LA PROTECTION DU SALAIRE
Il nous paraît cependant probable qu'avec des comités composés en majorité de représentants des ouvriers et des patrons au courant de la pratique de la profession, intéressés à la prospérité de cette profession, ces difficultés seront moins grandes qu'on ne se l'imagine parfois.
Quelles que soient, d'ailleurs, ces difficultés, elles ne sauraient arrêter les hommes qui croient que se refuser à tenter pareille entreprise ne serait rien moins que renoncer à tenter quelque chose de suffisant et d'efficace en faveur des victimes du sweatiyig System (1).
Introduit pour tirer de l'extrême misère certains ouvriers à domicile, le minimum de salaire ne servira-t-il jamais à protéger d'autres travailleurs? Qui oserait l'affirmer? C'est peut-être sous cette forme que l'intervention en faveur des ouvriers agricoles apparaîtra quelque jour, prochainement peut-être, à la fois comme la plus nécessaire et la plus facile.
(i) V. sur la question : E. Bauer, Vers le minimum de salaire. Questions pratiques de législation ouvrière et d'économie sociale, 1909; Renard, Le minimum de salaire, « Idées modernes », mai 1909.