‹ La protectorat de la France sur le MarocChapitre 13 sur 21 · II. — Accords conclus avec des États européens · texte numérisé non relu

II. — Accords conclus avec des États européens

Après avoir conclu les deux accords avec le Maroc, le gouvernement français songea à s'entendre avec les puissances européennes qui étaient plus ou moins intéressées au règleme^it de la question marocaine.

En conséquence, il s'adressa simultanément aux Cabinets de Rome, de Londres et de Madrid; il se déclara prêt à leur faire certaines concessions s'ils voulaient bien reconnaître la prééminence politique de la France dans l'Empire chérifien.

Les négociations poursuivies en ce sens de 1902 à 1904 aboutirent à la conclusion de trois accords : l'un avec l'Italie, l'autre avec l'Angleterre et le dernier avec l'Espagne.

I L — Accord conclu avec l'Italie.

Se trouvant assez éloignée du Maroc, l'Italie n'avait dans ce pays ni intérêts politiques, ni intérêts territoriaux. Ses intérêts économiques y étaient même insignifiants, car, pour ses importations et ses exportations, elle ne venait qu'au septième rang parmi les diverses puissances'.

1. Le chiffre des importations et des exportations italiennes s'est élevé, en 1901, à 1,448,877 francs. {Bulletin du Comité de l'Afrique française, 1904, supplément, pp. 41 et suiv.)

Malgré cela, son ministre à Tancer se montrait très empressé à intervenir dans toutes les affaires marocaines. Affectant de défendre les intérêts du Sultan et du Maghzen, il faisait toujours cause commune avec la Légation anglaise et menait avec lui des intrigues contre la Légation française \

En donnant de telles instructions à ses s^ents, la Consulta songeait moins à acquérir une situation importante dans TEmpire chérifien qu'à obtenir une compensation dans une autre région de l'Afrique ^^ Depuis longtemps, en effet, elle convoitait ardemment le vilayet de Tripoli ; mais elle craignait de ne pouvoir l'occuper par suite de notre opposition 3. Aussi cherchait-elle à contrecarrer nos projets au Maroc pour nous amener à faire une transaction qui devait faciliter la réalisation de ses projets en Tripolitaine.

Notre gouvernement se rendit très bien compte des préoccupations de la diplomatie italienne et il résolut de les utiliser en vue du règlement de la question marocaine.

Une occasion favorable s'offrit bientôt pour ouvrir et diriger des négociations en ce sens.

Depuis quelque temps, les relations entre les deux pays s'étaient sensiblement améliorées : la conclusion d'un arrangement commercial "^ et des traités tuni-

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