LÉGITIMITÉ DE LA PROTECTION DES SITES
Avant de tenter la justification juridique de l'interventionnisme en matière de paysages, politique dont nous avons déjà précisé dans quelles limites elle pouvait se concevoir sous l’angle économique, envisageons maintenant les formes diverses que peuvent affecter l’interveniion des particuliers et celle de l'Etat en faveur de nos sites.
Signalons, en premier lieu, que les diverses doctrines sont d'accord pour admettre l'intervention de l'Etat. De l’aveu même des libéraux, ne rentre-t-elle pas dans les attributions normales de celui-ci ? Le chef de l’école ou du moins son représentant le plus autorisé, M. Leroy-Beaulieu, range en effet parmi les fonctions de « conservation générale » la « protection des richesses nationales qui ne se reproduisent pas (1). C'est là viser implicitement les paysages dont la destruction est irrémédiable. Et, précisant le rôle de l'Etat, l’auteur ajoute : « Voilà « des tâches qui n’incombent pas à l'Etat seul, mais « pour lesquelles il a qualité. Il peut être aidé par
(1) Leroy-Beaulieu : L'État Moderne,