Lettre du président Wilson au rabbin $. Wise
3. Cet article portait pour titre : « La première victoire diplomatique du sionisme. »
J. Fouques-Duparc AL
« règlement juste et permanent de la question juive dans ces « régions » (‘).
Un mois après, le 24 juillet, M. Pichon, ministre des Affaires étrangères de France, donne les mêmes assurances à l'Alliance israélite :... « Fidèle aux traditions généreuses qui sont « celles de la France, n'oubliant pas que la première en « Europe, la Révolution française a accordé aux Juifs les « droits du citoyen, le Gouvernement de la République « souhaite l'émancipation des Juifs dans l’Europe Orientale, « et il est disposé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour « amener un règlement juste de la question juive dans ces « régions » (°).
Ainsi, avant la signature de l’armistice, le principe d'une protection des minorités juives était accepté par les gouvernements alliés : l'étendue seule des droits, qu’elle devait comprendre, restait à déterminer. |
2° L’Allemagne
Berlin a été, avant la guerre, le centre du mouvement sioniste ; dans les grandes villes allemandes (notamment à Leipzig) il existe de puissantes organisations juives, dont le rayonnement d'influence s'étend sur une partie de l'Europe Orientale. Nul doute que les Juifs de ces régions n'aient subi fortement l'empreinte et l'attrait du germanisme. La parenté linguistique étroite qui lie le Yiddish à l’allemand les y prédisposait. Mais il ne faut pas voir la cause de cette sympathie dans une politique officielle de rapprochement, poursuivie par l'Allemagne
Le Gouvernement Impérial, au contraire, a été longtemps assez hostile aux Juifs. Dans les premières années de guerre, il a refusé de s'engager à leur égard. Encore en 1917, aux négociations de Brest Litowsk il a répondu assez sèchement à la Délégation russe que la question juive en Pologne restait
1. Texte cité par « l’Alliance Israélite universelle » : La question juive devant
la Conférence de la Paix (Paris 1919), p. 7.