‹ La Protection des Sites et des PaysagesChapitre 29 sur 32 · JOB · texte numérisé non relu

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semble particulièrement urgente. Mais ne nous faisons pas d'illusions. On ne saurait obtenir des résultats positifs dans notre domaine, aussi longtemps que l'opinion publique n’aura pas réalisé qu’il est de l'intérêt du pays lui-même d'assurer la défense de notre patrimoine — beauté. Une tâche immense encore reste à accomplir. Elle est toute d'éducation et de propagande. En effet, la loi ne crée pas l'opinion, elle en est le reflet : il appartiendra aux individus et aux collectivités d'intervenir. Un penseur anglais ne disait-il pas avec humour : « un bill du Parlement « ne rend point un homme sage » ? Le rôle de l’opinion n’a pas échappé non plus à M. Baréty.

« C’est au public qu’il convient de s’adresser, « dit-il. Il faut faire un appel pressant au sentiment « et à l’intérêt bien compris des annonciers fran- « çais. S'ils veulent que leur publicité porte grâce « à l’afflux régulier de touristes, il ne faut pas pri- « ver le tourisme de sa raison d’être, il ne faut pas « tuer la poule aux œufs d’or ». Nous pensons aussi que la pression de l’opinion peut exercer une influence sinon décisive, du moins très efficiente, sur l'évolution de l’affichage. Nous en trouvons un exemple dans la décision prise récemment par une très importante firme pétrolière de renoncer désormais à sa publicité routière pour la France. N'oublions pas également que l'affiche est un art et que si les panneaux-réclames ne sont point toujours conformes à l'esthétique, c'est que dans ce domaine le goût du public est encore bien imparfait. Il n’est donc pas excessif d'affirmer que, le problème, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, est avant tout un pro-

blème de formation intellectuelle et morale. Aussi bien, déjà sur le plan international des organismes se préoccupent de rechercher comment les différents pays du monde peuvent assurer la conservation de leurs beautés naturelles et s’emploient à rendre plus méthodiques encore leurs efforts de propagande esthétique. En plein accord avec ces organismes, notamment avec l'Institut international de coopération intellectuelle, des sociétés nationales s’efforcent de convaincre l'opinion de leurs pays de l’intérêt général qui s'attache à la sauvegarde de leur patrimoine-beauté. Grâce à l'activité inlassable de nos groupements artistiques et touristiques, des résultats considérables ont déjà été obtenus dans notre pays. Ces groupements méritent notre confiance. Ce qu'ils ont réalisé dans le passé nous permet de bien augurer de l’avenir.

La protection de la nature, sous les formes les plus diverses, est une idée en marche. C’est une idée-force dont le dynamisme est indéniable, car, suivant un mot de Sully Prud’homme : « ne devons-nous pas veiller à l'intégrité de « nos beaux sites avec autant de sollicitude, même « avec une piété plus tendre encore, qu'à la con- « servation de nos œuvres d’art P... Il n’y a pas, en « effet, de plus grave atteinte à la dignité d’un peu- « ple que l’amoindrissement chez lui de l'attrait du « beau ».

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président, BERTRÉLEMY. Achille MEsTre.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

S. CHARLÉTY,

ADDITIF

Nous relatons ici seulement par suite de leur date très récente, les débats qui, au Sénat, aboutirent au vote d’une proposition de loi de MM. Mollard, Milan et Machet, tendant à modifier la loi du 15 juin 1906 sur des distributions d'énergie électrique.

L'article 11° et l’article 80 de cette proposition rentrant dans le cadre de notre exposé, nous reproduirons in extenso les débats dont ils ont fait l’objet (a).

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