‹ La Protection Légale de l'Ouvrier AgricoleChapitre 15 sur 41 · A ES · texte numérisé non relu

A ES

À mesure que les prix des denrées agricoles subissaient une baisse progressive, les salaires agricoles montaient insensiblement. De 1884 à 1895, l’émigration de Ia main-

d'œuvre agricole vers les villes devient intense; il n'est pas

au pouvoir des propriétaires de la diminuer par une aggra-

valion de charges de la propriété foncière. D'ailleurs, la

baisse de la valeur vénale des lerres démontre positivement que le capital en agriculture est considéré à celle époque comme peu productif.

Les syndicats mixtes réalisent peu d'œuvres d'assistance sociale, ils n’ont pas suffisamment de ressources.

À partir de 1895, époque à laquelle s’accuse une progression continue dans le prix des produits du sol et des autres marchandises (1), on voit certaines grandes unions agricoles {Union agricole du Sud-Est) organiser un réseau d'œuvres sociales remarquablement développé.

Le principal grief invoqué par les économistes contre l’action des syndicats mixtes repose sur la constatation d'un mouvement rapide de créalion de comptoirs de vente, d'où toute préoccupation professionnelle est exclue (épicerie, habillement). Ces organismes, qui semblent n'avoir aucun intérêt pour le développement de la production agricole, sont repré-

sentés comme des instruments de trouble social susceptibles

-de créer un antagonisme dangereux entre l’agriculture et les

autres branches de l’activité nationale. >

Il faut rendre à ce mouvement sa physionomie économique. Si les agriculteurs ont créé des comptoirs, c'est pour avoir à meilleur compte les choses nécessaires à leur entrelien et à celui de leurs auxiliaires. Dans la période de crise agricole, en disciples des physiocrates, les membres des

(1) Rist, Interprélations économiques de la querre, 1918-1919. .

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