laissé aux Etats composés de nations eux-mêmes, mais qu’il doit appartenir à à la Conférence de la Paix.
Enfin, généralisant la question, la Poale-Sion déclare que les droits des minorités nationales, parmi lesquels il faut naturellement comprendre ceux des Juifs, doivent être garantis de façon internationale dans le traité de paix... « Cette reven- «dication vise principalement l’Autriche-Hongrie et la Russie, « mais elle concerne aussi les territoires qui seront érigés en « provinces autonomes ou en Etats nationaux : la Pologne, « l'Ukraine, la Lithuanie.» -
Qu'elle eût agi par générosité, qu’elle eût voulu par là donner plus d'ampleur et de force à ses propres revendica-
1. Texte cité par M. Max Rosenfed, Die polnische Judenfrage, p. 56.
tions, la « Pôale-Sion », dans cette circonstance, incorporait à sa cause, celle de toutes les minorités nationales... Les Juifs, à la Conférence de la Paix, devaient suivre ia même politique (1).
La Conférence de Stockholm avait adopté, pour les Juifs, dans l’article 16 de ses postulats, la formule suivante (oct. 1912): « Règlement international dela question juive.
« Garantie des droits de persongalité. Plan de fondation
.« d’un Etat juif en Palestine ».
Lorsque les hostilités eurent pris fin, l'Internationale divisée pendant la guerre, se reforma à Berne (février (1919), en même temps que se réunissait la Conférence de Versailles, pour « définir les conditions d’une paix juste ». Il s'agissait d'étudier l’ensemble des problèmes de paix.
M. Mistral, chargé du rapportsur Les questions territoriales, aîtirait de façon particulière sur leur importance, l'attention de la Conférence. « Elles doivent primer les questions pour- « tant importantes, d'ordre économique. »
« Le principe qui doit présider à la solution des problèmes « territoriaux, ajoutait-il, est celui qui a été proclamé depuis « toujours par l’Internationale : le droit des peuples à dispo- « ser d'eux-mêmes (*).» :
Et il annonçait une résolution inspirée « du droit absolu « des nationalités, des fractions de nationalités des minori- « tés nationales ».
Les points principaux de cette résolution étaient les suivants : 1
1° Le droit pour tous les peuples de décider de leur sort et de l'Etat auquel ils veulent appartenir dans le cadre de la Société des Nations ;
20 Dans les territoires contestés, les questions de nationalités seront soumises à la consultation populaire sous le con-
1. Voir plus loin au chap. VII, le programme du Comité des délégations juives.
2. M. Renaudel, l'Internationale à Berne (Paris, 1919), p. 87.
trôle de la Société des Nations qui prononce en dernier ressort ;
3e La protection des nationalités, des minorités comme .des majorités, est assurée par un miniroum de droits déterminés et garantis dans leur application par la Société des Nations. Qté
5 La faculté pour la Société des Nations, après consultation populaire, de donner satisfaction aux revendications nouvelles des nationalités ou de parties de nationalités, qui voudraient modifier leur frontières (').
La combiuaison des articles 1,2 et 5 réduit dans la mesure du possible l'importance et le nombre des minorités nationales. L'arlicle 3 garantit à celles qui subsistent, up minimum de droits. Gette construction reçoit sa vie de la Société des Nations telle que les socialistes l’ont définie à cette même conférence.
« La Société des Nations doit être constituée par les.Par « lements des divers pays. Ce sont les délégués des Parle-. « ments et non les délégués des Gouvernements qui repré- « senteront les peuples au sein de l'organisation suprème de « la Société des Nations, et tous les partis politiques doivent « y avoir accès. De cette manière, la Société des Nations sera « une ligue de peuples et non une ligue de Gouverne- « ments (*). »
Faut-il conclure que les minorités nationales, par application des principes de représentation proportionnelle, auront leurs délégués dans le Parlement suprême ? La chose n’est point dite explicitement dans le rapport Wibaut; mais les Juifs considèrent qu'elle découle logiquement de l’idée générale :
€ L'Union des Nations, déclarent MM. Cohn et Locker, « délégués de la Poale-Sion, doit être une véritable union des « peuples, dans laquelle seront aussi comprises les nations «non organisées en Etats el vivant dans des Elats étrangers. « Les petites nations et fraclions nationales devront trouver « une proteclion et un appui efficaces auprès de l’Union Inter-
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