‹ La Protection du Périnée dans l'Accouchement NormalChapitre 14 sur 21 · SP VIN ERE · texte numérisé non relu

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à ce que le contact de la tête avec la fourchette est empêché par l’épaisseur des doigts. Or que fait il en somme, sinon transporter sur les parties latérales le point de moindre résistance, par la déformation de l’ovoide vulvaire? Mais son procédé reste inférieur parce qu'il tiraille en sens opposé les deux côtés de la fourchette, et surtout parce que la force développ'e par deux doigts qu'on écarte étant très peu intense, ces doigts dépriment insuffisamment les tissus et occupent de la sorte dans l’orifice du canal une partie de l’espace utile. Avec un seul doigt porté à 2 centim. et demi ou 3 centim. de la fourchette, on exerce sur le bord latéral une pression modifiable à volonté et plus que suffisante pour transporter sur le point déprimé le lieu de moindre résistance ; en même temps le doigt disparait dans cette dépression de manière à laisser le passage absoluraent libre à la tête expulsée.

Voici, au reste, l'exposition pratique de la manœuvre avec les précaulions préalables.

Le décubitus latéral pour les raisons que nous avons indiquées plus haut est évidemment la position préférable, et, si l’on croit avoir affaire à un périnée de mauvaise qualité, il sera bon de l’employer. C’est du reste l’avis de Budin lui-même. «En cas de périnée douteux, faites coucher votre femme sur le côté, à la manière anglaise. Vous n’aurez pas à vous en repentir ». Mais comme il est peu pratiqué en France, si l’on ne veut pas insister on se contentera d'employer le décubitus dorsal, en ayant soin de surélever le siège avec des draps dépliés en pile. La période de dilatation terminée, il faut pratiquer avec soin, et en y mettant le temps nécessaire, la contention et la rétropulsion fœtales suivant les méthodes indiquées par les auteurs modernes cités plus haut. Si l’on veul, au cas où la bosse sanguine paraîtrait insuffisante, on peut employer la dilatation præfctale de L. Dumas, à condition que les douleurs provoquées par elle ne soient pas trop vive-

ment ressenties par la paliente. Il faut d’ailleurs l’employer avec

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mesure pour ne pas indisposer par des tiraillements trop prolongés la muqueuse où va passer la tête et surtout pour ne pas essuyer trop les sécrétions lubréfiantes destinées à favoriser le glissement.

Enfin lorsque l'opérateur jugera le moment venu et que l’expulsion consentie sera imminente, la conduite à tenir variera suivant la position du fœtus. Si la tête est en OIG, cas de beaucoup le plus ordinaire, l’accoucheur, placé à droite du lit, déprimera avec l'index droit le côté droit de la vulve, à 3 centim. au maximum de la commissure inférieure ‘. Si la position est en OT D, l’accoucheur, placé à gauche, déprimera avec l'index gauche le bord latéral gauche. Rien n'empêche de comprimer doucement la fourchetie avec la maiu restée libre de façon à aider à la formation du nouvel ovoïde. On continuera, s’il se peut, la dépression jusqu’à issue complète des épaules et même du siège. — Jene me suis pas occupé, bien entendu, des positions postérieures de l'occiput, parce que dans ces cas on n’a plus affaire à un accouchement normal.

Sans doute, à l'état ordinaire, une pareille action ne déformerait pas ainsi la vulve. Il faudrait accrocher la grande lèvre pour tirer sur elle, et même alors la forme ovoïde cherchée ne se réaliserait que d’une façon très indécise, parce que toutes les fibres sont en ce moment dans un relâchement complet. Mais on arrive à la forme voulue dans une mesure très suffisante au moment de l'expulsion parce que la vulve portée en avant, sollicitée par la vis a tergo et la dilatation que jui fait éprouver l'expulsion de la tête, a toutes ses fibres tendues et dans un état d’élasticité tout à fait favorable.

Il reste bien une condition poussant quand même à la déchirure périnéale; sur le pourtour de la vulve, les tissus ne sont pas parfaitement homogènes, et si la force dilatatrice agil vers

1 On doit commencer la compression dès l'arrivée de la tête à la vulve et agir progressivement jusqu'à ce qu’on obtienne à peu près la forme cherchée. Une action trop brusque pourrait être nuisible.

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